Le deuil de mon tour du monde

Le deuil de mon tour du monde

Il y a 3 ans jour pour jour, je quittais Paris, j’embarquais pour le Brésil et pour près de 10 mois autour du monde, seule avec mes questions sur le sens de la vie et mon gros sac à dos bleu pour tout bagage. Je n’avais aucune idée de ce que cette année-là allait m’offrir. J’imaginais que j’allais me faire dépouiller au minimum une fois au cours de ce voyage, ou tout au moins me faire voler argent et iPhone, essayant de garder le plus loin de moi possible l’idée de la possibilité de me faire également découper en morceaux. J’étais ce que l’on appelle assez communément, « un peu anxieuse ». À l’époque, je vivais dans le 18ème arrondissement de Paris, métro Marx Dormoy, un quartier agréable et cosmopolite, où tout était ouvert le dimanche. Plusieurs matins, j’ai été témoin de vols de portables à l’arrachée dans le métro, sur la ligne 12, entre chez moi et Saint-Lazare où je m’arrêtais pour aller travailler. Je me suis également déjà fait ramener tard – un peu soûle, admettons-le – par des taxis affichant-là un drôle de paternalisme. Je parle de paternalisme car ils avaient l’âge de mon père, mais ne se sentaient pas coupables pour un sou de me faire des propositions dégueulasses… Un soir (ou plutôt un matin tôt), mon chauffeur de taxi s’est arrêté trop loin dans la rue et a dépassé mon immeuble. Je lui ai dit que ce n’était pas un problème et que j’allais descendre ici. Il m’a regardée avec un air pervers dans son rétroviseur, puis m’a dit : « Oui, tu fais bien. Parce que je vous trouve très charmante et j’aurais aimé t’emmener ailleurs. » Ce qui m’a alors marquée à ce moment-là, c’est surtout le fait qu’il n’arrive pas à se mettre d’accord avec lui-même sur le fait de me tutoyer ou non. Je n’ai même pas pensé une seule seconde à l’insulter copieusement, à relever sa plaque et à le dénoncer à sa compagnie. Ce genre de retours lugubres en taxi faisait tristement partie de la vie parisienne que je menais depuis 6 ans. Rien de dramatique en soi, disons juste que je trouvais alors logique de penser que mon année à venir autour du monde serait fatalement l’année de « tous les dangers ». Paris et la France rimaient pour moi avec sécurité, surtout en comparaison avec l’Amérique du Sud.
Sans grande surprise, il ne m’est jamais rien arrivé en 10 mois de voyage. Je n’ai jamais senti d’insécurité, pas plus au Brésil qu’en Australie. J’ai fait attention à moi, j’ai été prudente et surtout, j’ai eu la chance de ne pas faire de mauvaises rencontres. Le genre de mauvaises rencontres que l’on pourrait également faire à Paris. À partir de là, je peux affirmer que ma vision du monde et de la vie ont changé. Mais moi, mon véritable moi, je le répèterai toujours autant, le voyage ne l’a pas changé. Rien, en réalité ne peut le changer.

Aujourd’hui, 3 ans après, je suis toujours « un peu anxieuse », mais je suis capable de me raisonner. Si j’avais voyagé dans des pays « en guerre », les choses auraient été sans doute très différentes. Mais là n’est pas la question. 3 ans après, si je fais le bilan que j’ai toujours pas mal inconsciemment refoulé, il s’est passé un nombre incalculable de choses. J’ai tout d’abord commencé à travailler à mon compte, travail que j’ai continué à ponctuer de voyages, plus ou moins longs, plus ou moins loin, comme pour garder un pied ailleurs, à tout prix. Durant ces voyages, j’ai continué à filmer, à conserver les tickets de métro, les références de mes hôtels, les restos que j’avais préférés, souhaitant subitement refaire totalement ce blog pour qu’il devienne un véritable « blog de voyages » où l’on trouve conseils et astuces pour voyageurs, pour finalement totalement changer d’avis. Non, ce blog est le blog d’une expérience, d’un projet précis, d’une part de vie. Je ne suis pas une blogueuse, pas de celles qui expliquera quel est le Top 10 des activités géniales à faire à Lisbonne ou des 5 raisons qui devraient nous pousser à partir en escapade à Tourcoing. Non. Non. Non.
Mes voyages ponctuant mes missions de « travail à mon compte » m’ont menés au Québec où je me suis finalement installée. Je ne pensais pas rester. Pour être honnête, j’envisageais de mettre ensuite les voiles vers la Polynésie, j’envisageais également d’aller me perdre au Japon et en Amérique centrale. Mais les choses se sont passées différemment. Les choses se passent tout le temps différemment. J’ai repris des études, je suis redevenue sédentaire, utilisant mon lave-linge comme si c’était la base de toute existence sur Terre. Les presque 10 mois durant lesquels je luttais à nettoyer correctement mes petits culottes à la main, et à les faire sécher discrètement sur les rebords de mon lit superposé dans les dortoirs des auberges de jeunesse de La Paz ou de Bangkok me semblent loin. Cela me semble même être une autre vie ; une vie dont je n’ai plus le contrôle, juste des souvenirs. La machine infernale de la vie occidentale a repris ses droits, et m’a reprise avec. Prise dans le tourbillon classique de la société de consommation, je me laisse surprendre à rêvasser vaguement face à des trucs qui, je le sais, ne me rendront pas plus heureuse, juste plus dépendante encore.
Le sentiment de liberté absolue que l’on découvre en voyageant m’a été arraché, et pourtant, je ne possède rien qui ne tienne pas dans 5 cartons ; pas de bien immobilier, pas de voiture, et encore moins de dettes m’obligeant à rester sur un territoire précis. Je peux repartir demain si je le décide.

Au Népal

Népal, novembre 2013

J’ai tout lâché en France il y a 3 ans, pensant me débarrasser en même temps que mes meubles de mes affections encombrantes. Je me suis trompée, elles ont voyagé avec moi, et me suivent toujours depuis. Les fantômes du passé volent plus vite que les avions. Je l’ai appris avec le temps. J’ai également appris que j’avais eu l’une des plus brillantes idées de mes 30 dernières années en choisissant comme nom de blog et de projet « Aller voir ailleurs si j’y suis », car c’est l’histoire de ma vie. C’est aussi l’histoire de plein d’autres vies, je le sais. Ce n’est pas ailleurs que je suis, c’est en moi. Mais ce moi peut éventuellement se trouver ailleurs. J’avais clairement pris les choses à l’envers, dans le mauvais sens.
Alors ce blog ne mourra pas, car je sais désormais que je n’aurai jamais assez de toute une vie pour continuer à me chercher, pour peut-être un jour finir par me trouver. J’ai pensé à faire une « saison 2 » de mes rencontres avec les Français de l’étranger, j’ai reçu tellement d’adorables e-mails de Français vivant dans des pays que je ne connais pas encore… J’ai également en tête d’autres projets, dont un que j’espère concrétiser cette année. Quoi qu’il en soit, mes envies de découvertes et de partages ne finiront jamais. Mais mon tour du monde, lui, celui que j’ai réalisé en 2013, que j’ai partagé avec des milliers de personnes sur les réseaux sociaux et dont les vidéos ont été vues près d’un demi million de fois, est bel et bien fini. Je ne suis plus la fille qui revient de tour du monde. J’en suis revenue il y a plus de 2 ans. Aujourd’hui, je suis la fille qui vit désormais au Québec et dont la tête déborde de nouveaux projets ; des projets de vagabonde sur les routes du monde, comme des projets plus sédentaires, et peut-être parfois plus terre-à-terre. Je suis la fille qui veut arrêter de vivre dans ses souvenirs du Népal datant de 2013, celle qui ne veut plus essayer de se rappeler le goût du poisson frais de l’île de Moorea, ni du chant du Muezzin à Gili Air dans le calme absolu du petit matin. Je rêve encore d’aventures, mais de nouvelles aventures, avec 3 ans de plus, de l’expérience, des échecs, et la trentaine approchant… Je veux avancer, ne pas être sans cesse hantée par ces sensations de liberté, ne plus avoir une boule au ventre dès que mon regard croise les bretelles de mon fidèle sac à dos bleu, posé dans un coin en attendant sa prochaine escapade. Je ne vais plus vivre dans ce passé que le temps déforme peu à peu pour me l’idéaliser sournoisement, et pour cela, je sais que ces « quelques » lignes étaient indispensables pour faire, enfin, le deuil de mon tour du monde.

En attendant d’aller constater une seconde fois que je ne suis pas plus ailleurs qu’ici, ou ici qu’ailleurs, la suite s’écrira par-là : www.anneselles.com.

53 Comments to "Le deuil de mon tour du monde"
  • Et quelle joie, pour nous Québécois, de constater que tu es de plus en plus ici qu’ailleurs.

    Répondre
      • Bonjour,

        Ton blog m’aide un peu plus chaque jours à me conforter dans mon idée de partir minimum 3 mois au États Unis en sac à dos..
        J’ai peur de beaucoup de choses et j’aimerai avoir ton courage !

        Je sais que c’est pas de la chance car on peux tous s’offrir je pense un voyage aussi fantastique que celui ci mais, je crois que j’ai beaucoup de doute .

        Surtout au sujet du travail de mon conjoint ( la galère et le travail qu’il a fourni pour évoluer.. Et réussir à avoir un poste et un salaire digne de sa « gnak » j’ai deux animaux et des charges je ne sais pas comment faire si son patron refuse le conges sans soldes ?

        C’est frustrant et j’ai peur d’avoir une vie banal dans un petit confort classique… J’ai peur de cette vie j’ai besoin d’aventure et de sortir de ce confort et me confronter au monde et ses vérités ( misères , cultures , etc )

        En tout cas merci de ton témoignages c’est fantastique ce que tu fais !

        Répondre
        • Salut Léa ! Merci pour ton message. J’espère que tu parviendras à trouver des réponses à tes questions et des apaisements à tes doutes, pour peut-être, un jour, faire le voyage dont tu rêves. Parfois, ça prend un peu de temps à mettre en place, dans sa tête et dans la concrétisation matérielle. Et c’est très souvent nécessaire. 🙂 À bientôt.

          Répondre
  • Quel beau récit
    C est tjs très émouvant pour moi de te lire …
    Quelle maturité , quelle sensibilité ….
    Pour moi qui te connais depuis tes 16 ans je vois la personne riche que tu es devenue…. Ta fortune repose dans 5 cartons certes mais ta richesse est intérieure ! Riche de souvenirs , de projets , d images ,de rencontres ….
    Tu me feras toujours rêver … merci de partager tout Ca avec nous … Le reste du monde ….
    Ton amie

    Répondre
  • J’ai adore ton texte Anne, tu es vraiment une belle personne !!
    Je suis sûre que la Vie te réserve plein plein de magnifiques découvertes, de magnifiques moments, de magnifiques rencontres
    Plein de gros bisous
    Nucole

    Répondre
  • Très joli texte un brin philosophique, qui doit correspondre à une maturité finalement rencontrée. Le plus grand voyage est intérieur paraît-il… le reste n’est qu’images, et sensations.

    Répondre
    • Il y a du vrai dans ce que tu dis, Caroline. Mais me confronter à l’Ailleurs et aux autres m’a beaucoup apporté. Je pense que tout seul dans notre vaste « intérieur », on ne fait pas grand chose. 🙂

      Répondre
  • Article tres bien conçu et tres interessant

    Répondre
  • Enfin des mots sur des sensations que je ne connais que trop bien
    Si tu l’as écris seule, bravo
    « e veux avancer, ne pas être sans cesse hantée par ces sensations de liberté, ne plus avoir une boule au ventre dès que mon regard croise les bretelles […]. Je ne vais plus vivre dans ce passé que le temps déforme peu à peu pour me l’idéaliser sournoisement,[…] »
    Parfait.
    Cela revient surtout quand on a un coup de blues, on se dit que c’était mieux avant, que pour s’échapper de tout ce quotidien que « les gens » subissent chaque jour, en attendant le prochain week-end, les prochaines vacances, etc il faut repartir
    C’est tout l’enjeu de notre trentaine.
    Bon courage

    Répondre
    • Article écrit toute seule, comme une grande, effectivement. 🙂 Merci pour ton message. « Contente » ou rassurée de savoir que je ne suis pas la seule à ressentir toutes ces choses-là… À bientôt !

      Répondre
  • Bonjour Anne, je tombe totalement par hasard sur cet article alors que je suis dans un café de Montréal pour mon travail en France… Comme si mon ordinateur savait à quoi je pensais… 🙂
    Il y a 6 mois je rentrais d’un magnifique voyage de 10 mois que j’ai fais avec mon copain, j’ai repris une vie occidentale qui ne me correspond pas et je me cherche beaucoup… Même en ayant un travail dans lequel je voyage, cela ne me correspond pas du tout.
    L’envie de tout quitter de nouveau trotte dans nos têtes… Mais pouvons nous vivre toute notre vie des voyages?… En tout cas nous étions beaucoup plus épanouis il y a 1 an…
    Maintenant que j’ai découvert ton blog je vais regarder de plus près ce que tu as fais il y a 3 ans et suivre dès la semaine prochain ton nouveau site, en tout cas bravo pour tes projets.

    Répondre
    • Merci Élodie ! Je suis toujours surprise de constater que nous sommes si nombreux à ressentir des choses similaires… J’espère malgré tout que tu as aimé Montréal. 🙂 Bon séjour ici !

      Répondre
  • MERCIIIIIIIIII pour ces mots!!!! je ressens à 100% la meme chose, après 12 ans de vadrouille!!!! ça fait du bien , je me sens moins stressé!!!

    Répondre
  • Oooooh… J’ai la larme à l’oeil sur ton texte Anne. Tu as su écrire ce que toi, moi et peut être, beaucoup d’autres, ressentons…. Et ça donne envie de repartir !!! : )

    Répondre
  • J’avais dévoré ce blog il y a 3 ans et le retrouve avec autant de plaisir. Merci Anne pour le partage et pour nous confirmer que nous sommes nombreux à souffrir de l’emprise de la société de consommation, d’un modèle formaté et imposé, des souvenirs, des blessures de l’âme, du vide, de l’intolérance, de l’ignorance… Tout me parle : les mots, les doutes, la recherche d’un soi perdu… loin, très loin… pour finalement le retrouver « en soi ».
    J’espère très bientôt réussir à mon tour à « prendre la décision ».

    Répondre
    • Merci pour ton message touchant, Marie. C’est tout ce que je te souhaite, très honnêtement, même si cette prise de décision ne t’emmène pas à l’autre bout du monde. Parfois, on trouve des réponses à deux portes de chez nous… Bonne route à toi. 🙂

      Répondre
  • Superbe texte et réflexion.
    Je ne peux que t’encourager à poursuivre tes vidéos des témoignages de francais autour du monde, c’est vraiment un concept original, intéressant et qui apporte quelque chose de différent sur les blogs ( mieux que le top 5 des choses à faire à Lisbonne…;-))

    Répondre
  • Bonjour Anne,
    Savoir rentrer, se poser pour mieux repartir…
    Très beau texte, je garde un excellent souvenir de ta venue en Inde et prends toujours plaisir à te lire.
    Camille

    Répondre
  • Bonjour Anne,

    Je me rappel, j’étais venu sur ton blog ici, il y a de cela 1an et demi et j’avais posté un commentaire sur l’une de tes vidéos, je m’étais même surpris à écrire quelque chose sur ce que je ressentais à ce jour car moi aussi je suis expatrié au Québec aujourd’hui depuis 2ans pratiquement, une grosse étape de ma jeune et courte vie où j’ai décidé de tout quitter en France, mon confort, ma famille à 19ans pour vivre mon rêve d’étudiant/Athlète ici que l’on m’offrait. J’avais besoin de ce départ dans ma vie comme un renouveau et je me souviens que malgré cette excitation de vivre cette expérience, cela m’a beaucoup rapproché de ma famille inconsciemment et quand j’ai découvert ton blog moi ça m’a aider à surmonter certaines épreuves que j’avais peut-être occultés avant mon départ. Et après ces 2ans ici, il s’est passé beaucoup de choses, j’ai l’impression d’avoir plus vécu plus de choses que pendant toute mon enfance en France. Je suis passé par des épreuves seul ici que jamais j’aurai pu penser surmonter, j’ai fait de magnifiques rencontres, vécu une très belle histoire aujourd’hui terminée mais je n’arrive pas à voir le mauvais côté des choses, cette expatriation m’a clairement changer à tout jamais. En tout cas, ça fait du bien de te lire une nouvelle fois, je vais suivre attentivement ton prochain blog qui est déjà classer dans mes pages favorites de mon navigateur internet. Tu ne seras sûrement pas surpris pas le fait que je te tutoie dans ce message, tu l’auras compris en vivant aujourd’hui toi aussi au Québec et saura que ce n’est en aucun cas une marque de manque d’éducation de ma part, c’est aussi ça l’expatriation c’est de prendre des habitudes de vie de la culture dans laquelle on évolue aujourd’hui. Je te souhaite une bonne continuation et vraiment au plaisir si un jour nous avons l’occasion de se rencontrer que ce soit à Montréal ou ici à Québec ou je vie présentement. Sincèrement, Victor.

    Répondre
    • Hey, merci Victor pour ton message ! Évidemment que l’on se tutoie ! Je ne suis pas si vieille, tout de même ! 🙂 Je suis vraiment contente de lire que la vie au Québec t’a changé. Et contente de savoir que tu t’y sens si bien. Québec est une ville que j’aime beaucoup, j’espère avoir l’occasion d’y retourner bientôt. Si tu passes par Montréal, fais-moi signe. En attendant, je te souhaite tout le meilleur et te remercie encore pour ton adorable commentaire. À bientôt !

      Répondre
      • Merci d’avoir pris le temps de répondre à mon message, ça fait toujours plaisir !! J’espère que tu apprécie et apprécieras autant le Québec que moi j’ai réussi à le faire. C’est vrai Québec est une magnifique et c’est un peu un paradoxe mais je ne suis jamais aller à Montréal à part le premier jour de mon arrivé ici sur le sol Québécois mais j’ai du prendre la voiture pour rejoindre une autre destination au fin fond de la Beauce ou j’étudiais avant. Je vais avoir la chance de visiter cette magnifique ville fin mai/ début juin, je serais donc de passage à Montréal pendant cette période avant de repartir me ressourcer chez moi en France auprès des miens, donc pourquoi pas se rencontrer à cette occasion. Je te souhaites de même et encore plus, continue ce que tu fais, le partage est l’une des plus belle qualité à mon sens. À bientôt 🙂

        Répondre
  • j’adore la métaphore du lave linge! plus que 72h pour nous a chiang mai, encore 3 mois passé à toute allure en Asie, superbe blog……
    demain je prendrai plus le temps de le lire!
    La société de conso me fera pas revenir en europe! j’ai tout arrêté pour la liberté ( d’esprit en tous cas) et je ne ferai jamais l’erreur de revenir en arrière….adieu stress, adieu anxiété, adieu préjugé…..J’ai la chance de passer du temps avec ma compagne européenne elle aussi au calme et ça ça n’a pas de prix et rien ne peut le remplacer!
    Je repense maintenant à la france, cela me renvoie à mon activité qui marchait super bien mais ds laquelle l’humain n’existait pas….jamais je n’imposerai ou ne venterai notre style de vie ( on fait aussi nos lessives à l’arrache ) mais à 28 ans nous avons désormais pleinement conscience que l’une des plus grandes richesses est tout simplement le temps…..le temps de vivre, de respirer, de penser, de rire, de méditer et plus jamais je n’échangerai mon temps contre de l’argent
    ^^

    Répondre
  • et bravo de parler du superflu avec autant de lucidité car c’est la vérité et c’est très rare de lire des blog où c’est dit avec autant d’assurance, un bon iPhone , un bon ordi, un bon sac a dos et c’est tout! vouloir posséder à outrance ou meme jalouser ceux qui ont n’a jamais fait avancer….
    Le  »faux » confort européen retiens et attire des millions de personne….c’est le petit frère de la société de consommation qui t’endors et te rend tellement fainéant que tu ne fais mm plus l’effort de penser mais tu te concentres sur le paraitre au lieu d’etre focus sur l’être…..bonne soirée

    Répondre
    • Merci pour ces belles paroles Pierre (et/ou Nicky ?). Ça fait du bien de te/vous lire. Ton message m’a donné envie de retourner lire mon texte ; je crois qu’il faudrait que je le fasse chaque jour pour ne pas oublier que cette société de consommation nous grignote jour après jour. Le plus insidieux étant que l’on ne s’en rend absolument pas compte. Quoi qu’il en soit, c’est un défi de tous les jours que d’essayer de rester focus sur l’être – et non le paraître – en restant dans cette partie du globe. 🙂 Je vous souhaite de très belles aventures et de magnifiques rencontres dans « votre liberté ». À bientôt !

      Répondre
  • Bonsoir,

    J’ai pour projet de quitter la France à cause du système et de toute ces choses dont je ne vais plus être consommateurs…
    Ou, je ne sais pas encore, ni quand, un projet ce prépare.
    Aurais-tu des conseils ou des tuyaux qui pourrait m’aider ?

    D’avance, Merci.

    Répondre
    • Bonjour Quentin. Je n’ai pas de conseil ou de tuyau particulier à te donner, chaque voyage, chaque projet, est tellement unique et tellement personnel qu’il serait impossible (et inutile) de donner des « conseils » génériques. Il n’y aucune règle universelle. Je te dirais simplement que l’herbe n’est pas nécessairement plus verte ailleurs, qu’il est possible d’éviter de vivre dans notre société de consommation tout en restant en France ou en Europe (je te conseille de regarder le documentaire « En Quête de Sens »), et que d’ailleurs, cette société de consommation se trouve partout, même dans les endroits où l’on s’y attend le moins. Partir, s’ouvrir l’esprit, se remettre en question, se confronter à soi-même, c’est très bien. Mais je reste persuadée que le faire sans rejeter en bloc la France et notre société (très imparfaite, certes), c’est encore mieux ! 🙂 Bons préparatifs et bonne chance !

      Répondre
  • Chère Anne,

    Je suis tombé par hasard sur ton blog et je suis resté scotché. 2013 c’est aussi l’année de mon tour du monde qui a duré 7 mois. Et je partais chercher la même chose que toi. J’adore ta phrase sur les fantômes qui volent plus vite que les avions. C’est tellement vrai. Je vais suivre tes nouvelles aventures. On se croisera peut-être un jour au détour d’une rue.

    Admiratif.

    Pierre

    Répondre
    • Wow, merci Pierre. Ça me touche beaucoup. Je serais curieuse de savoir comment tu as géré ton « après-voyage » de ton côté ? Je pense avoir quelques pistes de réponses si jamais cette fameuse phrase t’a touché… N’hésite pas à m’écrire en privé. À très vite !

      Répondre
  • Bonjour Anne , je viens de découvrir votre blog et c’est vraiment une belle aventure . J’ai 43 ans et depuis l’âge de 16 ans j’ai soif de découverte , de voir d’autres choses, c’est pas que je suis mal en France mais plus ça va plus je m’y sens étriqué, étouffé. .. et d’ailleurs je ne me vois absolument pas acheté un bien immobilier et M enraciner en tout cas pour le moment . Et je rejoins beaucoup ce que tu dis sur le fait de se chercher , de chercher un endroit en permanence où on se dit : ça y est là je suis bien ou c’est là où je me sens le mieux . J’ai pas pu jusqu’à présent , pour des raisons financières , ma fille qui a 16 ans … mais j’ai tellement envi  » d’aller voir ailleurs  » , comme tu dis on amène nos craintes , nos questions sur la vie ou autres avec nous , et ça j’en doute absolument pas. Alors peut être que un jour la vie me donnera l’occasion de pouvoir faire ce que tu as fait . Bon j’espère que je serai pas trop vieux quand même 😉 en tout cas je me retrouve vraiment dans ton état d’esprit et je lis avec plaisir ton blog . Vraiment . Amicalement.
    PS: si un jour je pouvais croiser une personne comme toi devant un verre et en discuter de vive voix ça serait vraiment top .

    Répondre
    • Bonjour Stephane. Merci pour ton gentil message ! Je te souhaite évidemment de franchir un jour le pas, il n’y a pas d’âge pour voyager, donc rien ne presse, j’en suis convaincue. 🙂 Je ne vis plus en France donc ce sera compliqué pour le café, mais n’hésite pas à m’écrire en privé si tu as davantage de questions. À très bientôt !

      Répondre
  • Bonjour Anne,
    Merci pour ce bel article. Je me permets de vous écrire car mon mari aimerait quitter la France mais j’ai peur, suis-je peut-être trop terre à terre!? Nous nous sommes rencontrés en avril 2013, ça a été le coup de foudre. Il avait son visa pour les USA et, il devait y partir en septembre. Par Amour, il est resté en France et, nous avons maitenant 2 enfants (26 et 3 mois).
    Nous avons décidé de quitter Paris dans 3 ans. Dur de quitter la famille?
    Mon mari est franco-chinois et, il aimerait vivre au vietnam. Être si loin de la France me fait peur. Et que faire comme métier moi qui suis comptable dans l’immobilier? Et je ne parle pas le vietnamien, ni lui d’ailleurs, il parle cantonais…… j’aimerais tellement avoir votre courage, votre ouverte d’esprit 🙂

    Répondre
    • Bonjour Dounia ! Je ne suis pas si courageuse, je vous rassure, j’aurais aussi peur de partir vivre au Vietnam sans emploi et sans parler la langue. C’est un sentiment qui me semble bien normal, mais peut-être qu’en communiquant beaucoup avec votre mari, en lui faisant part de vos doutes et de vos peurs, et en entrant en contact avec des Français expatriés au Vietnam, vous arriveriez à vous soulager un peu ? Je suis aujourd’hui convaincue que l’expérience de l’expatriation est absolument enrichissante, mais on ne peut pas nier qu’il y a aussi des moments difficiles. Mais tout est décuplé, les beaux moments semblent encore plus beaux ! Je vis désormais au Québec (Canada). Ma famille me manque beaucoup mais les moyens de communication modernes sont vraiment des alliés de taille ! J’espère que les choses s’apaiseront et que vous parviendrez à désirer ce projet à 2. Je vous souhaite le meilleur !

      Répondre
  • Pas facile de faire le deuil de tels moments, c’est vrai. Je suis partie avec mon ami en TDM durant 11 mois en 2011/2012, et le retour a été très difficile. Pas facile de revenir à une vie sédentaire après tant de liberté… Et puis, avec le temps qui passe, on se rend compte que l’on est finalement profondément libres, et qu’en tout cas « la liberté existe toujours, il suffit d’en payer le prix » (c’était le petit instant citations, celle-ci est de Montherlant ;-)) Bref, après avoir bien pesté et pleuré et regretté on est repartis pour un autre voyage au long cours de janvier à septembre de cette année… encore mieux que le premier, si, si, c’est possible ! Et puis au retour, une opportunité a fait que nous avons contre toute attente décidé de quitter Paris pour aller poser nos valises à la Réunion. Bref, tout ça pour dire que la vie est pleine de surprises et que c’est pour cela qu’elle est si belle. Des choses finissent, mais d’autres commencent… ne regrettons pas ce qui est fini, réjouissons-nous que cela soit arrivé, et continuons à bâtir de nouveaux projets et de nouveaux rêves 🙂 bonne continuation à toi !
    Aurélie
    http://www.smilingaroundtheworld.com

    Répondre
    • Salut Aurélie ! Je ne doute pas une seule seconde que le deuxième voyage soit « meilleur » que le premier. Ça m’a obsédée pendant longtemps, et je pense que je garderai toujours cette idée dans un coin de ma tête ; « Au premier voyage on découvre, au second on s’enrichit. » (proverbe touareg – à mon tour de tout miser sur « l’instant citations »). Je suis bien d’accord avec tout le reste de ton message, quoi qu’il en soit ! Je vous souhaite beaucoup de bonheur à La Réunion ! À bientôt. 🙂

      Répondre
  • Bonjour Anne,

    Quel plaisir de vous (re)découvrir au hasard d’une visite sur Vimeo.
    « Amer savoir, celui qu’on tire du voyage ! »… Dites Bonjour au merveilleux Québec où j’ai vécu quelques mois d’enfance il y a très longtemps.

    Répondre
  • Super blog, supers articles, supers videos…je suis tombe sur ton site par hasard et me suis regale a regarder chaque video de ton voyage autour du monde! Content que tu te sois installee au Quebec et si jamais tu passes dans l’ouest Canadien (Calgary) ou je vis depuis plus de 3 ans, fais moi signe!

    Bon courage pour la suite!

    Répondre
  • Bonjour Anne,

    Je prépare actuellement un petit voyage en Asie, par lequel je souhaite vivre beaucoup de choses. Evidemment, j’ai acheté – ou plutôt m’a-t-on offert – les guides pour visiter le Cambodge, mais je complète ça par la lecture de blogs de voyageurs et voyageuses à travers le monde.
    J’en ai lu, des centaines voire de milliers de lignes, d’expériences plus ou moins fructueuses à l’étranger, mais toujours enrichissantes, tant et si bien que j’ai l’impression d’avoir vécu certaines d’entre elles. C’est assez frénétique chez moi en ce moment, ce qui est censé être de longues révisions en BU se transforme rapidement en « hmm, et si j’allais lire un blog voyage ?
    Bon, OK, j’ai fait un gros détour sur moi, mais j’y viens, j’y viens ! J’ai rarement lu un blog aussi bien écrit et aussi réflexif sur la pratique du voyage. Je commence à décerner assez distinctement les « leitmotiv » de ces blogs, qui reviennent inlassablement (le petit laïus sur la corruption dans tel ou tel pays, sur le caractère de telle ou telle nationalité… qui sont lourds d’impensés), et je tenais à dire simplement un très gros, un immense merci, cet article m’a beaucoup ému. Je te/vous souhaite (j’évite l’adresse directe depuis tout à l’heure pour ne pas trancher entre les deux – j’ai tendance à tutoyer rapidement sur les internets mondiaux mais je ne voudrais pas pécher par excès de familiarités) bonne continuation, ce blog est particulièrement inspirant et j’espère qu’il m’aidera la construction de mon ethos de voyageur. 🙂

    Répondre
    • Bonjour Nabil. Ton message me touche vraiment beaucoup. Alors merci à toi. J’espère très sincèrement que tu vivras d’aussi belles aventures que les miennes, et nul doute – à en juger par ton style à l’écrit – que tu sauras, si tu le souhaites, le raconter avec passion et sincérité. Je te souhaite le meilleur. Merci encore, ton message fait véritablement chaud au coeur.

      Répondre
  • Bonjour Anne,

    Le plus grand voyage reste le voyage en soi-même et c’est un long chemin…J’ai voyagé durant 15 années, ou immigré? puisque mon métier de moniteur de plongée m’a monopolisé la plupart du temps vers des destinations exotiques ou je restais parfois plusieurs années, des années qui furent sublimes et parfois difficiles (sentiment de déracinement) mais je m’efforçais chaque jour a me rappeler que je vivais souvent « l’extraordinaire au quotidien » afin de ne pas devenir aveugle et formaté…Ce sentiment m’a quitté en France, bien que je vive dans le sud près de la mer et de la montagne dans un cadre sympa de station balnéaire. C’est « cette sensation forte » qui nous quitte lorsque l’on se sédentarise dans la société moderne occidentale. Alors dans cette perspective, le voyage intérieur prend toute sa grandeur et sa splendeur. Il s’est imposé à moi par le biais du végétalisme « raw veganism », de la quête de la santé ultime par la pratique du jeûne intermittent chaque jour de l’année (16 à 20h00), du yoga, de la méditation, du sport intensif (programme de musculation se rapprochant du crossfit), du fitness, du jogging dans le sable suivi d’une baignade en eau de mer même si l’eau est froide…Bref, sortir de sa zone de confort et se sentir totalement différent de la masse engloutie dans le modernisme, le matérialisme, l’inactivité et la malbouffe. J’ai cet immense sentiment de « liberté » que j’ai construit sans aucun artifice et qui fonctionne où que je sois…Cet hiver j’ai rendu visite à ma grande fille à la Réunion, ces 5 semaines furent sublimes, nous avons randonné comme des malades , plongées, baignades dans des cascades et à la mer, je me suis régalé avec les marchés qui regorgent de produits frais…En faite, nous avons reproduit l’énergie qui m’anime au quotidien… Le retour en France ne fut pas un martyr à cause de « cette énergie » qui ne me quitte plus. Je vais encore plus loin à travers mon voyage intérieur mais c’est personnel 🙂 je brise peu à peu toutes les limites, les tabous et je n’écoute que moi même à travers mon ressenti, j’ai cette ivresse d’aller chercher plus loin, de connaitre non pas mes limites mais plutôt mes non-limites et en ce sens, cet un long long voyage qui me mènera peut-être, qui sait, au respirianisme…La liberté ultime!
    Merci pour ton blog et les questions que tu te poses 🙂

    Répondre
    • Merci Gilles, pour ce beau message, que je ne vois que maintenant (désolée). Ta réflexion est extrêmement inspirante. Ça me plairait d’échanger en privé. Où vis-tu maintenant ? Belle journée ! Et merci. Anne

      Répondre
    • Merci pour ce magnifique commentaire qui rappelle que la liberté intérieure est en chacun de nous. Elle est à porté de tous, accessible et puissante.
      Avec ton partage, tu viens de me rafraichir l’esprit et de m’ouvrir des portes intérieures ! Merci Gillesdiver 🙂

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *