Une Française de France dans l’Arctique québécois du Canada

L’heure est à la confession : j’ai rédigé 12 brouillons à mon second article sur mon expérience de vie et de travail au Nunavik. Plus ou moins bizarrement, je me sentais atrocement coupable de ne pas écrire davantage sur ces quatre premiers mois dans ce « Grand Nord », une fois passées les premières observations et retranscriptions, qui datent déjà d’il y a plus de trois mois. La culpabilité fut donc la raison de cet acharnement certain. J’ai le sentiment que cette 13ème fois sera la bonne, mais pour cela, il faudra indéniablement que je fasse l’impasse – ou que je passe très brièvement – sur le sujet de la météo. Car mes 12 brouillons ne parlaient finalement que de ça, résultat de l’obsession évidente d’une fille du Sud de la France qui pense qu’il est illégal de ne pas pouvoir aller à la plage dès le 15 avril.

La météo

L’hiver fut froid mais excitant. Excitant car nouveau, inédit, surprenant même parfois par sa beauté. L’expression « il n’y pas de mauvaises températures, juste de mauvais vêtements », que j’ai entendue plus que de raison depuis mon arrivée au Québec, a pris tout son sens durant cet hiver à Kuujjuaq. Je suis allée faire de la raquette un jour où il faisait -47°C avec le facteur éolien. J’ai bien sûr dû enlever mes gants, afin de prendre quelques photos pour la postérité, et je crois pouvoir affirmer que mes doigts s’en souviennent encore. Mais les températures hivernales en hiver ne sont pas un immense problème, car les paysages sont absolument stupéfiants. Et après avoir eu froid, on rentre chez nous, on boit un thé brûlant, on poste nos photos sur Instagram, on commence à avoir des likes d’admiration, tout est oublié et la vie redevient savoureuse.

Le vrai problème avec l’hiver, c’est quand il dépasse le cadre interne que l’on veut bien lui donner. Comme dit précédemment, je suis née avec un cadre méditerranéen, saveur olives et fouet catalan. C’est-à-dire que, dans mon subconscient, l’hiver prend fin à la fin février. En mars, on espère de belles journées tout en acceptant de se fourvoyer allègrement ; en avril, on tolère éventuellement un petit 15°C accidentel, avant de définitivement passer à l’été au mois de mai, période après laquelle on ne parlera plus de grisaille, de fraîcheur ou même de pluie. À noter : quand il pleut entre mai et octobre, le Sud de la France dans son entièreté est en pleine révolte, ou même carrément parfois en deuil.

J’ai tout naturellement accepté d’élargir mon cadre hivernal en débarquant au Québec il y a bientôt quatre ans. Je ne pensais cependant pas qu’il faudrait que j’envisage de l’anéantir totalement en venant vivre au Nunavik. C’est pourtant une réalité, certains Inuits ont récemment affirmé que compte tenu des chutes de neige et autres blizzards quotidiens de ces trois dernières semaines (nous sommes fin mai, pour rappel), il fallait considérer l’été comme étant annulé. Puisque les Inuits ont beaucoup d’humour, je ne sais pas comment accueillir cette nouvelle. Mais j’ai d’ores et déjà supprimé l’application météo de mon téléphone cellulaire en constatant que de la neige était annoncée pour début juin.

La culture inuite

Changeons maintenant de sujet. Pour le bien-être de tous, je vais m’éviter l’écriture d’un article entier (ou de 12) sur le temps qu’il fait et l’impact que cela peut avoir sur ma santé mentale. J’ai pourtant bien du matériel.

J’aime penser que je suis ici en invitée. Ou en observatrice. Je ne suis pas chez moi. Je ne l’étais déjà pas à Montréal, je le suis encore moins à Kuujjuaq. Quand je dis à des collègues blancs qu’il fait froid dehors, on me répond qu’ « il fait frette en tabarnak ». Les Inuits, eux, s’expriment en anglais ou en inuktitut, laissant ainsi planer dans ce village nordique un doux mélange de langues, de cultures et de sonorités. Mon voisin est Ivoirien, je fais du sport avec un Italien, ma collègue est Laotienne et j’ai discuté à l’épicerie avec une Marocaine. L’immersion dans la culture inuite est assez fragmentée, et comme il est somme toute assez impoli d’aller frapper chez des gens au hasard pour s’inviter à manger du caribou fraîchement chassé ou du beluga pêché le matin même, j’ai encore d’innombrables choses à découvrir et à apprendre.

S’il y a un sujet concernant la culture inuite que j’ai envie d’aborder, c’est celui de la chasse, de la pêche, et de ce que cela implique pour les Occidentaux que nous sommes. Les Inuits chassent et pêchent, ils utilisent la viande et le poisson pour se nourrir, et la fourrure et la peau pour se vêtir. Les défenseurs de la cause animale (et ceux qui font semblant de l’être, parce que c’est à la mode) ont l’offense facile et ne tardent pas à s’en outrer. Je ne parle même pas des personnes véganes – pour qui j’ai un profond respect, by the way. Mais avant d’envoyer des chaînes par email avec des photos de phoque blanc ayant l’air triste, il serait bon d’essayer de se frotter à la réalité sur place. Accéder à de la nourriture de qualité, variée et en quantité raisonnable n’est pas chose aisée au Nunavik. En dehors de la nourriture traditionnelle (issue de la chasse et de la pêche dont je parle quelques lignes plus haut), tout – absolument tout – vient du Sud du Québec, là où la météo (encore elle) n’empêche pas la culture ou l’élevage. Comme il n’y a aucune route reliant le Nunavik au reste du Québec, la bouffe arrive par avion ; le prix de l’épicerie est donc bien plus élevé que dans le reste du pays, parce qu’entendons-nous, un brocoli qui a pris l’avion a bien plus de valeur qu’un brocoli qui a voyagé sur l’Autoroute 40. Il faut parfois s’attendre à ne pas trouver les aliments que l’on veut au moment où on les veut. Kuujjuaq peut se vanter d’avoir « à peu près de tout » dans ses épiceries, mais cela fait tout de même quatre mois que j’essaye de faire une salade de pois chiches, en vain. Que la personne au Sud qui a décidé que l’on ne nous enverrait pas de pois chiches en boîte se dénonce.

J’ai mis une photo de paysage ci-dessus, car je n’avais donc pas de photo de pois chiches, et qu’il fallait quand même que je vous fasse respirer pendant votre lecture.

Concernant la fourrure, c’est la même chose. J’invite les défenseurs du poil animal, postant sur Facebook des photos de renards piégés avec des X rouges et des points d’exclamation à n’en plus finir, à venir faire du skidoo dans la toundra en plein hiver avec une capuche en fourrure synthétique. Je leur souhaite bien du plaisir et des engelures sur le visage pas trop douloureuses. Je recommande à ces personnes énergiques de mettre cette ferveur à combattre de vraies causes comme l’élevage intensif ou les Français qui portent des manteaux Canada Goose en plein Paris alors que ce sont des vêtements faits pour de l’exploration de banquise.

Les Inuits respectent la vie animale plus qu’une immense majorité des êtres humains sur cette terre. Ce respect de l’animal sauvage remonte aux croyances ancestrales qui voulaient que le gibier se venge du chasseur s’il n’était pas respecté. Il ne restera rien d’un béluga ou d’un caribou tués pour nourrir un village. Tout se mange. Tout s’utilise. Bien que légèrement provocateur, le documentaire Inuk en colère d’Alethea Arnaquq-Baril parle de l’importance de la chasse au phoque dans la culture inuite. Il s’agirait d’un clic sur le lien précédent, de 12 dollars et de 99 cents bien investis, croyez-moi. Mais pour ceux qui auraient besoin de résumer tout cela en une seule phrase : « Il faut impérativement arrêter de penser avec notre cerveau de Blanc, d’Occidental, de Français, de Québécois-du-Sud, ou de whatever, au sujet de questions dont on ne maîtrise pas l’histoire ni la réalité actuelle ; en bref, de questions qui ne nous appartiennent pas. » Anne Sellès.

Le temps

J’ai déjà parlé du temps dans mon précédent et premier article d’une longue série – jusqu’à présent – de deux. La notion de temps est différente au Nord, c’est un fait inéluctable. Depuis quelques semaines, grâce à deux personnes excessivement charitables qui iront au paradis, je circule en voiture. Je mets exactement 53 secondes à me rendre au travail, 58 à l’épicerie, et 242 au bureau de poste. [À noter, je le fais parfois à pied pour satisfaire aux exigences de ma Fit Bit]. La dernière fois, j’ai attendu plus de 4 secondes à un stop et j’ai trouvé ça vraiment exagéré.

Maintenant que « c’est l’été » d’un point de vue calendaire, les journées durent indéfiniment ; il est présentement 22h35, et le ciel est encore clair là où le soleil se couche. Il y a quelques jours, j’ai été réveillée par un soleil radieux effleurant mon oreiller à 4h32 du matin. J’ai émis l’hypothèse d’aller me faire un café ; « réveillée pour réveillée, autant en profiter », me suis-je dit. Mais en profiter pour quoi ? Trop tôt pour trouver une réponse, le projet fut rapidement avorté. Mais je ne désespère pas de me lever un de ces quatre matins pour aller photographier ces levers de soleil majestueux.

Dimanche dernier, la journée m’a semblé durer 48h tant j’ai pu faire de choses en suivant le rythme du soleil, et en surfant sur cette excessive euphorie dont l’unique responsable fut… la météo (attention, je rechute). Une première vraie journée printanière faite d’un ciel bleu impeccable, d’une température positive (+2°C, ainsi soit-il), et d’un soleil me laissant une adorable coloration rougeâtre sur le visage malgré la crème solaire indice 50. Je me suis couchée en ayant l’impression d’avoir conquis l’hémisphère nord.

Les Inuits ne perçoivent pas le temps comme nous. La langue inuite ne possède aucun mot désignant la notion de temps. Mon père en profiterait pour me dire que le temps n’existe pas, je rirais en lui disant de se taire tout en prenant une autre gorgée de vin, tout simplement parce que ce qu’il s’apprête à m’expliquer me semble bien trop gros et incompréhensible pour la petite personne que je suis (1m62). Mais dans le fond, je suis clairement en train de devenir comme lui puisque je me surprends, un mercredi soir à 22h48, à lire ce document de recherche, « Phasages et déphasages. Représentations du temps chez les Inuits de l’Arctique oriental canadien », rédigé par Guy Bordin du Laboratoire d’ethnologie et sociologie comparative, Université de Paris X-Nanterre et Centre de recherche sur l’oralité, Institut national des langues et civilisations orientales.

Si vous avez une vie devant vous et un dictionnaire Larousse, je vous le conseille.

Les autres humains

N’en déplaise à certains, je ne suis pas la seule Française de France dans cette – immense par sa taille, mais petite par sa densité de population – région québécoise du Canada. Je suis donc encore moins la seule Blanche à occuper les lieux. Je crois qu’à Kuujjuaq, le ratio Blancs/Inuits est d’un sur trois. Comme à peu près partout sur cette planète, on croise ici tous types de personnalités. La particularité au Nunavik, c’est que ces personnalités, on peut les recroiser trois fois au cours d’une même journée : au travail, à l’épicerie, au bar, au sport, au bureau de poste, dans la rue. Avec un peu de malchance, cette personne peut aussi vivre dans la maison d’à côté. L’anonymat existe difficilement et l’hibernation en période de SPM-tout-le-monde-m’énerve-laissez-moi-tranquille aussi. On apprend beaucoup sur soi et sur notre capacité à endurer des situations pour lesquelles on aurait déjà tout envoyé valser au Sud. On finit par lever les yeux au ciel et sourire en coin quand une énième personne nous répond « c’est parce qu’on est au Nord », comme ultime excuse à tout et à n’importe quoi. Je ne suis pas, et je ne serai sans doute jamais, un modèle de calme et d’imperturbabilité. Ma transparence n’est parfois pas un cadeau, mais j’apprends à acquérir les préceptes du fameux « lâcher prise », vous savez, cette expression fatigante que j’avais tranquillement classée dans la liste des expressions qui m’ont vraiment agacée en 2017. Pour votre information, dans cette liste, on trouve également « zone de confort » et « jeudredi ».

La conclusion

Parfois, le chaos urbain me manque. Les restaurants, les innombrables choix dans les épiceries, la surconsommation, le bruit, le monde. Puis je réalise que cela me manque surtout parce que cela créé l’illusion. Cela remplit les trous, le vide, le silence, l’ennui. Je suis presque certaine que toute personne vivant au Nunavik a, au moins dans ses premières semaines ou mois, eu l’opportunité d’expérimenter le fait de ne rien faire. Je ne parle pas de chiller devant la télé ; parce que chiller devant la télé, c’est faire quelque chose (c’est précisément chiller devant la télé, en fait). Je parle d’être assis sur une chaise et de fixer le mur. D’être allongé sur son lit en admirant le plafond. Quand on n’a pas encore noué tant de contacts avec les autres humains, quand la journée de travail est finie, qu’on a fait notre tour à l’épicerie ou au bureau de poste, que la météo nous empêche d’aller nous promener et qu’on est tanné par la télé, on se retrouve seul avec soi-même. Véritablement. Voyez, quand je disais que j’étais de nouveau partie pour voir ailleurs si j’y étais, j’étais pas mal sérieuse.

32 commentaires

  1. Céline 3 semaines ago Répondre

    Juste quelques mots pour dire à quel point j’aime te lire! C’est la première fois d’ailleurs que je lis vraiment un blog, avec intérêt et excitation à chaque nouvel article. En réalisant cela, je me suis dit que ça méritait surement d’être partagé 😉

  2. isa 3 semaines ago Répondre

    Anne, cela a valu le coup d’attendre pour te lire. Je suis soufflée par la beauté et la profondeur de ton article. Il va me faire réfléchir pendant quelques jours encore, j’ai bien besoin d’une autre lecture !

    • Anne Sellès 3 semaines ago Répondre

      Un immense merci, vraiment. Je serais curieuse de savoir quels sont les passages qui te font particulièrement réfléchir ? La chasse et la pêche ? Ou le paragraphe sur le temps ? Je doute que ce soit celui sur les pois chiches ! Ahahah.

  3. Itineramagica 3 semaines ago Répondre

    Merci pour ce texte magnifique et passionnant qui m’a rappelé de beaux souvenirs du Groenland et m’a intéressée, touchée, émue. Courage pour l’été annulé !

  4. Rouzier-Sellès 3 semaines ago Répondre

    Belles réflexions qui m’ont bien fait sourire… tu devrais lire le livre de Sylvain Tesson « dans les forêts de Sibérie ». Il a vécu là-bas pendant plusieurs mois et à tenu un journal. Je pense que tu retrouveras dans ce livre des impressions vécues…

    • Anne Sellès 3 semaines ago Répondre

      Comme je te le disais sur Facebook, j’attends que tu me l’offres. 🙂

  5. Moietmeszeles 3 semaines ago Répondre

    Très beau texte! En effet, le livre de Tesson pourrait beaucoup te plaire 🙂

  6. Nom 3 semaines ago Répondre

    E-mo-tion que de lire cet article

  7. Romain 3 semaines ago Répondre

    Magnifique texte ! L’espace d’un instant, j’ai été téléporté depuis mon open space du 9ème arrondissement de Paris jusqu’à Kuujjuaq. une vraie bouffée d’oxygène. 🙂

    • Anne Sellès 3 semaines ago Répondre

      Merci Romain ! J’espère que le voyage de téléportation fut agréable. 🙂

  8. Jeune Affamée 3 semaines ago Répondre

    C’est très intéressant de suivre ton expérience là-bas. Un hiver aussi long, je ne sais pas si je pourrais, en même temps, c’est tellement différent de ce qu’on connaît, ça fait forcément un peu envie. Bonne continuation !

    • Anne Sellès 3 semaines ago Répondre

      Merci beaucoup. Étonnamment, l’être humain s’adapte à tout. L’hiver semble long (et il l’est), mais on se réjouit tellement plus fort des petites apparitions (même furtives) du printemps… 🙂

  9. steph 3 semaines ago Répondre

    Comment fait on pour t’envoyer des pois chiches????

  10. Grand Phil 3 semaines ago Répondre

    Quel régal de te lire! Quelle convergence de cette pensée Inuit avec celle des indiens Crees du Nord du Quebec , de la Terre-Mère, la Pachamama Quechua et l’Esprit-Matière de Pierre Theihard de Chardin!
    « Ces gens là ont toujours cru à l’interdépendance des choses vivantes. Ils préconisent le respect mutuel des choses vivantes et leur environnement. Pour les Crees le fait de tuer un castor pour récupérer sa fourrure, pour manger sa viande, ne les empêche pas de respecter son esprit et de le considérer comme une créature d’importance égale à l’être humain. » (in l’Esprit- Matiere, piece d’Andre Dafleux et Jean Quercy d’après l’œuvre de Pierre Teilhard de Chardin).
    Photos magnifiques.
    Quant à ton passage sur le temps j’ai littéralement bu du petit lait!

    • Anne Sellès 3 semaines ago Répondre

      Peut-être que la prochaine fois, je t’écouterai un peu plus quand tu me parleras du temps et du cosmos. ❤️

  11. Vidon 3 semaines ago Répondre

    Merci Anne de partager cette expérience et de garder ce ton si dynamique et plein d’entrain malgré tout .bon courage et ouvrez bien vos yeux et vos oreilles pour nous rapporter encore votre vision si personnelle Anne

    • Anne Sellès 3 semaines ago Répondre

      Merci beaucoup. Je vais essayer. 🙂 Plein de pensées pour vous depuis mon Nord.

  12. Enzo 3 semaines ago Répondre

    Ma tite Anne je suis, comme tous, bien trop content de te lire de nouveau. Comme d’habitude, tu me fais rire, sourire et réfléchir. C’est pour ces petits moments quotidiens, pour ce manque de pois chiches et pour tous les bienfaits que tu en retires, que tu as fait un courageux et merveilleux choix <3 . Outre le fait de donner hyper envie d'aller voir là bas si j'y serais pas non plus, tu continues à m'inspirer, moi, pi' bien d'autres, à continuer de voir ailleurs ce que la vie propose.

  13. Ta marraine 3 semaines ago Répondre

    « Se retrouver seule avec soi même ! » N’est-ce pas finalement l’épreuve la plus difficile à surmonter, plus que le froid extrême , la longueur de l’hiver, l’absence de pois chiches , l’absence de « chaos urbain »… Encore une très belle, très riche (et sûrement difficile) expérience que tu as choisi de vivre au Nunavik pour une année . Et cette expérience de vie tu nous la racontes avec un formidable talent et beaucoup d’humour . Merci à toi petite Anne .

  14. Marie-Aude 2 semaines ago Répondre

    Bonjour Anne, je viens de découvrir ton blog grâce à Pvtistes et j’en suis ravie !
    Cette note me touche pas mal parce qu’étant végétarienne je me suis beaucoup posé les questions que tu évoques sur la chasse et la pêche (entre autres, je me pose beaucoup de questions, toujours…). Et j’en suis toujours venue à la conclusion que dans ma petite vie d’occidentale je pouvais ‘me permettre’ d’être végétarienne parce que je pouvais trouver tout ce dont j’ai besoin à l’épicerie et que je n’ai pas besoin de chasser ou pêcher pour survivre. J’ai le choix, en somme. Ce que n’ont sans doute pas certains, les gens vivant dans le Grand Nord notamment. Il ne faut pas tout mélanger, quoi !
    Merci pour cette belle note, je vais continuer de te suivre 🙂

    • Anne Sellès 2 semaines ago Répondre

      Merci Marie-Aude. Je suis contente qu’une végétarienne ne soit pas « fâchée » ou « outrée » par ce texte. Pour des raisons écologiques (principalement), j’aimerais être végane, mais j’aime trop le saucisson et le fromage pour réussir à me convaincre complètement. Alors en attendant, je réduis ma consommation de produits d’origine animale, et je me sens chaque jour un peu plus fière de moi que la veille. Comme tu le dis très bien, c’est un « luxe » de pouvoir se permettre d’être végétarienne ou végétalienne dans certaines régions du monde où la chasse et la pêche sont avant tout de subsistance. Merci d’avoir pris le temps de commenter ce texte. À bientôt !

  15. Isa 2 semaines ago Répondre

    Anne, j’ai cliqué sur le bouton « Répondre » à ton commentaire, mais je ne suis pas sûre que ça le place au bon endroit.
    Pour les questions autochtones (chasse, coutumes, fourrure), non pas du tout, je suis assez sensibilisée à ces questions, j’essaye de me documenter pas mal de mon côté (même si je connais mieux les nations « américaines » que « canadiennes »)
    Ce qui m’a fait réfléchir, c’est plutôt la notion du temps, et l’ennui. La façon dont tu dois le gérer, et comme tu le décris. Et si je serais capable de réaliser l’expérience que tu fais actuellement… Etre seule avec soi même… 😉

    • Anne Sellès 2 semaines ago Répondre

      Heureusement, l’être humain s’adapte à toutes les situations. Et je dois tout de même nuancer : je suis de moins en moins seule. On finit par nouer des contacts et par se recréer un cercle social. Je pense que j’ai ressenti plus de solitude en voyageant en solo en 2013, finalement…

  16. anaki 2 semaines ago Répondre

    Fan, depuis le premier mot. En espérant qu’il n’y aura pas de dernier …! Bisous en ce 7 juin. Il pleut sur Montpellier. <3

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