7 jours express pour appréhender le Pérou : échec

7 jours express pour appréhender le Pérou : échec

Cher Journal,

Nous avons passé la frontière péruvienne, après le Lac Titicaca, avant d’arriver à Puno, sans aucune difficulté. Aucune anecdote croustillante à te raconter cette fois-ci. Mais une fois au terminal des bus, nous nous sommes sérieusement posé la question suivante : « Et maintenant, on va où ? ». La Copine Française nous ayant rejoint à La Paz a exactement 7 jours pour se rendre à Lima, délai au bout duquel l’attend son avion pour rentrer en France. Pleinement conscients de la stupidité avec laquelle nous avions calculé la chose, nous ne perdons pas de temps et filons à Arequipa.

Attention, chien méchant

C’était à peu de choses près ce qui était écrit dans le Routard qu’avait apporté La Copine Française à propos d’Arequipa. Il était écrit que c’était une ville dangereuse, et en lisant toutes ces vilaines choses dans le bus, j’ai bien eu le temps de m’imaginer les pires abominations. A notre arrivée, nous avons trouvé une chambre triple dans un petit hôtel à 2 pas de la place principale pour un prix tout à fait raisonnable. On est heureux de retrouver une vraie salle de bains et une bonne douche presque chaude. Car rappelle-toi, nous ne nous sommes pas douchés depuis La Paz, puisque les gens de la Isla del Sol chez qui nous avions dormi ne disposaient que d’une salle de bain à l’extérieur avec douche sans eau chaude. Tu me diras on en a vu d’autres et on continuera à se laver à l’eau froide, Journal ! Ceci n’est pas un problème, mais il faisait tout de même extrêmement froid à presque 4000 mètres d’altitude…
Florian, notre copain suisse rencontré en Bolivie visitait l’Amérique du Sud dans le sens inverse au nôtre. Il était donc déjà passé par le Pérou et nous avait déconseillé de faire l’impasse sur le Cañon del Colca, dont le départ se fait à Arequipa. Sa rando dans le cañon avait duré 2 ou 3 jours, il avait mangé plein de choses étranges, rencontré plein de gens sympas, dormi dans plein de lieux improbables ; il nous racontait ses petites anecdotes en nous montrant des photos, donc bien évidemment, cela nous avait mis l’eau à la bouche.
Notre hostel propose des excursions de ce type et nous décidons sans nous battre d’en booker une pour le lendemain. Mais face au constat du peu de temps dont nous disposons pour nous rendre jusqu’à Lima, nous optons pour l’option « excursion d’1 journée », ce qui fut une erreur monumentale. Je m’explique, Journal. Déjà, c’est loin. Donc même en faisant les très grandes lignes du Cañon, et même au courant du début à la fin, il y a de la route. Il nous est donc demandé de nous lever à, non pas 6h, non pas 4h, mais… 2h du matin. Ensuite, une fois arrivés à la porte du site, nous devons payer un droit d’entrée. Nous le savions mais n’avions pas réellement pris conscience que c’était crétin de payer 70 soles (l’équivalent de 18€) pour quelques heures sur place. 70 soles c’est tout de même beaucoup d’argent. Les paysages sont beaux, mais j’ai déjà vu tellement de belles choses que j’en deviens presque difficile. Je ne suis pas transcendée. Et ça m’agace car je préfèrerais 1000 fois l’être. Nous roulons jusqu’à un immense parking où est garée une bonne trentaine de mini-bus, tous quasi identiques, c’est à s’y perdre. Nous avons droit à un temps libre pour observer le vol des condors. Je m’entête à essayer de les photographier. 80 clichés plus tard, j’en efface les 3/4 et abandonne l’idée d’immortaliser ce moment qui ne me transcende pas non plus. Attention Journal, tu vas sans doute penser que je suis devenue aigrie. Je ne peux que reconnaître la beauté des lieux, j’explique juste que je suis bien moins émoustillée par ces paysages-là que par certaines choses que j’ai pu voir auparavant. Il faut dire aussi que nous sommes entourés de vendeurs de souvenirs qui viennent en moyenne nous voir chacun 4 fois, ce qui peut vite devenir assez lourdaud.

Vallée et Cañon del Colca (Pérou)

Vallée et Cañon del Colca

Condors au Cañon del Colca (Pérou)

Condors au Cañon del Colca

Après s’être trompés de mini-bus, nous retrouvons notre guide qui se croit marrant – et crois-moi, il ne l’est pas du tout, Journal. Nous nous rendons aux piscines thermales du coin, devons emprunter un petit pont suspendu (de loin le meilleur moment de la journée), payons notre droit d’entrée de 5 soles et allons profiter des eaux chaudes, troubles et pleines de moucherons. Niveau propreté, rien à voir avec les Aguas Calientes du Sur Lípez en Bolivie. Depuis le début de mon voyage, je crois que c’est la première fois que je me laisse aller à la terrible habitude, mais ô combien inévitable dans un voyage comme celui-ci, de la comparaison. La Copine Française qui n’était pas en Bolivie avec nous se contente amplement de ces trous d’eau chaude (trouble et pleine de moucherons). Mais Cousin G. et moi, nous sommes tout de même un poil déçus. On barbote quand même et profitons du beau panorama qui s’offre à nous, ainsi que de la conversation d’un chauffeur de mini-bus concurrent essayant de draguer notre chauffeur, pourtant pas vraiment intéressé par les hommes.

Pont suspendu pour se rendre aux piscines d'eau thermale, Cañon del Colca (Pérou)

Pont suspendu pour se rendre aux piscines d’eau thermale, Cañon del Colca

Cousin G. sur le pont suspendu, Cañon del Colca (Pérou)

Cousin G. sur le pont suspendu, Cañon del Colca

Il est l’heure d’aller déjeuner, nous voilà en route pour une petite maison de village, remplis de touristes excités. Nous devrons payer. Quoi de plus normal, tu me diras, Journal. Sauf que nous n’avons pas le choix du lieu, donc pas du prix final. Nous nous retrouvons à payer un restaurant-buffet très mauvais – dont nous n’aurons presque rien avalé – à un tarif indécent, alors que nous cherchons tous les jours à payer le moins possible, puisque nos finances ne nous permettent pas de nous faire plaisir à chaque repas. Non Journal, je ne veux pas faire ma Causette, juste pointer du doigt les limites des tours organisés qui savent si bien se gaver sur notre dos tandis qu’ils se targuent au départ d’avoir un prix plutôt bas : « Vous auriez payé plus cher en vous débrouillant par vous-même ». Possible pour ce qui est du transport. Encore que, je demande à voir. Mais pour le reste, j’appelle ça de la couillonnade. Nous repartons joyeux malgré tout, il en faut plus pour nous démonter. La prochaine halte sera à 5000 mètres d’altitude, dans un renfoncement de la route sans aucun intérêt, où sont installées des dames vendant toutes sortes de choses pour les touristes. J’achète une paire de moufles que je trouve marrantes, même si avec le recul, je sais que je ne les aurais jamais mises. A peine le temps de négocier le prix absolument scandaleux annoncé par la petite dame, que notre guide nous somme de revenir. J’arrive à faire baisser le prix, mais je sens à distance que le guide commence à être agacé. Je lui demande juste 1 minute, puis il menace de partir sans nous. Je paye donc rapidement, attrape mes moufles, dis au revoir et m’enfuie en courant. Une fois dans le mini-bus, je constate la plus stupide des choses qui aurait pu m’arriver : la dame m’a donné 2 mains droites. Le guide se fout bien de ma gueule et me dit qu’on ne peut pas y retourner, nous n’avons pas le temps. Je roumègue dans mon coin jusqu’à notre retour à Arequipa. Avec Cousin G. et La Copine Française, nous nous accordons sur le fait que ce tour d’1 journée ne vaut absolument pas le coup. Les moments que je garde en tête, avoir pris un bébé lama dans les bras (j’ai dû payer 5 soles pour ça) et la traversée du pont suspendu, car le Cousin G. faisait grise mine et que c’était plutôt marrant à voir. Cette petite mésaventure onéreuse mise à part, la ville d’Arequipa est très belle en plus d’être très très dangereuse. Non, Journal, je déconne. Il ne nous est absolument rien arrivé, et pourtant, on s’est promené avec des jupes très courtes, des talons très hauts (oui, Cousin G. aussi) et beaucoup d’argent liquide débordant de nos poches. Mais non Journal, là aussi je déconne. Nous n’avons rien fait d’extravagant. Il ne nous est rien arrivé. On a tous les 3 adoré Arequipa, le Monastère Santa Catalina, la Cathédrale sur la Plaza de Armas, et sa vue incroyable depuis les toits sur les volcans Misti, Chachani, et Pichu Pichu, au milieu des cloches, surplombant la ville.

La Plaza de Armas d'Arequipa (Pérou)

La Plaza de Armas d’Arequipa

Vue sur les volcans depuis le toit de la Cathédrale d'Arequipa (Pérou)

Vue sur les volcans depuis le toit de la Cathédrale d’Arequipa

Cusco et la sempiternelle question : comment se rendre au Machu Picchu ?

Après une nuit tout à fait correcte dans le bus, nous dégottons à Cusco un petit hôtel vraiment très chouette avec une chambre absolument immense pour nous 3. Nous recevons un accueil des plus chaleureux malgré une arrivée à 7h du matin, ce qui n’est pas très habituel puisque les check in se font généralement à partir de 14h.
Nous profitons d’un Wifi presque sans faille, et d’un espace dément pour étendre notre linge, lavé dans le lavabo et dans la douche de notre petite salle de bain, comme toujours. C’est que Cousin G. et moi avons nos petites habitudes, maintenant. Dans le centre de la ville, c’est la fête. Difficile de circuler, même à pied, on se fait écraser par des groupes de gens en costumes traditionnels. Malgré tout ce monde sur la Plaza de Armas (oui Journal, toutes les places des villes sud-américaines s’appellent à peu près pareil…), on remarque tout de même l’architecture de la ville, ses petites maisons blanches, ses balcons en bois, suspendus aux façades immaculées, ses imposantes églises et ses petites rues pavées. Même le MacDo est classe, encastré dans les arcades de la place centrale, il passe presque inaperçu. On remarque des milliers de drapeaux présents absolument partout dans la ville, il s’agit du drapeau arc-en-ciel. On pense alors à une gay pride inca, et même si ça nous amuserait beaucoup, ça nous semble malheureusement tout à fait absurde. On finit par demander à un passant, qui nous explique, froid et fier : « C’est le drapeau de la Ville de Cusco. Il représente la puissance inca. ». Ah. Ca sent l’embrouille. Je rencontre l’après-midi même Guillaume, un Français vivant à Cusco dont je ferai une interview. J’en profite pour lui en demander davantage sur cette histoire de drapeau. Il me raconte que la communauté gay de San Francisco aurait « volé » ce drapeau à la fin des années ’70. Depuis, c’est la guerre. Mais après m’être penchée davantage sur le sujet, j’ai tout de même remarqué une petite différence entre les deux drapeaux ; le gay comporte 6 couleurs, celui de Cusco en compte 7 (le bleu clair en plus, situé entre le vert et le bleu foncé). Me voilà rassurée, considérant ainsi que personne n’a volé le drapeau de personne. Parce que tu sais bien Journal, que je suis pour la paix dans le monde.

Défilé et drapeaux de la ville arc-en-ciel à l'honneur, sur la Plaza de Armas de Cusco (Pérou)

Défilé et drapeaux de la ville arc-en-ciel à l’honneur, sur la Plaza de Armas de Cusco

La Plaza de Armas et la Cathédrale pendant le défilé, Cusco (Pérou)

La Plaza de Armas et la Cathédrale pendant le défilé, Cusco

La Plaza de Armas vue d'en haut, Cusco (Pérou)

La Plaza de Armas vue d’en haut, Cusco

Nous marchons toute la journée dans les petites rues de Cusco, en nous posant la question que tous les voyageurs au budget non-élastique se posent : « comment aller au Machu Picchu depuis Cusco ? ». On sait qu’il existe plusieurs possibilités et qu’évidemment, les différentes possibilités correspondent aux différents budgets. Il y a la solution la plus simple, la plus rapide et la plus chère qui consiste à prendre le train ; 3 compagnies (PeruRail, IncaRail et Machu Picchu Train) assurent le trajet depuis Cusco jusqu’à Aguas Calientes. Mais on écarte très rapidement cette possibilité, ça coûte un bras et demi, soit plus de 100€ l’A/R. Il y a la solution sportive, celle de faire un trek, que mon inconscient a en réalité écartée depuis très longtemps. Mais je n’ose pas le dire à Cousin G. et à La Copine Française, j’ai un peu honte. La bonne nouvelle, qui me sauvera de la honte, c’est que les prix sont également assez élevés, et qu’il faut les réserver à l’avance (notamment le plus connu, l’Inca Trail, qui se réserve des mois et des mois à l’avance – ils sont fous ces sportifs…). Il y a l’alternative à la solution sportive, qui a l’air de plaire à mes 2 compères, c’est le tour organisé en vélo de Cusco à Aguas Calientes. Mais nous devrons là aussi écarter cette possibilité, car il faudrait le payer maintenant, or, La Copine Française est dans l’incapacité de tirer de l’argent depuis son arrivée au Pérou. Et nous, on ne peut pas lui avancer car nous avons des restrictions appliquées toutes les semaines sur les sommes d’argent liquides retirées dans les banques péruviennes. Il nous reste la solution des pauvres, que nos gentilles hôtes auront la patience de nous répéter au moins 5 fois : prendre un bus local jusqu’à Santa Maria, attraper un taxi jusqu’à Hidroélectrica, et marcher le long des rails du train jusqu’à Aguas Calientes. Nous optons à l’unanimité pour cette solution et décidons de ne partir qu’avec très peu d’affaires dans un petit sac à dos, car il faudra se le trimballer durant le périple : 1 tee-shirt de rechange, sous-vêtements, brosse à dents, dentifrice, déo, appareil photo, bouteille d’eau. Et c’est tout.
Levés aux aurores le lendemain, nous nous rendons gaiement au terminal de Quillabamba, à Cusco, en taxi, et payons nos 15 soles (moins de 4€) de ticket de bus. Les prix fluctuent a priori en fonction de l’humeur des vendeurs et de la tête des clients, car j’ai pu lire que certains avaient payé le double. Les locaux ont quant à eux sans doute payé la moitié. Le bus est extrêmement pourri, nous serons les seuls touristes à l’intérieur. Comme à leur habitude, ils vendent plus de tickets qu’il n’y a de places, certains se retrouvent donc assis sur des tabourets en plastique au milieu, dans l’allée, durant les 5h de trajets. Une route pourrie et un bus pourri, ça donne un trajet pourri à la fin duquel on est très heureux d’arriver. Un chauffeur de taxi propose de nous emmener à Hydroélectrica. Nous ne réussirons pas à négocier davantage que 15 soles par personne. Mais le trajet épique d’1h45 dans la jungle valait son pesant de cacahuètes ; la route – la piste, pardon – fait la largeur de la voiture, elle est toute défoncée, et le pare-brise de notre chauffeur a un impact bien plus gros qu’une pièce de 2€ (il fait environ la largeur du pare-brise). Le tout, sur un mix électro-house-latino, qui nous fait danser pour oublier que l’on pourrait bien s’écraser 20 mètres plus bas. En partant, Cousin G. lui demande où il a acheté son CD, et le chauffeur lui offre en cadeau avec une petite main sur l’épaule.

Départ de la rando pour Aguas Calientes, Hidroélectrica (Pérou)

Départ de la rando pour Aguas Calientes, Hidroélectrica

Rando d'Hidroélectrica à Aguas Calientes, Machu Picchu (Pérou)

Rando d’Hidroélectrica à Aguas Calientes, Machu Picchu

Nous arrivons à cette vilaine centrale hydro-électrique (d’où le nom, oui, tu es perspicace, Journal), nous signons un registre signifiant que nous sommes passés par là – au cas où nous n’en sortirions jamais, je suppose – et nous nous mettons en route. Nous suivons les rails du train durant plus de 2h30, avant d’arriver à Aguas Calientes, où nous nous précipiterons pour acheter nos billets d’entrée pour le Machu Picchu le lendemain matin. Attention, ceci pourrait être un peu suicidaire, car il paraît que normalement, il faut les acheter en avance sur le site Internet (http://www.machupicchu.gob.pe) ou dans un bureau officiel à Cusco. Evidemment, nous, nous n’avons pas du tout fait ça mais avons pu les acheter dans le bureau officiel d’Aguas Calientes. Peut-être qu’en pleine haute saison, ce n’est pas possible. Je ne sais pas. Nous trouvons ensuite un hostel plutôt douillet pour la nuit, qui nous offrira un Pisco Sour, LE cocktail péruvien que nous devions absolument goûter. Et bien verdict, c’est fort et bizarre. Le lendemain, nous nous levons à 4h pour faire comme tout bon touriste qui se respecte : aller voir le lever du soleil sur le Machu Picchu. MAIS. Il pleut. Et très fort en plus. Nous allons tout de même faire la queue pour prendre le bus (ouais, vu l’heure qu’il est et vu le temps qu’il fait, on montera à pied une autre fois). Je constate que je n’ai pas de k-way, j’achète donc un poncho rouge à une dame dans la rue, je ressemble à une horrible fraise Tagada. La pluie s’arrête mais les nuages sont épais et on ne voit absolument rien… Jusqu’à cet instant béni, vers 11h, soit plus de 5h après, lorsqu’ils se dissipèrent enfin. A ce moment-là, tout devient dingue, le ciel s’éclaircit laissant place enfin aux vraies couleurs du site, majestueux. On se glisse au milieu des ruines que l’on inspecte silencieusement. Honnêtement, je pense qu’un guide nous aurait appris plein de choses, Journal. Mais trop pauvres nous fûmes, nous avons alors fait marcher notre imagination.

Machu Picchu : les nuages se dissipent (Pérou)

Machu Picchu : les nuages se dissipent

Le Machu Picchu, vu d'en haut (Pérou)

Le Machu Picchu, vu d’en haut

Le Machu Picchu, vu d'en bas (Pérou)

Le Machu Picchu, vu d’en bas

Nous recroisons Philippe, Dessi et leurs 2 filles totalement par hasard sur le site. On se suit et on se croise fortuitement depuis le sud de la Bolivie. Eux sont arrivés il y a peu, nous, nous avons déjà fait le tour et nous apprêtons à redescendre à Aguas Calientes à pied, peut-être pour se déculpabiliser d’avoir pris le bus pour monter. Faite quasiment intégralement d’escaliers, la descente d’1h est assez éprouvante. Nous nous envoyons donc une immense pizza pour nous féliciter à notre arrivée. Le soir venu, nous prenons le train jusqu’à à Ollantaytambo, puis un bus inclus dans le tarif jusqu’à Cusco. Refaire la même chose qu’à l’aller en sens inverse nous prendrait trop de temps… Et le temps nous est réellement compté. Tant pis pour l’argent.

Le train PeruRail nous ramenant du Machu Picchu (Pérou)

Le train PeruRail nous ramenant du Machu Picchu

Lima : dernière étape péruvienne

Oui, Lima fut notre dernière étape péruvienne. Et s’y rendre en bus fut une véritable torture, je ne souhaite à personne de s’infliger cela volontairement un jour dans sa vie. Pour faire simple et pour éviter de rentrer dans les détails, ce furent 20h de trajet. Et 20h de virages. Quand après 4h à apercevoir la fin de ma vie à chaque courbe et à lutter avec moi-même pour ne pas répendre l’intégralité de mon goûter de l’après-midi sur La Copine Française, j’ai décidé de demander au « Monsieur du Bus » quand s’arrêteraient enfin les virages. Il m’a répondu cela : « Ah. Mais c’est comme ça jusqu’à la fin, en fait. » Je ne sais pas si tu te rends compte, Journal, de l’effet dévastateur que cela peut avoir sur un mental. Lors d’un arrêt du bus, je suis allée récupérer dans mon sac des médicaments contre le mal des transports, ainsi que des feuilles de coca, mes nouvelles alliées dont je te parlais en Bolivie, et j’ai ingurgité tout ça en attendant que ça passe. Ou que je m’endorme. C’est la fin du voyage pour La Copine Française. Mais Cousin G. et moi continuons. Nous visiterons Lima, son agréable quartier de Miraflores, son centre historique, son Musée national d’archéologie, d’anthropologie et d’histoire contant l’histoire du pays, son Parque de la Reserva et ses incroyables jeux d’eau et de lumière. Lima nous apparaît comme une ville moderne, on prend plaisir à retrouver davantage de modernité en traînant dans son centre commercial flambant neuf, face à l’océan. Nous rencontrons pour une interview Eléonore, une Française installée à Lima, en couple avec un Péruvien. Elle nous emmène dans un chic bar-restaurant du bord de mer, on n’est plus du tout habitués à être dans des endroits comme ça, on se sent pouilleux, avec nos habits de vagabonds.

Vue sur l'océan à Lima (Pérou)

Vue sur l’océan à Lima

Centre historique de Lima (Pérou)

Centre historique de Lima

Bilan sur le Pérou : mitigé

Nous passons plusieurs jours tranquilles, à nous promener sans nous stresser, à prendre le temps, à arrêter de courir. Nous nous offrons des sushis 2 soirs d’affilée, juste parce qu’on en avait envie. On se fait des soirées ciné à l’hostel avec des films en VO sous-titrés en espagnol. On s’offre quelques grasses mat’, on relâche la pression de cette semaine au pas de course. Malheureusement, et sans doute parce que nous avons couru et que nous n’avons pas pu laisser de place à l’imprévu, nous avons été déçus du Pérou. Enfin, j’ai été déçue du Pérou, je vais parler en mon nom. En arrivant de Bolivie, tout paraît vraiment cher au Pérou, que ce soit les restos, les hébergements, les sites touristiques ou les transports. Et alors que les Boliviens ne sont, en apparence, pas des gens très chaleureux, j’ai trouvé les Péruviens plutôt filous, voire parfois agressifs. Consciente aussi que c’est parce que je suis exclusivement passée par des endroits touristiques, ce que je te raconte, Journal, est vraiment à prendre avec des pincettes.
Eléonore nous parlait d’endroits encore épargnés par la masse touristique, notamment au nord du pays. J’aurais aimé voir la Cordillère blanche ou me perdre en Amazonie. J’aurais aimé rencontrer davantage les locaux, me plonger dans l’histoire du pays, découvrir les coutumes, ne pas juste me sentir « touriste », extérieure à tout, à leur vie, leur quotidien, leurs problématiques, leurs enjeux. J’ai tout loupé. J’ai mal calculé. Malgré ça, je garderai de belles images en tête tout en ne perdant pas de vue que le meilleur reste à venir, si je décide de retourner voir le Pérou un jour.

To be continued…

Toutes les photos du Pérou

Par Anne Sellès, le 18 juin 2013 (màj avril 2014)

2 Comments to "7 jours express pour appréhender le Pérou : échec"
  • Oh Bien decu que ton experience peruvienne ne se soit pas bien passe. moi j’ai adore. Je pense vraiment que les choix n’ont pas ete tres strategiques… car le peru en 7 jours c’est mission impossible
    J’y ai passe deux semaines et demi et ce n’etait deja pas assez, mais j’ai eu le temps de voir et de profiter de chaque instant
    Le canon de colca c’est clair que la rando n’a rien a voir je suis parti sur 2 jours 1 nuit et j’ai vecu des moments magiques. La descente de 4 heures au sol, plein de petits cailloux, le guide tres sympa… la nuit a l’oasis dans des petits chalets et la piscine pour faire une pool party.
    Leve a 5h et grimper a pied pendant 3 heures ce qu’on a descendu en 4 ! Ca c’est le perou et l’aventure!
    Arequipa jai adore aussi c’est de loin ma ville preferee. Cusco tu n’as pas eu le temps de faire la vallee des incas ce qui est bien dommage car nous avons loue une voiture et fait ca sur la journee, a part le soroche qui m’as fait vomir dans les salines la journee et les petits marches etait top!
    J’ai ajoute nazca, et desert de huacachina a mon itineraire qui etait vraiment cool.
    Machu pichu as tu grimpe le walla pichu ou la montana? car ca vaut le detour – par contre moi je suis montee a pied et les 45minutes de marches et marches etait eprouvante mais la recompense d’etre quasi les premiers sur le site en vaut la chandelle
    Si tu as l’occasion d’y retourner vas y je pense que 3 semaines seraient top pour faire le sud 🙂
    @+ – Audrey

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    • Merci Audrey, tu confirmes mes déceptions ! Je ne suis pas nécessairement déçue de ce que j’ai vu, mais surtout déçue de ne pas avoir pris le temps de justement « prendre le temps ». C’est certain que je repasserai par le Pérou lors d’un prochain voyage afin de remédier à cette grande déception 🙂 A très bientôt !

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