La Polynésie française m’a « tuer » (dans le bon sens du terme)

La Polynésie française m’a « tuer » (dans le bon sens du terme)

Cher Journal,

Toute détendue que j’étais aux Etats-Unis, dans ce confort si confortable dont je te parlais précédemment, j’avoue ne pas m’être inquiétée le moins du monde concernant la suite de mon périple. Mais peut-être aurais-je dû. Quand dans la chambre de mon hôtel douillet de Carmel-by-the-Sea in the United States of America, j’ai découvert le prix des hébergements à Tahiti, mes yeux se sont écarquillés comme pour signifier un « OH, PUNAISE », mais en bien plus vulgaire. Je ne trouvais que des chambres à 99€ la nuit au plus bas, je découvrais alors la dure réalité du voyageur solo : le prix de la chambre ne sera pas divisé par 2, enfer et damnation. Puis, 2 jours plus tard, je reçus un e-mail absolument inespéré, celui d’un homme, disant être tombé sur le blog de mon tour du monde grâce à l’une de ses amies, elle-même amie avec une amie de ma mère. Lui aussi avait fait un tour du monde avec sa femme et ses 3 enfants l’année d’avant, et depuis ils étaient rentrés à Tahiti où ils ont élus domicile en 2006. Après quelques échanges de mails, ils proposent de m’héberger pour mes premières nuits à Papeete, de venir me chercher à l’aéroport, et même de m’aider à trouver une voiture pas chère. Les gens bons et généreux existent. J’ai failli en chialer, Journal.

Tahiti, 106ème jour autour du monde

Après 8h de vol nocturne, j’arrive à Papeete où il fait encore nuit ; il est 5h du matin. Deux polynésiens nous accueillent en musique et en dansant, mais les gens les regardent à peine, bien trop occupés à essayer de se décoller les yeux. J’attends Mon Hôte S., qui m’accueillera avec un collier de fleurs de tiaré, comme le veut la tradition. Nous nous mettons en route pour nous rendre chez lui, je redécouvre nos panneaux de signalisation français, ces ronds 50 bordés de rouge en centre-ville, ces voix françaises dans le poste de radio, et en parallèle, ces poules en liberté absolument partout et cette végétation pour le moins exotique, entre bananiers et cocotiers, que l’on ne connaît ni en Champagne-Ardenne, ni dans le Limousin. Mon Hôte S. est marié à Mon Hôte I. et ils ont 3 enfants, dont les 2 plus grands sont en vacances chez leurs grands-parents en métropole au moment de mon séjour. Je rencontre La Petite Dernière qui vient tout juste de fêter ses 6 ans. Il est presque 7h du matin, Mes Hôtes doivent aller travailler, ils déposeront La Petite Dernière à la garderie et me proposent sans aucun problème de rester chez eux aujourd’hui, de me reposer suite au décalage horaire, de profiter de la piscine et de faire comme chez moi. Je suis bien évidemment étonnée que des personnes ne me connaissant ni d’Eve ni d’Adam me laissent leur maison, comme ça. Je n’ai pas une allure de criminelle, mais quand même. Je passe une journée reposante, alternant travail sur mes vidéos et petite pause dans le jardin à observer l’incroyable vue sur la mer. Mon Dieu, ça y est, je suis à Tahiti. Mes Hôtes m’aideront de A à Z sur l’organisation de mon séjour en Polynésie. Je suivrai tous leurs conseils, que ce soit concernant les atolls à voir, les hôtels à réserver, les coins à ne pas louper. Ils sont adorables et comprennent toutes mes problématiques de voyageuse, eux-mêmes passés par là quelques mois auparavant. Ils m’embarquent à un dîner chez des amis, et me proposent de prolonger mon séjour chez eux en leur absence, puisqu’il était prévu qu’ils partent en week-end. A cette proposition, je suis touchée, une fois de plus, par leur confiance et leur gentillesse. Avant de partir, ils s’arrangent avec une de leur amie absente pour que je puisse utiliser sa voiture. Plusieurs fois, je me suis posée la question honnête de savoir si, moi aussi je ferais toute ces choses pour aider une inconnue en voyage. Lors du dîner chez leurs amis, je rencontre un couple d’une trentaine d’années, adeptes du couchsurfing. Ils reçoivent régulièrement chez eux des voyageurs, étrangers ou non, gratuitement, comme ça, juste pour aider. Et rencontrer des voyageurs passionnés. Ils expliquent qu’en revanche, il y a quelques couchsurfeurs qui ne demandent pas l’hospitalité pour rencontrer de nouvelles personnes, mais juste pour être logés gratos. Et effectivement, ici plus qu’ailleurs comme je te le disais plus haut Journal, les hébergements sont chers. Le couple explique donc qu’ils ont tendance à ne même plus répondre à certains profils, comme aux allemandes de 18-20 ans voyageant avec peu d’argent en Océanie ou parfois autour du monde. Je commence étrangement à me sentir mal à l’aise, voire à ressentir un peu de culpabilité. Moi aussi je voyage autour du monde sans grand moyen, et j’avoue que la proposition d’hébergement de Mon Hôte S. m’avait vraiment sauvé la mise, car je trouvais les hôtels hors de prix sur Tahiti. Le couple ajoute, que lorsque l’on veut voyager dans un pays ou une région qui est chère, il faut tout de même pouvoir assumer. Je ne suis pas à 100% d’accord avec eux, même si il y a un fond de vérité. Effectivement, débarquer avec un budget de 500€ pour 2 semaines en Polynésie, c’est profondément inconscient. Il s’agirait alors de compter sur l’hospitalité des locaux, qui n’ont parfois déjà pas grand chose (je parle des locaux polynésiens). En revanche, c’est tout de même dommage que certaines destinations soient réservées à une élite, quand on pense en plus de ça que la Polynésie souffre d’une grosse baisse de régime en matière de tourisme ; les prix sont trop élevés. Les gens ont moins d’argent. Et Journal, s’il te plaît, ne crois pas que je n’avais pas prévu le coup en ne me renseignant pas avant de partir sur les prix pratiqués en Polynésie. Bien évidemment, psychorigique organisée et carrée comme je suis, j’avais étudié, comme pour tous les autres pays de mon voyage autour du monde, le prix moyen par jour pour 1 personne à prévoir. Tous les sites s’accordaient sur une moyenne de 90€. C’est donc ce que j’avais prévu. Dans ces « prix moyen par jour, par pays et par personne » sont censés être comptabilisés l’hébergement, les transports, les repas et les visites, en partant du principe que le voyageur sera raisonnable en ne mangeant pas comme 4 et en se contentant des bus locaux. Evidemment, avec dès le départ un hébergement à 99€ la nuit, on a un gros problème avec le budget prévisionnel journalier.

Le PK0 dans le centre de Papeete, Tahiti (Polynésie française)

Le PK0 dans le centre de Papeete, Tahiti

Vue de l'Hôtel Intercontinental, Tahiti (Polynésie française)

Vue de l’Hôtel Intercontinental, Tahiti

Bref. Mes Hôtes sont partis en week-end en laissant leur belle et agréable maison sous ma protection toute relative. Et avec la petite voiture prêtée par leur amie, j’ai pu aller découvrir l’île, tranquille et à mon rythme. J’ai commencé par le Marché de Papeete, puis suis allée jeter un oeil à la Cathédrale, avec sa statue de Vierge Marie en bois et ses colliers de fleurs autour du cou. J’étais alors au PK0. Tu te demanderas sans doute ce que veut dire PK0, Journal. Je t’explique. Tu n’es pas sans savoir qu’il y a belle lurette que les bornes kilométriques en France métropolitaine ont disparues. Si tu es trop jeune pour avoir connu les bornes kilométriques, tu auras peut-être joué au jeu « 1000 bornes » – bien que je doute qu’un Journal joue à des jeux de cartes. Si non, je ne peux rien pour toi, mais tu peux toujours regarder sur Google. Bon, quoi qu’il en soit, à Tahiti, il y a toujours des bornes kilométriques sur les routes et elles sont très utiles aux habitants pour notifier leur adresse. Parce que les adresses classiques du type « Journal Cahier, 23 rue des coquelicots, 98700 Papeete », ici, ça n’existe pas. En revanche, les gens donnent le « PK » au niveau duquel ils habitent, précisent s’ils sont « côté mer » ou « côté montagne », ainsi que « côte est » ou « côte ouest ». Ca, j’ai dû l’apprendre, le jour où Raphaël, l’une de mes interviews de français-de-métropole à Tahiti m’a donné rendez-vous chez lui. Bref, le centre de Papeete et plus précisément là où est située la Cathédrale et le Marché, c’est le PK0, c’est-à-dire qu’on est au centre du centre. Je reprends la route jusqu’à la Plage de la Pointe Vénus, une plage de sable noire qui n’est pas sans rappeler l’activité volcanique de l’île polynésienne. Les enfants prennent des cours de stand up paddle, les pêcheurs font la sieste en attendant que ça morde, chacun vit à son rythme, ici, on dirait que le temps s’est arrêté. Je roule jusqu’à arriver au parfait opposé de l’île, je suis sur le Plateau de Taravao, la partie agricole de Tahiti. Tout est très vert, on se croirait presque en Normandie. Je grimpe sur un petit chemin où il est facile de s’embourber, je ne croise personne mais croise les doigts pour ne pas rester bloquée. Je ne m’aventurerai pas beaucoup plus. Je constate que l’île n’est pas bien grande, mais pour autant, elle est composée d’un melting pot de paysages ; ses plages de rêve (auxquelles on n’a pas trop accès, elles sont souvent privées et appartenant aux hôtels les plus chers), ses plages plus sauvages (sable noir, galets), ses montagnes abruptes (jusqu’à 1500 mètres d’altitude), ses vallées luxuriantes et inhabitées, bref je ne m’attendais pas à ça. On dit de Tahiti qu’elle n’est pas la plus belle des îles de Polynésie, c’est sans doute très vrai, mais il y une multitude de choses à y faire, choses souvent délaissées par les touristes seulement avides de clichés cartes postales.

Plage de la Pointe Venus, Tahiti (Polynésie française)

Plage de la Pointe Venus, Tahiti

Le Plateau de Taravao, Tahiti (Polynésie française)

Le Plateau de Taravao, Tahiti

Le Plateau de Taravao, Tahiti (Polynésie française)

Le Plateau de Taravao, Tahiti

En rentrant, plus tard, je réussis à me perdre sur les quelques routes de l’île. La nuit tombe vite, et à 18h30, dans le noir complet, je me retrouve dans un quartier totalement flippant et dévasté. Les gens me dévisagent avec leur regard noir, puis, subitement, c’est la fin de la route. Je m’empresse de faire un demi-tour face à la montagne qui fait barrage. Les gens m’observent une seconde fois, je n’ose pas trop croiser leur regard, je sens que ma présence n’est pas spécialement la bienvenue. Je découvre ce que l’on ne nous montre pas sur les cartes postales, des maisons faites de bouts de cartons et de plaques de bois, des enfants pieds-nus et pas très propres, une pauvreté que l’on ne soupçonne pas si on ne se perd pas. Cette immersion inattendue dans « le Tahiti que l’on cache » m’a perturbée, je mets encore de longues minutes à retrouver ma route, mais finirai par y parvenir.

Moorea, l’île-soeur de Tahiti

J’aime la sonorité du nom « Moorea« . Je l’ai tellement entendu durant mes études… Une de mes copines d’école, tahitienne, nous parlait souvent de « là-bas », précisant que Moorea était « l’île-soeur de Tahiti » est qu’elle avait tout d’un véritable paradis sur terre. Au passage, elle nous montrait des photos qui nous faisait radicalement baver, on rêvait de partir avec elle en vacances, mais non seulement les billets coûtaient bien trop cher, mais en plus au final, elle ne nous l’a jamais vraiment proposé. Je m’étais juré d’y aller un jour, comme un genre de défi, comme pour faire cesser cette frustration étudiante alimentée à chaque rentrée de septembre par le bronzage doré de notre jolie copine tahitienne.
Mes Hôtes m’avaient au préalable recommandé un hôtel sur l’île, testé et approuvé par leur soin. Ils me l’ont vendu comme l’un des meilleurs spots de Moorea, avec petits bungalows sur la plage, restaurant sur pilotis avançant sur la mer, le tout dans un cadre agréable mais pas luxueux, confortable mais simple. Je me suis empressée de réserver une petite chambre à l’écart du front de mer, histoire de payer le moins cher possible. 60€ la nuit, j’ai l’impression d’être la reine du monde tant le prix me paraît raisonnable pour la Polynésie.

Arrivée à Moorea avec le ferry (Polynésie française)

Arrivée à Moorea avec le ferry

Les bungalows du Sofitel, Moorea (Polynésie française)

Les bungalows du Sofitel, Moorea

Avec la petite voiture prêtée par l’amie de Mes Hôtes, je prends le ferry depuis le port de Papeete, et dès mon arrivée sur l’île, je me mets en route un peu au hasard. L’île semble minuscule. Au bout de quelques minutes, en haut d’une petite montée, je me gare pour admirer la vue, sans doute la première vue complètement carte-postalique que je verrai en Polynésie : lagon turquoise et bungalow sur pilotis, appartenant sans aucun doute au Sofitel en contrebas.
A partir de là, je m’arrêterais toutes les 5 minutes pour admirer les vues sur les montagnes, la couleur de l’eau, les bateaux. Je passerai un long moment à admirer la Baie de Cook, qui tient d’ailleurs son nom de l’explorateur britannique, passé sur l’île en 1777. Je décide de monter au belvédère afin d’avoir la meilleure vue sur la baie, les montagnes et la mer. Je croise des groupes de touristes en quad, c’est le point de rendez-vous. Et effectivement, Journal, le panorama est incroyable.

La Baie de Cook, Moorea (Polynésie française)

La Baie de Cook, Moorea

Bateaux au large de la Baie de Cook, Moorea (Polynésie française)

Bateaux au large de la Baie de Cook, Moorea

La Baie de Cook vue depuis le belvédère, Moorea (Polynésie française)

La Baie de Cook vue depuis le belvédère, Moorea

Je continue ma route jusqu’à l’Hôtel Les Tipaniers, où je prends possession de ma chambre, simple mais efficace. Je file directement sur la plage et constate, le sourire aux oreilles, que Mes Hôtes avaient raison. C’est un petit paradis. Je m’installe au restaurant de la plage et m’octroie une petite Piña Colada avec mon habituel déjeuner de poisson cru. Oui Journal, c’est un peu cher, mais il faut bien fêter mon arrivée dans ce lieu si exceptionnel. Et il faut bien me trouver des excuses. Heureusement d’ailleurs que je t’ai, Journal, car ça occupe bien mon temps. Rapidement, je constate que d’être dans des lieux comme celui-ci toute seule, ce n’est pas forcément évident. Tu vas me dire que je suis gonflée, mais honnêtement, on aimerait partager ça avec quelqu’un, on aimerait aller nager jusqu’à la bouée et faire la course, on aimerait s’endormir au soleil en sachant qu’il y a quelqu’un à côté, on aimerait louer des kayaks et essayer de se renverser mutuellement, bref, on aimerait juste partager. Un terme que seul, on aurait tendance à oublier.
Nous sommes en plein été français, c’est-à-dire qu’ici, dans l’hémisphère sud, c’est l’hiver. On est bien loin de l’hiver que l’on connaît en Europe, certes Journal, je peux donc me baigner en toute impunité, mais le temps n’est pas tout à fait bleu et les soirées un peu fraîches (disons que je dois mettre un gilet). Je dîne donc au restaurant couvert de l’hôtel, et choisis du poisson cru à la tahitienne, une spécialité locale dont je ne lasserai pas jusqu’à mon départ. Ce soir-là, j’entends un touriste français, extrêmement discret, dire à sa femme en me regardant du coin de l’oeil : « C’est bizarre, quand même, de venir seule en Polynésie ! ». Si discret que ça m’a fait lever la tête, à moi, et aux autres touristes qui se sont mis machinalement à regarder dans ma direction. Nombreux sont les gens qui ont pitié des voyageurs solo, cet homme peu distingué en sandales-chaussettes doit en faire partie, mais ce n’est pas pour autant qu’il viendra me parler – ne serait-ce que par pitié – afin de comprendre ce qui m’amène ici. Il a dû penser que c’était pour une raison bizarre. Car je dois vraisemblablement être bizarre. Il faut l’être, pour venir seule en Polynésie, pense-t-il.

Poisson cru et cocktail face au lagon de Moorea (Polynésie française)

Poisson cru et cocktail face au lagon de Moorea

Poisson à la tahitienne au dîner, Moorea (Polynésie française)

Poisson à la tahitienne au dîner, Moorea

Coucher de soleil à l'Hôtel Les Tipaniers, Moorea (Polynésie française)

Coucher de soleil à l’Hôtel Les Tipaniers, Moorea

Bon, effectivement, je suis dans le temple du couple, le royaume des amoureux, le paradis des jeunes mariés. En 2 semaines, je n’ai pas croisé un seul voyageur sac à dos, et nombreuses furent les fois où dans les restaurants, en m’accueillant, on me disait : « Vous serez deux ? ». Je mettais fin à la voix mielleuse et au sourire peu spontané en répondant que non, je suis toute seule. Le temps est souvent couvert, mais je profite des occasions où le soleil l’emporte pour me baigner et ne rien faire sur mon transat. Je loue un kayak, puis un équipement de snorkeling pour aller saluer les poissons colorés et les coraux. Je me ruine les jambes et le ventre car l’eau n’est pas bien profonde et les coraux sont partout, mais je trouve ces blessures de guerre plutôt classes ; je me suis fait mal avec des coraux de Tahiti, pas avec les rochers de Palavas-les-Flots.

En kayak sur le lagon de Moorea (Polynésie française)

En kayak sur le lagon de Moorea

Je passe au total 3 nuits à l’Hôtel Les Tipaniers, et au final, je ne m’éloigne pas de la zone tant je m’y sens bien. Pendant une promenade sur la plage, je découvre un petit cabanon qui propose des excursions en bateau. La personne qui y travaille me conseille l’excursion « observation baleines », car c’est la saison. Il m’explique que les baleines à bosse viennent passer l’hiver austral dans les eaux chaudes polynésiennes pour rester à l’abri des prédateurs. Les femelles arrivent les premières – depuis le Pôle Sud, quand même – pour mettre bas et pour s’occuper de leur baleineau, et qu’il n’est pas rare de les voir ensemble durant l’excursion. Plutôt adeptes des bébés animaux, je suis emballée. J’embarque alors dès le lendemain à bord d’un bateau à moteur avec les 2 responsables de l’excursion, des français de métropole installés en Polynésie depuis belle lurette. L’un des deux, Didier, est d’ailleurs marié à une polynésienne, ils ont un fils de 13 ou 14 ans qui préfère visiblement aller faire du surf plutôt que d’aller à l’école ; il m’en parle, un peu dépité, puis me dit : « Bon en même temps, s’il décide de vivre toujours ici, ce qui est fort probable, il aura peut-être davantage besoin de savoir surfer que de savoir faire des équations ! ». Il me raconte comment vivre ici a changé sa vision de la vie.
Il y a avec moi d’autres « touristes », un couple typé « franco-français » et leurs 3 enfants plutôt typés polynésiens. Rapidement, ils m’expliquent qu’ils les ont adoptés, et qu’ils ont acheté une maison à Moorea, afin de pouvoir revenir chaque année. La mère et les enfants y passent les 2 mois de vacances d’été, le père seulement 3 semaines, boulot à Paris oblige…

En mer, à la recherche des baleines à bosse..., Moorea (Polynésie française)

En mer, à la recherche des baleines à bosse…, Moorea

Eglise de Moorea vue depuis la lagon (Polynésie française)

Eglise de Moorea vue depuis la lagon

Nous quittons la plage et commençons à naviguer. Rien que pour ça, ça valait le coup de venir. La couleur du lagon est absolument dingue. Le mois dernier en Floride, je pensais avoir vu l’eau la plus turquoise de ma vie, je sais désormais que les eaux polynésiennes battent tous les records. Nous rencontrons d’autres bateaux qui, comme nous, veulent apercevoir les baleines. Didier nous explique que le bruit de 4 bateaux à moteur est terrible pour les baleines car elles ont l’ouïe très développée. Elles peuvent à la rigueur en tolérer 1 ou 2, mais pas 4. Nous arrêtons les moteurs, les autres aussi. Nous en apercevons quelques unes, au loin, nous les avons fait fuir. Didier nous précise qu’il faut que l’on se tienne prêts à sauter à l’eau, à l’instant où il nous le dira. Nous sommes équipés de palmes, masque et tuba. Et subitement, il nous crie : « Maintenant ! ». J’ai à peine le temps de mettre ma GoPro en marche, d’enlever ma clé d’hôtel de ma poche, puis mon short, je saute comme un énorme fer à repasser dans l’eau, suivie du père de famille. Nous avons en face de nous une baleine et son baleineau, et quelques dauphins autour. La vision est extraordinaire bien que très rapide, car tout ce beau monde s’éloigne à vitesse grand V. Je n’ai jamais été transcendée par ces animaux, je ne pensais donc réellement pas que ça m’arriverait un jour, de me retrouver sous l’eau, à quelques mètres de ces géants des mers. Et évidemment, « géant » est un euphémisme. La mère de famille et ses enfants n’ont pas sauté, nous essayons de leur raconter ce qu’on a vu à notre remontée à bord, mais bien sûr l’impact est moyennement saisissant et j’ai du mal à m’exprimer correctement tant je suis surexcitée. Nous continuons notre balade en bateau au large des côtes, tout est absolument magnifique, de la couleur de la végétation à la délimitation et au dégradé de couleurs océan-lagon.

En bateau sur le lagon de Moorea (Polynésie française)

En bateau sur le lagon de Moorea

Notre bateau s’arrête après plusieurs minutes de navigation en plein milieu du lagon, sur un banc de sable où nous avons pied. Nous sommes invités à nous mettre à l’eau au milieu de petits requins pointes noires et de raies grises. Je ne suis pas hyper rassurée, ma culture marine s’arrêtant à l’anecdote des Bronzés où Bourseault meurt piqué par une raie, et à un vilain traumatisme remontant à mes 6 ans, lorsque mon cousin m’avait forcée à regarder les Dents de la Mer. Je décide d’arrêter de faire mon enfant et de faire confiance à Didier, qui a tout de même l’air de faire ça tous les jours depuis environ 25 ans. Les raies se laissent caresser sans aucun problème, on pourrait presque les penser affectueuses. En réalité, elles connaissent Didier et savent bien qu’il va leur filer du poisson. Je lui fais tout de même part de mon angoisse lié à la mort de Bourseault dans Les Bronzés, je n’ai pas envie de me faire piquer. Il m’explique alors que le dard de la raie se trouve le long de sa queue, ce dard se lève à 90° lorsqu’elles sentent un danger, qu’il ne faut donc pas nager au-dessus d’elles, mais que sinon, ce n’est absolument pas dangereux. Pour ce qui est des requins, même s’ils ne sont pas très grands, ça reste des requins, et je crois que c’est tout naturel de penser qu’ils pourraient subitement nous déchiqueter sans préavis. Mais lorsque je les observe sous l’eau, je réalise que dès que l’un d’eux arrive pile en face de moi, quelques mètres avant de me rentrer dedans, il dévie sa route. Didier me dit : « Ils ont plus peur de toi que tu n’as peur d’eux ». J’essaye de le croire. C’est assez étrange de s’incruster dans l’univers de ces animaux. C’est à nous de changer nos comportements pour nos adapter, c’est à eux d’accepter notre présence. Ca remet les choses à leurs places.

Requins pointes noires et raies grises, Moorea (Polynésie française)

Requins pointes noires et raies grises, Moorea

Les "affectueuses" raies grises de Moorea (Polynésie française)

Les « affectueuses » raies grises de Moorea

J’ai plus qu’adoré cette excursion, qui sera sans aucun doute LE point fort de mes 4 jours sur Moorea. D’ailleurs, avant de mettre les voiles et de retourner à Tahiti, en face, je suis allée jeter un oeil à la clinique des tortues qui se trouve dans l’Hôtel Intercontinental de Moorea. Ce centre soigne les tortues blessées avant de les remettre à l’eau ; mais je suis déçue, je vois juste une seule tortue dans un bassin, aucun soigneur ou bénévole avec qui discuter des actions qu’ils mènent. C’est à se demander qui s’en occupe, des tortues. Mais je suis sans doute venue au mauvais moment. J’en profite pour me promener entre les bungalows 4* faisant face au lagon turquoise, je rêve quelques secondes en songeant qu’une nuit ici doit coûter 1 semaine tout compris pour moi, puis je suis arrêtée par un étrange spectacle au sein de l’hôtel. Il s’agit d’un genre de piscine, grande pour des humains, bien moins pour deux dauphins… A l’intérieur, un dresseur et un groupe de chinoises poussant des petits cris aigus avec l’un des dauphins dans leur bras. Sur le bord, un photographe, sourire jusqu’aux oreilles, demande à l’une d’elles de faire « un bisou sur le nez du dauphin ». Elles ricanent et s’exécutent, et pendant ce temps, le second dauphin nage en rond dans le bassin voisin en attendant son tour ; des russes impatients, visiblement. Sur le pont au-dessus, quelques touristes observent la scène, certains vraisemblablement jaloux à l’idée de « nager avec des dauphins », d’autres comme moi, plutôt affolés par ce qu’ils voient. Je n’ai pourtant jamais été « fan des dauphins », comme la plupart des petites filles entre 7 et 12 ans. Je ne suis pas non plus une grande amie et protectrice des animaux, mais là, je me sens mal. Puisque je ne ferai pas bouger le monde aujourd’hui, et encore moins entre les murs de l’Intercontinental, je m’en vais, un poil écoeurée. Je me perds sur la Route des Ananas avant de me rendre au port et de faire mes adieux à cette île absolument incroyable.

La Route des Ananas, Moorea (Polynésie française)

La Route des Ananas, Moorea

Bonjour, Mataiva

Après ces quelques jours « en face », je rentre à Tahiti, où je serai hébergée une nouvelle fois par Mes Hôtes, le temps d’une nuit. Ils m’avaient, lors de nos longues discussions « quoi faire, comment, par où commencer en Polynésie », conseillé de me rendre à Mataiva, un petit atoll dans l’archipel des Tuamotu. Je crois Journal, qu’une petite leçon de géographie s’impose. Comme nous l’explique très bien Emilie dans ma vidéo sur la Polynésie, « quand on parle de la Polynésie, on ne parle que de Tahiti ou Papeete, mais en fin de compte pas du tout ! Ca, c’est l’île centrale, après il y a énormément d’atolls autour ». Et « énormément », c’est un euphémisme. La Polynésie française, c’est 5 archipels et 118 îles (dont 67 sont habitées) sur une superficie maritime de 5 millions de km, soit la taille de l’Europe. J’aurais pu aller barboter à Bora-Bora, ou aller jusqu’aux Îles Marquises, l’archipel le plus éloigné de Tahiti. Mais j’ai écouté Mes Hôtes, et me suis rendue à Mataiva, en formule « tout inclus » dans une pension de famille. Et bien que cette formule « les pieds sous la table » ne me sied guère de manière générale, j’ai rapidement dû capituler ; il n’y a pas vraiment d’autres moyens de séjourner sur Mataiva. L’île est peu touristique, il n’y a que 3 pensions ne pouvant accueillir que quelques vacanciers, et encore, elles affichent bien rarement complet. Aussi, il n’y a que 2 vols par semaine, mieux vaut donc se tenir tranquille et éviter de trop faire son malin à Mataiva. En cas de blessure et d’avion passé la veille, il faudra attendre 4 jours avant de rentrer à Tahiti pour être soigné. Je me réveille sous la pluie et entreprends une refonte totale de mon sac à dos, car le petit avion Air Tahiti n’accepte pas les bagages de plus de 10 kg. Il se pourrait que je ne sois jamais montée dans un avion si petit. Il est à hélices, on dirait presque un jouet. On fait un arrêt à Rangiroa, une île voisine, bien que la notion de « voisinage » soit assez relative compte tenu de l’immensité du Pacifique. On y dépose des gens, comme à un arrêt de bus. Je suis à côté du hublot, mais le temps étant absolument dégueulasse, on devine seulement les couleurs du lagon, sans doute hallucinantes sous le soleil. A l’arrivée à Mataiva, je découvre un aéroport d’un autre temps. Et d’un autre monde. Il s’agit de l’équivalent d’une grande cabane en bois et en pierre, sans fenêtre mais juste des ouvertures, et avec un grand toit. A l’intérieur 3 bancs, une vieille dame qui vend des sucettes Pierrot et des colliers de fleurs, et une table sur laquelle un homme dépose nos valises arrivant de la soute, là, comme ça, à la main.

Aéroport de Mataiva, archipel des Tuamotu (Polynésie française)

Aéroport de Mataiva, archipel des Tuamotu

Dans la foule qui attend les nouveaux venus, un homme tient une pancarte portant le nom de la pension pour laquelle j’ai réservé. Je me manifeste. Il me fait un grand sourire et me met un collier de fleurs autour du cou. Un mi-4×4, mi-pick up aménagé avec des bancs à l’arrière nous attend. Nous grimpons, nous sommes 8 : 3 couples, 1 bébé de 6 mois. Et moi. Bien sûr, je sens bien que tout le monde se demande où est donc passée la seconde partie de mon couple, parce que n’oublions pas, c’est « quand même bizarre de venir seule en Polynésie ». Rapidement, on me demande si je suis seule, si on n’a pas oublié quelqu’un à l’aéroport. Je rassure les troupes, je suis SEULE. La personne qui nous a accueillis s’appelle Franck. Il a 22 ans mais en paraît 30. Et puisque tout le monde est en couple pendant que moi je suis SEULE, je me lie rapidement d’amitié avec lui. Après avoir découvert les bungalows, nous filons à la découverte de l’île. Le temps est gris, on se prend la pluie, puis on a une éclaircie, suivie d’une nouvelle averse. Chacun garde le sourire et tente comme il peut de s’abriter dans ce 4×4 où tout est ouvert. L’île compte 283 habitants, je trouve le chiffre particulièrement précis. Franck me répond qu’ici, tout le monde se connaît – le contraire aurait été étonnant – et que tout le monde est au courant du moindre décès ou de la moindre naissance, ce qui permet de garder le chiffre de recensement très à jour. Nous vivrons au rythme polynésien durant tout le séjour, à commencer par l’inconditionnel réveil aux aurores car ici « on vit avec le soleil ». Et le soleil, il se lève tôt, et se couche tôt.

Franck prépare le poisson pour le barbecue, Mataiva, archipel des Tuamotu (Polynésie française)

Franck prépare le poisson pour le barbecue, Mataiva, archipel des Tuamotu

Barbecue de poisson sur une plage de Mataiva, archipel des Tuamotu (Polynésie française)

Barbecue de poisson sur une plage de Mataiva, archipel des Tuamotu

Nous cohabiterons tant bien que mal avec les averses qui s’imposeront un peu tous les jours à nous, ainsi qu’avec les moustiques et les nonos, petits moucherons diaboliques suceurs de sang et quasi-invisibles à l’oeil nu. Nous mangerons tous les midis, sur des plages paradisiaques, ce que Franck nous préparera au barbecue. Ce sera un séjour 100% poisson issu de la pêche du matin, et l’accompagnement sera bien souvent du riz. Mais un midi, Franck nous fait découvrir les galettes de coco. Il rape la coco, ajoute un peu de farine et de levure, pose la pâte entre 2 grandes feuilles d’arbre, et laisse le tout sur le barbecue. Quand c’est cuit, les feuilles se décollent toutes seules, et c’est une tuerie. Pour les repas, pas d’assiette, on mange avec les doigts dans d’immenses feuilles d’arbre, et s’il y a des restes, on les donne, avec les carcasses, aux poissons qui nagent tranquillou à quelques mètres de nous. Je décide d’ailleurs d’aller filmer les poissons se battant pour nos restes avec ma GoPro, car c’est assez impressionnant. Je file à l’eau. Franck nous avait déjà mis en garde contre les murènes en nous racontant quelques vilaines anecdotes de morsures ignobles, « parce que ces bêtes-là, ça t’attrape le pied et ça ne le lâche pas, et puis la douleur est horrible ! ». A cet instant précis, il m’interpelle, avec un calme assez déconcertant : « Attention, il y a une murène derrière toi ». Le ton avec lequel il le dit, sans une once d’urgence dans la voix, me laisse penser qu’il me fait une blague. Je rigole, jusqu’à voir les visages de chacun se décomposer. Je sens la murène frôler mes chevilles et passer entre mes jambes. Je te passe les détails, Journal, de la manière dont je suis sortie de l’eau, frôlant la crise d’hystérie.
A Mataiva, nous naviguerons dans une barque en bois sur un lagon aux couleurs démentielles, nous ferons une cure de fruits de mer provenant directement des eaux polynésiennes, nous apprendrons le tressage traditionnel en feuilles de cocotier et la confection de colliers de fleurs de tiaré, nous traverserons l’une des dernières forêts de Polynésie. Et à Mataiva, je verrai les plus belles plages que je n’ai jamais vues. Elles sont en plus de ça, totalement désertes, nous donnant ainsi l’impression d’être seuls au monde. C’est la liberté totale, loin de tout, un sentiment que je n’avais jamais éprouvé jusqu’à présent. Le jour du départ, Franck reçoit un coup de téléphone de l’aéroport pour que l’on vienne faire le check in plus tôt que prévu. C’est sans doute le seul endroit du monde où l’aéroport téléphone aux passagers pour leur dire de venir « maintenant ». Nous nous exécutons. L’hôtesse, derrière son petit guichet en bois, nous donne notre ticket d’avion écrit à la main. Je t’assure Journal, c’est un aéroport Playmobil. Il n’y a par ailleurs évidemment pas de contrôle de sécurité. Au moment de se dire au revoir, j’ai la gorge serrée. Le séjour est passé trop vite, tout passe beaucoup trop vite, je remercie mille fois Franck de sa gentillesse et de sa générosité. Il fait désormais partie de ces rencontres que l’on n’oublie pas.

Plage de rêve à Mataiva, archipel des Tuamotu (Polynésie française)

Plage de rêve à Mataiva, archipel des Tuamotu

Lagon de Mataiva, archipel des Tuamotu (Polynésie française)

Lagon de Mataiva, archipel des Tuamotu

Nana* Polynésie

A mon retour de Mataiva, il pleut sur Papeete. Mon Hôte I. vient une énième fois me chercher, toujours avec la même gentillesse et le même sourire. Sa soeur et son beau-frère sont arrivés de métropole, elle m’avait prévenue avant mon séjour à Mataiva qu’ils ne pourraient plus me loger. J’avais entrepris de réserver un hôtel, mais elle m’avait dit, presque agacée, que c’était vraiment trop bête et qu’on allait trouver une solution. Une de ses amies propose alors de me loger, elle s’appelle F. et elle est, elle aussi, d’une gentillesse inouïe. Elle m’hébergera pour mes 2 dernières nuits en Polynésie, et je ne serai pas seule, puisque l’une des ses copines de métropole est aussi là en vacances. J’en profiterai pour me balader avec elle, retourner dans le centre de Papeete pour ma dernière interview, celle de Fred, et faire quelques courses, histoire de ramener des souvenirs à ma famille de ce séjour absolument inoubliable, qui aura tant marqué mon voyage. Le jour de mon départ, je suis triste et je ne veux pas quitter l’île. C’est la première fois que ça m’arrive depuis le début de mon voyage. Si systématiquement je ressentais un petit pincement au coeur en passant une frontière et en disant adieu à un pays, un peuple, des coutumes, j’étais excitée par les découvertes à venir. Là, je ne veux pas. Je sens que j’ai encore tant à découvrir en Polynésie. C’est Mon Hôte I. qui m’emmènera à l’aéroport. Ce jour-là, elle doit aussi récupérer ses 2 enfants, de retour de métropole. Elle a acheté 2 colliers de fleurs pour eux, afin de leur souhaiter la bienvenue. Quant à moi, elle me glisse autour du cou 2 colliers de coquillages. Franck m’avait expliqué que les colliers de coquillages signifient « adieu » : « Tu les donnes lorsque tu penses ne jamais revoir la personne. C’est un peu dur comme signification. Si un jour tu vois des familles se donner des colliers de coquillages dans un aéroport, regarde, se sera souvent accompagné de larmes et de tristesse ». J’ai envie de pleurer en me souvenant de ses mots. Je ne veux pas ne plus jamais revoir Mon Hôte S. et Mon Hôte I. Après tout ce qu’ils ont fait pour moi, je compte bien leur rendre la pareille un jour. Comment, je ne sais pas, mais j’espère réellement être en mesure de le faire un jour. Après lui avoir dit au revoir et avoir passé les contrôles de sécurité, je me rends compte que je n’ai même pas de photo d’eux. Par pudeur, par timidité, par peur de déranger, je n’ai jamais osé. Et je sais que je le regretterai.

Départ de Tahiti, colliers de coquillages et passeport

Départ de Tahiti, colliers de coquillages et passeport

To be continued…

*nana = au revoir en polynésien

Toutes les photos de Polynésie

Par Anne Sellès, le 8 août 2013 (màj juin 2014)

17 Comments to "La Polynésie française m’a « tuer » (dans le bon sens du terme)"
  • Un article complet et interessant. Gros coup de coeur pour tes photos de la Polynésie Française sur Flickr quelle beauté!

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  • Ça fait tellement rêver ce récit ! Et tes photos…. Elles sont d’une splendeur. Les paysages y sont pour beaucoup, mais vraiment, tu fais de très belles photos. Puis-je me permettre de te demander avec quel appareil elles ont été prises ?

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  • Merci pour cet article ! Je pars en septembre pour 3 semaines en Polynésie. J’ai encore plus hâte après avoir lu ton témoignage qui est vraiment génial.

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  • Blog très sympa, et on suit ce TDM avec passion ! La Polynésie, un must que j’ai découvert en voilier en 1996…Maupiti, Mopelia, Tahaa, Bora, Huahine, rangi, etc…je note Mataiva… Car oui, L’année prochaine, soit près de 20 ans après, j’y retourne, mais cette fois pour visiter les Australes et les Marquises…

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  • C’est avec un petit pincement au coeur que j’ai découvert ton article … j’ai eu la chance de découvrir la Polynésie en septembre 2012, et depuis j’y pense quotidiennement … j’ai eu la chance d’aller aux Marquises … j’ai été envoutée par les Marquisiens et leur gentillesse … j’ai également séjourné aux Tipaniers à Mooréa : la vue au p’tit déj no comment, un rêve … après notre séjour s’est prolongé à Bora ( lagon superbe, mais île avec trop de touristes), Huahine : une pension où on serait cru chez Robinson Crusoé et Rangiroa : une pension où il n’y a pas besoin de clé … bref j’ai vécu un rêve éveillé pendant 3 semaines !! et comme toi c’est le coeur plus lourd que j’ai quitté le sol polynésien … je fais l’écureuil tous les mois pour y retourner dans qqs années … Maruru…

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    • Merci Corinne pour ton message ! J’espère que tu pourras retourner bientôt en Polynésie. J’y pense beaucoup moi aussi. J’ai encore tant à y découvrir…! A bientôt 🙂

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  • Superbe blog, photos sublimes….
    Bon alors moi, je pars m’y installer (Punaauia) dans 3 mois avec mon épouse et mon grand garçon de 14 ans… Evidemment j’y pars pourvu d’un contrat de travail.
    Nous sommes bien sûr anxieux à l’idée de quitter la métropole. l’idée de laisser tous les amis et la famille aussi. mais quand je lis ce genre de témoignages, je me dis qu’on ne regrettera pas ce changement de cap.
    Mais en ce moment, c’est opération commando! papiers, maison et voitures à vendre etc… Il nous tarde de découvrir la polynésie 🙂

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  • ahhh La Polynesie…. nous y revenons mon mari et moi meme de 3 semaines de vacances le mois dernier….. et sniff comme toi pas envie de partir…..
    Nous on a pour projet de s’expatrier (on ne sais pas tout a fait où encore)…car nous ne supportons plus le système Français (nous sommes indépendants , sur chargé de taxes et un système qui ne permet pas la réussite des bonne idées mais celle de ceux qui ne sont deja pas dans le besoin)
    On nous a parlé des Seychelles …..
    Y est tu allée?

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  • Bonjour ,

    Très sympa le partage de ton expérience en Polynésie . Je vie actuellement a la Réunion depuis 10 ans déjà et je rêve aussi un jour d aller flâner en Polynésie. encore merci
    xav

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    • Héhé, merci Xavier ! La Réunion me fait de l’oeil aussi, j’espère pouvoir m’y rendre un de ces jours ! La Polynésie est un endroit merveilleux, je ne peux que te souhaiter de vivre les mêmes magnifiques aventures que moi ! À bientôt !

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