Indonésie : récit d’un périple entre amies

Indonésie : récit d’un périple entre amies

Cher Journal,

A mon arrivée à Jakarta, Ma Copine Caroline m’attend déjà. Après 1 mois et demi en solitaire, je retrouve enfin une tête connue. Cette perspective-là m’enchante, car cela signifie également retrouver des repères, ces repères propres à notre amitié, qui font que nous avons des souvenirs communs, des goûts communs, des habitudes communes. Ce confort dont on a peu conscience dans la vie normale m’apparaît désormais comme quelque chose de très précieux. Il fait une chaleur écrasante et humide. Ma Copine Caroline fume sa cigarette à l’extérieur. Lorsqu’elle s’approche pour me dire bonjour, je constate qu’elle a déjà eu l’occasion de se faire un meilleur ami, un chauffeur de taxi qui la suit à la trace depuis son arrivée une heure plus tôt. Il nous propose de nous déposer à notre hôtel pour l’équivalent de 10€. Ce prix est tout bonnement scandaleux, mais sans aucune notion des prix locaux, venant pour ma part d’Australie où tout est très cher, et heureuse de retrouver mon amie, j’accepte de me faire couillonner sans broncher. Heureux de son coup de maître, notre chauffeur est – heureusement – fort aimable. Il nous propose ses services pour toute la durée de notre séjour sur place, mais on ne tarde pas à lui faire savoir que nous reprenons un avion le lendemain matin. Il saute sur cette magnifique occasion de nous arnaquer une seconde fois en moins de 24h et nous propose de venir nous récupérer le lendemain, ce que nous refusons, bien évidemment, ne poussons pas Mémé dans les orties. Je découvre pour la première fois de ma vie ce qu’est l’Asie. Le bordel sur les routes est indescriptible. Très rapidement, nous atterrissons dans un hôtel que nous avions réservé en avance, il est moderne et neuf, grand et aux couleurs plutôt visibles (orange & vert pomme), mais malgré tout implanté au milieu de nulle part, à deux pas de l’aéroport, entre routes défoncées, voies rapides surpeuplées et quartiers dévastés. Après une nuit correcte et un petit déjeuner café/riz aux anchois, nous prenons l’avion pour Yogyakarta, première vraie étape de notre séjour indonésien.

Java l’authentique

Il est important que tu saches, Journal, que l’Indonésie est le 4ème pays le plus peuplé au monde, ce qui explique bien des choses, en particulier sur les routes, lorsque voitures, motos, scooters, becaks, vélos, et piétons partagent la même chaussée. Java, l’une des îles principales du pays est aussi l’île la plus peuplée du monde. Sa densité de population est de l’ordre de 1060 habitants/km². En France on est aux environs de 100 habitants/km². Tu vois un peu ?
Autre détail important – parce que c’est ce qui réveille tous les matins (et qui peut surprendre si on n’est pas prévenu avant l’arrivée) – l’Indonésie est un pays à majorité musulmane. Au revoir les vilains clichés ; toute l’Asie n’est pas bouddhiste ou hindouiste, le chant du muezzin tous les matins en est la preuve formelle. Nous avons découvert tout cela en débarquant à Yogyakarta, dès la sortie de l’aéroport. Des vingtaines de taxi se sont jetés sur nous en criant des choses absolument incompréhensibles pour qu’on les suive, mais nous avons opté pour le bus local, élu bus le plus pourri pris à ce jour. Une fois dans le centre-ville, nous nous mettons en quête d’un petit hostel pour passer nos nuits à venir. Il est encore tôt, nous obtenons par chance la dernière chambre d’un petit hostel bon marché aux commentaires plutôt positifs dans le guide dans Ma Copine Caroline. La chambre est petite, sans fenêtre, et la salle de bain sommaire, sans lavabo ni eau chaude, mais le tout semble propre et c’est bien là le plus important.

Becaks dans une rue colorée de Yogyakarta, Java (Indonésie)

Becaks dans une rue colorée de Yogyakarta, Java

Homme travaillant dans le quartier du Kraton, Yogyakarta, Java (Indonésie)

Homme travaillant dans le quartier du Kraton, Yogyakarta, Java

En nous promenant dans la ville, un monsieur nous arrête et nous parle en français. Il dit être prof de maths à Sumatra, qu’il a appris le français à l’Alliance française, qu’il est ici en voyage de classe avec ses élèves, et qu’il peut nous conseiller 2 ou 3 trucs à voir si on le souhaite. On accepte volontiers. Le fait de parler notre langue nous met étonnamment en confiance. Il dessine une croix sur notre plan à l’endroit où se trouve le Batik Art Center, une sorte d’école où l’on peut voir le travail des profs et des élèves du centre en question. Le Batik est une technique d’impression artisanale sur tissu, et c’est visiblement le sport national pour attraper les touristes à Java. De nombreuses « expositions » « invitent » les touristes à venir « seulement observer » les réalisations des artistes. Mais notre charmant prof de maths nous dit qu’au Batik Art Center, c’est différent. C’est une école. Il nous suggère de nous y rendre pour comprendre la technique et découvrir son histoire. Nous nous mettons en route, et ne tardons pas à rencontrer un nouvel homme, désireux de savoir d’où l’on vient et ce qu’on fait ici. Rapidement, il nous demande ce que nous cherchons dans le quartier, et nous informe qu’il peut nous aider si on le souhaite. Nous nous méfions, partant du principe qu’il va forcément nous demander de l’argent en échange de la direction. Nous lui disons que nous allons au Batik Art Center mais que nous savons où ça se trouve ; il annonce qu’il va quand même marcher avec nous, car il habite juste à côté. Quelques minutes plus tard, nous arrivons devant des grilles ouvertes sur une petite impasse. Il n’y a aucun panneau, mais l’homme nous affirme que c’est ici. On se méfie, on regarde notre plan, l’homme commence à prendre mal notre suspicion. Et il s’en va. A cet instant, une autre personne nous indique l’entrée, confirmant les dires du premier homme. J’ai honte de m’être trompée sur lui, il s’est déjà éloigné, je lui cris tout de même un « MERCI BEAUCOUP », auquel il répond d’un geste de la main et d’un petit sourire en se retournant brièvement. A force de lire des horreurs sur les locaux dans les guides, on finit par se méfier à outrance, même – et surtout – lorsque les gens sont bien intentionnés. A l’intérieur, nous sommes bien accueillies, nous assistons à une démonstration faite par une élève. Sur le tissu, elle pose de la cire sur les endroits qui ne doivent pas être teints, puis elle plonge le tout dans un bain de teinture, laisse ensuite sécher le tissu, et le fait bouillir pour pouvoir retirer la cire. L’opération est répétée en fonction de la complexité du dessin. L’école n’est pas seulement une école, c’est également un lieu d’exposition où nous pouvons (voire devons) acheter quelque chose. Les plus petits modèles restent très abordables, seulement une dizaine d’euros. J’en achète deux, ce qui enchante notre guide-directeur-prof-arnaqueur. Ma Copine Caroline n’aura pas droit aux mêmes sourires, elle n’a rien acheté.

Becaks dans les rues de Yogyakarta, Java (Indonésie)

Becaks dans les rues de Yogyakarta, Java

Il nous faudra tout de même quelques jours pour nous habituer aux codes indonésiens, et pour moi, aux codes asiatiques. C’est un apprentissage de tous les instants. A 2 ou 3 reprises, nous nous prenons quelques regards en coin, puis un tapotage d’épaule par une dame, qui avait l’air de signifier que notre tenue d’européenne débardeur-short-tongs n’était pas au goût de tous. Mais nous n’avions eu vent de cela nulle part, ni sur Internet, ni dans le guide de Ma Copine Caroline. Malgré ça, la vie à Yogyakarta est douce, nous découvrons une ville étonnamment assez culturelle, au patrimoine architectural très riche, aussi bien sur le plan traditionnel que colonial ; des ruelles où le street art est roi ; des petits restos aux terrasses ombragées ; un marché aux oiseaux paraît-il étonnant (nous sommes arrivées trop tard pour le voir de nos propres yeux). Le Kraton, palais du Sultan, et son Waterpalace, où vivaient les maîtresses du Sultan, sont ouverts aux touristes et constituent l’une des principales attractions de la ville. Ma Copine Caroline et moi avons trouvé ça beau, mais le parcours du combattant pour trouver la bonne entrée (l’officielle) nous a légèrement refroidies. Disons que dans les guides, il est écrit partout qu’il faut se méfier, qu’il existe plusieurs entrées, que le prix n’est pas le même pour chacune d’elle, et que des rabatteurs devant la « bonne » entrée cherchent à guider les touristes vers les « autres » entrées où le prix est considérablement plus élevé. Nous avons tourné bien longtemps avant de comprendre quelle était la bonne entrée, avant de savoir qui croire parmi tous ces hommes désireux de nous emmener à « la bonne entrée là-bas » ou à « la bonne entrée de l’autre côté ». A l’intérieur, peu d’explications sont données, on ne sait pas dans quel sens aller. On était censées trouver des spectacles de danse et de chant, mais soit nous sommes arrivées trop tard, soit on a mal compris. Vers la fin de la visite, une dame nous interpelle et souhaite qu’on la suive, on ne comprend rien mais on s’exécute, la prenant pour une guide qui allait nous amener au spectacle de danse dont on avait entendu parler. On atterrit dans un espèce d’atelier où l’on nous invite à découvrir le travail des artisans fabriquant des marionnettes traditionnelles. C’est un travail au poinçon sur des pièces de cuir, c’est effectivement assez impressionnant. Ces marionnettes sont bien évidemment « achetables ». Il est souvent difficile de savoir ce qui est officiel ou non. La dame « racoleuse » dans le Kraton a-t-elle le droit d’être là ? Cet atelier fait-il partie intégrante du Kraton ? Quoi qu’il en soit, il est souvent difficile de refuser d’acheter quoi que ce soit, même si c’est évidemment profondément nécessaire d’apprendre à le faire.

Artisan réalisant une marionnette traditionnelle, Yogyakarta, Java (Indonésie)

Artisan réalisant une marionnette traditionnelle, Yogyakarta, Java

Marionnette traditionnelle réalisée au poinçon, Yogyakarta, Java (Indonésie)

Marionnette traditionnelle réalisée au poinçon, Yogyakarta, Java

Nous profiterons également de la proximité des temples Borubudur et Prambanan avec Yogyakarta pour faire une excursion groupée d’une journée à la découverte de ces merveilles d’architecture et d’histoire. Nous nous offrirons également notre premier massage d’Indonésie, le premier d’Asie pour moi, et même le premier de mon voyage. Nous payons l’équivalent de 6,80€ pour un massage d’1h30 réflexologie + dos.

Le temple de Borobudur, Java (Indonésie)

Le temple de Borobudur, Java

Au 151ème jour de mon voyage, nous quittons Yogyakarta pour un tour organisé de 3 jours qui nous mènera droit à Bali avec escales aux célèbres volcans Bromo et Kawah Ijen. Nous aurions pu choisir de le faire par nous-même, mais le prix global était plus intéressant via un tour organisé. On comprendra rapidement pourquoi. Nous embarquons dans le mini-bus avec 7 autres filles, toutes Allemandes. Après 12h de route durant lesquelles je nous ai vues mourir environ 70 fois dans d’atroces souffrances, tant ils conduisent comme des pieds, nous arrivons à destination. Un monsieur étrange nous briefe pour le lendemain : « Sachez qu’au réveil, il fera 4°C. » Ah. Nous avons le choix entre aller jusqu’au Bromo en 4×4, ou bien à pied par nos propres moyens. Ma Copine Caroline étant bien décidée à faire du sport, elle me dit : « On le fait à pied ? », avec le ton de ces questions rhétoriques qui n’appellent aucune réponse. Je marmonne un « Moui », qui sort machinalement de ma bouche pendant que mon cerveau se répète en boucle « Au réveil il fera 4°C. Au réveil il fera 4°C. Au réveil il fera 4°C. »… Il y a aussi une autre option consistant à nous emmener en jeep jusqu’en haut d’une montagne face au Bromo, afin d’observer le lever du soleil. J’aime les levers de soleil. J’aime les jeeps. Je suis séduite. Mais Ma Copine Caroline veut définitivement marcher. Je capitule. Nous nous réveillons donc le lendemain le soir-même à 3h du matin. Il fait froid, ce réveil glacial me rappelle le trip dans le Sur Lípez avec Le Cousin G. Nous partons à pied, il fait nuit noire et j’ai oublié ma lampe de poche à l’hôtel. Nous nous éclairons avec nos iPhones et avançons dans une direction incertaine. On nous avait dit lors du briefing de la veille que le « chemin était super bien indiqué ». Je pense qu’il est inutile de te préciser, Journal, qu’il n’y a absolument aucune indication. Nous croisons en revanche de nombreux taxis-du-désert, ces motards qui veulent nous emmener jusqu’au Bromo. On refuse systématiquement, et lorsque l’un d’eux constate que nous sommes dans la mauvaise direction, il s’offrira le plaisir de ne pas nous indiquer la bonne route à prendre, histoire de se venger un peu. Nous arrivons finalement au Bromo après avoir loupé le lever du soleil pour lequel nous nous étions levées si tôt. Nous gravissons les marches qui nous mèneront au cratère, et nous prêtons au jeu des photos avec les locaux. Notre « peau blanche » les intrigue visiblement.

Le cratère du Bromo, Java (Indonésie)

Le cratère du Bromo, Java

Cheval et cavalier au Bromo, Java (Indonésie)

Cheval et cavalier au Bromo, Java

Je suis un peu déçue par le Bromo, je crois qu’on aurait dû opter pour le tour en jeep et le lever du soleil sur la montagne d’en face, je crois que Ma Copine Caroline pense la même chose, mais nous nous gardons bien d’aborder le sujet. Nous rentrons à l’hostel, il est bientôt l’heure de réintégrer les mini-bus pour poursuivre notre route. Dans une voiture, nous rencontrons 2 Françaises en voyage. En discutant, je découvre que l’une d’elle connaît l’un de mes amis à Paris. Le monde est définitivement tout petit. Sur la route en direction du village le plus proche du Kawah Ijen, nous traversons d’autres minuscules villages reculés, les enfants nous saluent quand on passe, ils courent pieds nus après le mini-bus, certains jouent (avec rien) et s’arrêtent instantanément en nous apercevant, afin de nous adresser de larges « coucous » enjoués avec les bras. On s’arrête au milieu de nulle part, devant un grand bâtiment faisant office d’hôtel pour les touristes se rendant au Kawah Ijen. C’est loin d’être le grand luxe, nous sommes un peu parqués comme des bêtes, mais nous nous prêtons au jeu, c’est souvent le prix à payer lorsque l’on passe par des « tours organisés ». On nous propose un dîner à l’hôtel pour 50.000 roupies, soit l’équivalent de 3,30€ ce qui est clairement très cher pour ici. Nous demandons si nous avons le choix et s’il y a d’autres possibilités de se restaurer aux alentours. Nous nous doutons de la réponse, qui sera un « Non ! », accompagné d’un grand sourire. Ce n’est pas bon et peu copieux, mais nous ne râlerons pas, d’autres touristes français dans le coin s’étant chargés de le faire plus qu’il ne l’aurait fallu… Ahhh, ces Français. Le petit déjeuner de 3h du matin sera servi sur le même modèle : une tranche de pain et un oeuf dur. Encore une fois, il fait nuit noire lorsque nous démarrons notre randonnée. Nous n’avons pas bien dormi et n’avons pas eu d’eau chaude pour nous doucher. Au départ de la randonnée, un homme portant des paniers sur l’épaule s’invite au milieu de notre groupe, composé de Ma Copine Caroline et d’un garçon rencontré à l’hôtel. L’homme commence à grimper avec nous, il tente de discuter, s’improvise guide en nous citant approximativement le nom des montagnes, et me fabrique même un bâton de marche, sans doute épris d’une pitié indescriptible en constatant que je crache mes poumons à chaque mètre de montée. Non Journal, je ne fume pas, je suis juste asthmatique. Une fois en haut, le spectacle est stupéfiant, et notre guide nous réclame, sans surprise, de l’argent. On lui tend 20.000 roupies, mais il nous réclame le double. Cet homme est un porteur de soufre, ils sont nombreux dans le coin et grimpent en haut de la montagne, à 2300 mètres d’altitude, puis descendent dans le cratère, un lieu jugé particulièrement dangereux et normalement interdit d’accès. Ils en récupèrent des blocs de soufre, les chargent dans leur panier, remontent les parois glissantes du cratère et les redescendent au village. Ils portent sur le dos parfois jusqu’à 90 kg. L’espérance de vie de ces hommes est de 40 ans. Pour toutes ces raisons, il ne nous a pas semblé incongru de donner à notre « guide » ce qu’il nous a demandé, ainsi qu’une bouteille d’eau et quelques cigarettes (de Ma Copine Caroline ! Je t’ai dit que moi, je ne fumais pas, Journal).

Le lac au sommet du volcan Kawah Ijen, Java (Indonésie)

Le lac au sommet du volcan Kawah Ijen, Java

Porteur de soufre au Kawah Ijen, Java (Indonésie)

Porteur de soufre au Kawah Ijen, Java

Nous redescendons et rejoignons notre groupe. Le mini-bus repart mais s’arrête 5 minutes plus tard. On rêve d’une douche après ces plusieurs heures de marche, il fait maintenant chaud et humide, nous devons attendre dans une pièce où la chaleur est difficilement supportable. Et nous ne savons même pas ce que nous attendons. Arrive alors un bus local ignoble, dans lequel les « organisateurs » nous envoient en masse. Ils nous disent que ce bus nous mènera à Bali, comme convenu dans ce tour organisé. Il doit faire 40°C à l’intérieur et ça sent très mauvais. Il est possible de fumer dans les bus – et de vomir, comme l’eut compris notre voisine de droite. Nous roulons 5 min et prenons le ferry. Une fois sur le sol balinais, notre bus continue à rouler jusqu’à Denpasar. Il n’y a que 3h de route, mais le confort plus que spartiate du bus et la chaleur innommable font que nous avons l’impression d’y passer 3 semaines. Nous avons également l’impression de ne pas nous être lavées depuis 6 mois. A Denpasar, je ne sais pas vraiment si c’est le taxi qui nous a sauté dessus ou si c’est nous qui nous sommes jetées sur lui. Nous filons directement à Ubud, ayant davantage l’envie de voir des rizières paisibles que des australiens faire la fête à Kuta ou Semyniak. A notre arrivée 35 minutes plus tard, on nous propose un hôtel pour 200.000 roupies la nuit (12,50€). On va voir la chambre et acceptons rapidement, on est exténuées. La douche, même froide, est un don du ciel.

Bali express

Le changement est radical. Bali est, sans surprise, 10 fois plus touristique que Java. Ici, tout le monde parle à peu près anglais. Les prix sont plus élevés, certains restos proposent des prix français, voire parisiens. On croise moins de gens naturellement gentils, juste curieux de savoir ce que l’on fait là, comme ce fut le cas à Java. Les Balinais sont habitués à la présence des touristes, ils savent quoi leur vendre et comment leur vendre. Pour autant, ils ne sont pas du tout désagréables. Mais le changement est réel. On est loin des warungs (restaurants boui-bouis) de Java. Nous faisons nos emplettes au Marché d’Ubud, profitons des agréables petits cafés et des ruelles pavées. Nous découvrons les nombreux temples à chaque coin de rues, les improbables offrandes que font les Balinais tous les matins à leurs dieux, et l’importance de leur religion dans leur vie. Nous apprenons que les Balinais ne sont pas particulièrement aimés des « autres » Indonésiens. Déjà, Bali est la seule île hindoue du pays. Ensuite, ils sont plutôt enviés, puisque profitant de la manne touristique. Pour nous Européens, la plupart des Balinais vit en-dessous du seuil de pauvreté, parfois dans des conditions terribles, mais par rapport au reste de l’Indonésie, ils sont bien moins à plaindre. Et je trouve cela affreux.

Singe en liberté dans l'hôtel d'Ubud, Bali (Indonésie)

Singe en liberté dans l’hôtel d’Ubud, Bali

Porte balinaise, Ubud (Indonésie)

Porte balinaise, Ubud

Nous nous décidons à réserver un tour en vélo au milieu des rizières et des petits villages aux alentours. Il pleut, mais c’est grandiose. La luminosité, les gouttes de pluie, le béton des chemins abîmés par le temps et mouillés par la pluie donnent un aspect très vidéogénique aux paysages, un genre d’atmosphère presque romantique, ou dramatique, je ne sais pas trop Journal. C’est très étrange. Lors de l’un des arrêts, on nous fait découvrir le café le plus cher du monde, le kopi luwak, récolté dans les excréments d’un petit animal asiatique. Si Journal, on en a même bu et je dois dire qu’il n’était pas mauvais. La descente à vélo nous fait passer au coeur de petits villages où les enfants se mettent au bord de la route avec la main tendue pour qu’on leur tape dedans en passant. Les plus vieux nous saluent parfois, mais nous regardent avec un drôle d’air la plupart du temps. Ce tour se termine par un repas dans une maison balinaise où nous sommes bien reçus. Les enfants de la maison nous font un spectacle de danse, ils sont incroyablement adorables mais ne sourient pas. Ils font sans doute cela tous les jours, et ça me fait de la peine.

Kopi Luwak, le café le plus cher du monde, Ubud, Bali (Indonésie)

Kopi Luwak, le café le plus cher du monde, Ubud, Bali

Tour à vélo dans les rizières d'Ubud, Bali (Indonésie)

Tour à vélo dans les rizières d’Ubud, Bali

Nous quittons Ubud en ayant fait l’impasse sur la Monkey Forest, Ma Copine Caroline et moi ayant découvert assez rapidement que l’on n’aimait pas les singes. Notre hôtel étant à proximité, nous avons eu l’opportunité plus d’une fois d’en voir certains s’inviter à notre table, ou dans la chambre de nos voisins pour voler un paquet de chips. Ces bêtes-là, voleuses de nourriture, ne m’inspirent pas grande confiance. Et quand on sait combien la nourriture compte dans ma vie, on comprend vite. Pour notre dernière soirée, nous nous offrons une petite folie, un dîner dans un resto français. Après 5 mois sur les routes, il fallait avouer que je rêvais d’un bon tartare-frites bien français. Nous découvrons un jeune patron plutôt imbu de lui-même, venu s’installer à Bali pour les raisons suivantes : « Ici c’est super, tu peux avoir une femme de ménage, un jardinier, une personne qui s’occupe de ton linge », avant d’ajouter : « Tu peux tout faire ici, et pour ouvrir ton resto c’est parfait, personne ne te fait chier sur l’hygiène ! ». Plutôt écoeurée, je lui demande s’il aime quand même Bali, sa culture, sa population… Ce à quoi il me répond : « Bof. Honnêtement les premières fois que je suis venu, j’ai détesté. ». Ma Copine Caroline et moi avons envie de vomir en l’écoutant parler.

Petit garçon à vélo à Ubud, Bali (Indonésie)

Petit garçon à vélo à Ubud, Bali

Devanture fleurie d'un restaurant d'Ubud, Bali (Indonésie)

Devanture fleurie d’un restaurant d’Ubud, Bali

Nous quittons Ubud en mini-bus et nous rendons à Amed, sur la côte est de Bali. Nous passerons 2 jours dans un hôtel agréable et vide. Comme souvent, les propriétaires vivent sur place et nous vivons avec eux. Lorsque nous commandons un jus de pastèque, nous voyons le proprio partir sur son scooter, et revenir 10 minutes plus tard avec une pastèque sous le bras, et avec un grand sourire, content de pouvoir satisfaire ses hôtes. Amed n’a pas grand intérêt, il n’y a pas vraiment de « centre-village ». Il s’agit plutôt d’une route sur laquelle de chaque côté, on trouve des hôtels, face à la mer. Nous resterons tranquilles à profiter de la piscine, et pour ma part, à travailler sur mes vidéos. D’Amed, nous prendrons un speed boat pour les îles Gili. Le trajet fut tout à fait abominable, le speed boat prenant les vagues de côté pour aller plus vite. Ma Copine Caroline avait eu la bonne idée de proposer que l’on s’installe à l’avant, là où on n’a pas d’air (le bateau est fermé) et où on ressent chaque claquement sur l’eau avec une violence incroyable. On monte et on descend, j’ai la sensation d’être dans un manège de fête foraine. Après de très longues minutes à attendre la fin de ma vie à l’avant, je décide de me déplacer dans le fond du bateau, là où on tape moins et où on a davantage d’air, afin de ne pas avoir à vomir sur mes voisins de bateau. Voisins plutôt nombreux par ailleurs, puisque le speed boat a été rempli au maximum, bien au-delà de ce que le bateau prévoit en termes de places assises. Il y a donc une vingtaine de personnes debout dans l’allée centrale, qui se tient comme elle peut, on se croirait dans le métro. Passons sur l’aspect sécuritaire, question météo, il semblerait que « la mer n’avait pas été aussi agitée depuis plusieurs mois ! ». Nous voilà rassurées.

Gili, drôle de nom pour un paradis

Quand j’ai mis mon premier pied sur le sable de la plage de Gili Air, j’ai instantanément oublié cette épouvantable traversée. Nos gros sacs à dos et nous savions qu’aucun véhicule motorisé n’était autorisé sur l’île et que l’unique moyen de locomotion, hormis nos pieds, c’était les petites charrettes tirées par des chevaux. Nous évoquons donc l’envie de tester le moyen de locomotion local (pour ne pas évoquer la flemme) et débarquons au Sejuk Cottages, hôtel situé au calme, de l’autre côté de l’île, et tenu par Bernard, un Français amoureux de l’Indonésie que j’ai eu la chance de pouvoir interviewer au cours de mon séjour. Nous aurions pu trouver moins cher niveau hébergement, mais le cadre est vraiment merveilleux, et Bernard adorable.

Des habitants remettent un bateau en mer, Gili Air, Lombok (Indonésie)

Des habitants remettent un bateau en mer, Gili Air, Lombok

Les charrettes, unique transport en commun de Gili Air, Lombok (Indonésie)

Les charrettes, unique transport en commun de Gili Air, Lombok

Nous retrouvons les deux Françaises rencontrées au Bromo dont on a un ami commun à Paris. Nous filons manger un morceau dans l’un de ces bars de plage construit sur pilotis sur le sable, installées face à la mer sur de gros coussins. Voilà l’image que j’avais des plages asiatiques, ce cliché tristement rapporté par les réseaux sociaux et autres photos trouvées sur Internet. C’est un appel à ne rien faire, d’ailleurs on apprendra très vite qu’il n’y a pas grand chose à faire sur l’île. Des 3 îles Gili, Gili Air est la plus peuplée, mais ce n’est pas la plus grande. La plus grande est Gili Trawangan, surtout appréciée par les backpackers désireux de faire la fête les pieds dans le sable ; Gili Meno est la plus petite et sans doute la plus tranquille ; Gili Air est un très bon compromis entre les deux. Le long de la plage de la côte est de l’île, restaurants et bars de plages se succèdent, on y trouve aussi plusieurs clubs de plongée et des hôtels, plus ou moins chers. La vie est simple et calme (pas de bruit de moteur, ça change tout, quand même…), tout le monde se connaît, et inutile de dire au revoir à quelqu’un dans un bar ou tout autre lieu, c’est tellement petit qu’on le recroisera forcément à un moment ou à un autre de la journée. Le soir les restaurants exposent leurs poissons fraîchement pêché, la plupart du temps le prix est déterminé en fonction du poids. A cela s’ajoute une petite Bintang ou un cocktail de fruits, et on dîne les pieds dans le sable dans un cadre tout simplement parfait. Côté activité, il y a de très belles plongées à faire, des balades à cheval mais guère plus, et c’est sans doute ça qui fait tout le charme de cette île merveilleuse où on aimerait vivre pour toujours, pieds nus, buvant de la coconut en écoutant les locaux gratter leur guitare.

Transats en bambou sur une plage de Gili Air, Lombok (Indonésie)

Transats en bambou sur une plage de Gili Air, Lombok

Les gens ici vivent avec le soleil, mais aussi avec les bruits d’animaux non identifiés, le chant du coq et l’appel à la prière du muezzin. C’est ainsi que l’on se réveille généralement au milieu de la nuit, puis vers 4h30, et enfin de nouveau vers 5h. Comme à Java mais contrairement à Bali, les Iles Gili sont à majorité musulmane car elles dépendent de Lombok. On s’y fait vite, et si on ne s’y fait pas, ce n’est pas dramatique, il y a la sieste qui nous appelle régulièrement, la tête dans les coussins des bars de plage… Ma Copine Caroline et moi nous offrons une journée plongée avec un club tenu par un Français. On passe même le niveau « Scuba Diver », histoire de ne pas avoir à refaire systématiquement des « baptêmes de plongée » (qui coûtent plus cher et ne permettent pas de descendre très profond). Nous découvrons des spots assez incroyables, ainsi que des coins abîmés, pleins de coraux morts. Notre monitrice nous explique que les Indonésiens ont longtemps pêché à la dynamite, détruisant ainsi des hectares entiers de coraux et de vie aquatique. Le jour du départ de Gili Air, je suis triste et fatiguée. Chaque jour de départ rime avec sac à refaire, à porter, puis réadaptation, loin des repères précédemment créés.

Plongée à Gili Air, Lombok (Indonésie)

Plongée à Gili Air, Lombok

Ma Copine Caroline lors d'une plongée à Gili Air, Lombok (Indonésie)

Ma Copine Caroline lors d’une plongée à Gili Air, Lombok

Nusa Lembongan, dernière étape indonésienne

Les îles Gili avaient placé la barre très haut. Nous sommes arrivées à Nusa Lembongan en speed boat par une mer très agitée, mais j’ai été bien plus maligne qu’elle en prenant 2 cachets de Mercalm, ainsi qu’un 3ème non identifié, tendu par la dame du bateau. Résultat : j’ai dormi une bonne partie de la traversée, et à la fin j’arrivais même à regarder les vagues droit dans les yeux. Pas de sentiment similaire à celui de notre arrivée à Gili Air, ici il y a du béton, des scooters et même des voitures. Le cadre reste tout de même très chouette, une mer d’une couleur incroyable, une marée comme au Mont-St-Michel (mon unique référence en matière de marée, désolée, je suis une fille de Méditerranée), et ce que l’on découvrira par hasard en se perdant lors d’une promenade sur l’île, c’est la culture d’algues omniprésente, qui s’avère être la principale activité des habitants.

Front de mer de Nusa Lembongan, Bali (Indonésie)

Front de mer de Nusa Lembongan, Bali

Front de mer de Nusa Lembongan, Bali (Indonésie)

Front de mer de Nusa Lembongan, Bali

Niveau plages, nous fûmes quelque peu déçues, et bien que ce ne soit pas du tout notre genre de vouloir aller à la plage pour ne rien faire et juste cuire au soleil (pas du tout, Journal, pas du tout…) nous ne nous attendions pas à voir une Mushroom Beach (considérée comme la plus belle de l’île) tant usée par le tourisme. Nos amis chinois en vacances jacassaient dans tous les sens, les tours en « banane » sur l’eau se succédaient inexorablement, le nombre de bateaux (de tourisme) ancrés à proximité de la plage empêchait la baignade, et d’un point de vue plus personnel, je me suis faite dévorer par les fourmis quand j’étais sur le sable. Cela restait bien évidemment une belle plage de sable fin à l’eau d’un bleu plutôt pas dégueu. Mais comme je te le disais, Journal, Gili Air avait placé la barre très haut. C’est ici que je fêterai mes 27 ans et ce jour-là, je parviendrai enfin à mettre ma vidéo de Polynésie en ligne, chose qui était tout bonnement impossible depuis plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Nous décidons d’aller faire un tour à pied sur l’île, nous nous perdons sur les petits chemins, et débarquons d’un côté de l’île en pensant être à l’opposé. Nous nous retrouvons dans un coin étonnant, où se fait notamment la culture d’algues, comme je te l’expliquais plus haut, Journal. Des hommes et des femmes trient les algues sur leur bateau, en transportent des paniers pleins sur le dos ou sur la tête, puis répètent l’opération toute la journée. En les observant depuis la plage, je suis presque persuadée d’avoir vu l’arrière-train d’un alligator se cacher dans les rochers ce jour-là. Ma Copine Caroline m’a traité de folle, et malgré une recherche Google infructueuse sur la présence d’alligator dans les parages, je suis assez convaincue d’avoir fait une découverte tout à fait incroyable !

La culture d'algues à Nusa Lembongan, Bali (Indonésie)

La culture d’algues à Nusa Lembongan, Bali

Le monsieur travaillant dans notre guesthouse étant particulièrement souriant, gentil et serviable, il propose de nous véhiculer jusqu’à une plage « très belle » selon lui, moyennant quelques roupies. Nous grimpons tous les 3 sur son scooter, sans casque, car c’est ainsi que ça fonctionne en Asie (tout comme en Amérique du Sud d’ailleurs). Nous arrivons au bout d’une vingtaine de minutes dans la baie de Dream Beach, où la mer est incroyablement belle mais très agitée. La plage est dangereuse, il n’est pas recommandé d’y rester. On comprend alors que notre « gentil monsieur » nous a sans doute amenées là pour que l’on consomme au bar de l’hôtel se trouvant sur place. Spécialistes de la commission, les locaux ont a priori l’impression que ce genre de pratiques passe incognito. Les touristes sont parfois des imbéciles, certes, mais quand même. Nous profitons d’être là pour explorer les environs, sauvages et escarpés.

Vue de l'hôtel de Dream Beach, Nusa Lembongan, Bali (Indonésie)

Vue de l’hôtel de Dream Beach, Nusa Lembongan, Bali

Mer agitée et côte près de Dream Beach, Nusa Lembongan, Bali (Indonésie)

Mer agitée et côte près de Dream Beach, Nusa Lembongan, Bali

A Nusa Lembongan, nous abuserons sans doute un peu des apéros et adopterons un rythme bien plus tranquille qu’en début de séjour. Ma Copine Caroline m’offrira d’ailleurs pour mon anniversaire un super massage de 2h30 comprenant gommage et soin du corps & du visage. Le jour du départ, je dois me concentrer car c’est aussi jour de speed boat. En achetant nos billets la veille, la compagnie de bateau nous avait dit qu’un camion viendrait nous chercher à 10h pour pour nous amener au port. Etrangement, à 10h25, il n’y a toujours personne. Notre gentil monsieur de l’hôtel propose de nous déposer chacune notre tour, cette fois-ci nous ne pourrons pas monter tous les 3 car nous avons également nos gros sacs. Je me gave de Mercalm avant de monter dans le bateau, la mer est très agitée, les gens ont du mal à monter à bord. Nous débarquons bientôt à Sanur, à Bali, ville terriblement touristique que l’on aurait préféré éviter. Mais c’est ici que je rencontrerai Julien et Sarah, deux Français installés ici depuis 7 et 2 ans. Ma Copine Caroline va bientôt me dire au revoir, et même si voyager à deux n’est pas tous les jours évidents lorsque l’on a ses petites habitudes de voyageuse en solitaire, je suis triste de la voir s’en aller. Le soir-même, je suis invitée par Julien dans un warung de plage pour l’anniversaire de sa femme. Il y a d’autres amis français qu’il me présente. Julien organise des excursions en goélette traditionnelle indonésienne à la rencontre de peuples reculés.
Je ne suis pas mécontente de quitter Sanur et ses grandes rues remplies d’immenses restaurants touristiques. Je demande à mon chauffeur de taxi de m’arrêter à une boîte aux lettres pour poster mes cartes postales. Une fois devant l’aéroport de Denpasar il me dit : « Désolée, je n’ai pas vu de boîte aux lettres » mais me propose de les poster pour moi. Il y en a une pour ma grand-mère, et j’ai peur qu’il ne le fasse pas. J’essaye de lui mettre la pression en lui parlant de ma grandmother, il me répond « Oui oui ! », mais on m’a souvent mis en garde contre les vols de timbres par les locaux… J’apprendrai quelques semaines plus tard qu’il les a bel et bien postées. Et lorsque j’apprends ça, je dois avouer que je suis émue qu’il ait tenu sa promesse.
Voilà, je rentre dans l’aéroport. C’est la fin de ces 3 semaines en Indonésie, de ce premier pied en Asie. J’ai été enchantée, touchée, étonnée, mais aussi bien arnaquée. J’ai largement préféré Java à Bali, j’ai adoré Gili Air et moins aimé Nusa Lembongan. Nous avons fait des rencontres étonnantes, et ce jour-là, au 165ème jour de mon voyage, je me retrouve à faire un point sur ces 5 premiers mois de voyage… Je me trouve toujours aussi chiante et ça m’inquiète. J’ai peut-être été naïve, à penser que tous mes défauts allaient disparaître en voyageant. Je n’ai pas l’impression d’avoir « évolué » ou d’être « plus ouverte ». D’être avec Ma Copine Caroline m’en a fait prendre conscience. Je suis fatiguée, mais j’ai hâte de découvrir la suite et de poursuivre ce voyage initiatique.

To be continued…

Toutes les photos d'Indonésie

Par Anne Sellès, le 22 septembre 2013 (màj mai 2014)

 

12 Comments to "Indonésie : récit d’un périple entre amies"
  • La prochaine fois que tu iras en Indonésie il faudra passer quelques jours dans le nord de Bali cette fois (beaucoup moins fréquenté que le sud et l’est en-dessous d’Amed), aller au Kalimantan (la partie indonésienne de Bornéo) pour comprendre ce qu’est la jungle et les tribus ethniques (et ses bestioles sur-dimensionnées !), ou bien te rendre sur l’île de Flores (l’île est surtout connue pour son port Labuhan Bajo, départ des mini-croisières dans le parc national de Komodo pour y admirer ses paysages superbes et voir les fameux dragons), ou explorer l’île très peu fréquentée (mais superbe !) de Sumbawa à l’est de Lombok. Ou enfin revenir sur Lombok qui à travers Gili Air ne t’a rien dévoilé de ses multiples facettes : Lombok est bien plus calme que Bali, même si le frémissement touristique s’y fait sentir depuis une quinzaine d’années (ça a démarré au début des années 60 sur Bali). Et sur Lombok tu verras des rizières bien sûr, mais tu pourras aussi attaquer l’ascension du 3ème sommet d’Indonésie (le volcan Mont Rinjani avec ses 3 726m), ou profiter des montagnes, des plateaux, et des plages de sable blanc, noir, rose, ou blond. Au choix !

    Les Indonésiens chercheront toujours à tirer profit d’un touriste peu habitué au marchandage qui est presque une seconde religion en leur beau pays. Reste qu’ils sont moins arnaqueurs en dehors de Bali. Quant à ce restaurateur français que tu as rencontré à Ubud il n’est que la partie détestable d’un échantillonnage d’expats qui pensent avoir tout compris à l’Asie du sud-est en gardant un esprit calculateur et imbu de leur supériorité d’Occidentaux. A fuir. Et ce n’est heureusement pas représentatif de la majorité.

    Je vis sur Lombok depuis juin 2012, et serais ravie de t’y rencontrer. 🙂

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    • Wow… Merci Marie-Ange pour ces deux messages qui me donnent envie de repartir sur le champs… Quel plaisir de te lire. Tiens-tu un blog ? J’aimerais vraiment aller jeter un oeil à tes écrits, je devine à travers tes commentaires une très belle plume et d’incroyables récits à découvrir. Encore un immense merci pour tes encouragements et tes suggestions. J’ai effectivement hâte de découvrir ces endroits plus confidentiels d’Indonésie. Tu ne fais que me confirmer cela. A très bientôt !

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  • bonjour tout dabord merci pour ce formidable recit et ces images magnifiques
    jaurai souhaité savoir quelle compagnie vous avez pris pour faire gili air nusa lembongan etait ce un trajet direct ou etes vous passez par sanur?
    merci davance

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  • Hello Anne,
    J’avais suivi ton blog et le lisait à chaque étape de ton voyage… lorsque j’étais derrière mon écran d’ordi au travail (euh pendant mes pauses déjeuner évidemment). Voilà 7 ou 8 mois que je voyage en Asie du Sud Est, avec mon chéri on a tout quitté et on avait pas trop prévu de parcours. Ce qui fait qu’on rentrera en France cet été pour mieux repartir, en Amérique du Sud.
    Bref, je viens de lire ton article plus étoffé que lors de ma première lecture et je suis tout à fait d’accord avec Marie Ange, nous avons adoré Lombok et sa tranquillité et ses plages du sud magnifiques ! Nous y étions en pleine saison des pluies et n’avons donc pas pu faire l’ascension du Mont Rinjani. Au total nous sommes restés 2 mois à Bali et Lombok… et Bali est aussi une île extraordinaire, le nord, le parc national, les 3 lacs et au sud sur le Bukit (coline en balinais) même si les constructeurs commencent à tout saccager, le temple d’Uluwatu a une vue imprenable sur l’océan et le bout du monde !!!
    Sur tout notre périple, nous avons eu des coups de cœur et le Laos et Lombok ont été nos chouchoux.

    As-tu l’intention de repartir ou bien restes-tu en France pour renflouer les caisses ???

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    • Un grand merci pour ton message ! Est-ce que je peux suivre moi aussi vos aventures, à ton chéri et à toi ?
      Pour ce qui est de Lombok, c’est sur ma to do list de voyages ! Quant à savoir si je suis en France et si je comptais repartir… Hum… Qui a dit que j’étais en France ? 🙂 🙂 J’envisage évidemment de continuer à voyager, peut-être pas tout de suite, mais j’ai de chouettes idées dans un coin de ma tête. Bonne continuation de voyage et à très bientôt !

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  • Bonjour,

    est ce que l’on peut marcher et se baigner pieds nus sur les plages de Bali, Gili , et Nusa?
    ou faut il investir dans ses affreuses chaussures en caoutchouc… lol
    Laquelle des îles Gili nous conseillez vous pour un voyage de noces?

    merci

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    • Bonjour Laetitia. Je ne suis pas allée sur toutes les plages de Bali, donc je ne pourrai répondre à cette question… Quoi qu’il en soit, je n’ai jamais mis de chaussures en caoutchouc depuis mes 5 ans, que ce soit en Europe ou à l’autre bout du monde. Quant aux îles Gili, comme vous pouvez le lire dans l’article, je ne suis allée qu’à Gili Air et j’ai beaucoup aimé. Je ne pourrai donc pas faire de comparaison avec Meno et Trawangan. Mais Gili Air est sans aucun doute superbe dans le cadre d’un voyage de noces. Bon voyage !

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  • Superbe article, merci beaucoup pour ton partage d’expérience.
    Tu as confirmé mon envie d’aller à Gilli… (je suis actuellement à Ubud). Mais laquelle des trois je ne sais toujours pas, chacun me conseille une différente

    Je te souhaite de refaire de beaux voyages !
    Tu pourras bientôt suivre mes aventures balinaises sur http://www.lavande-et-romarin.com

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    • Salut Lavande. Je ne saurais te conseiller objectivement n’ayant vu que Gili Air. J’irai faire un tour sur ton blog pour voir laquelle tu as finalement choisie ! 🙂 Bon trip !

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  • Gili air …on est loin du paradis …où alors les gens n ont pas voyagé ni vu autre chose . Les plages sont sales bien loin de ce qu on nous vend . Peut être qu en 3 ans cela a extrêmement changé mais reste fortement déçue. Les balinais sont pour la plupart désagréables et n en veulent qu à ton argent . Déception totale

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    • Salut Jessica. Peut-être, effectivement, que la propreté des plages de Gili Air s’est dégradée en 3 ans… Quand j’y étais, l’île était réellement un petit paradis ; plages agréables, gens adorables, et peu de monde. J’en garde un souvenir merveilleux, et pourtant après la Polynésie et l’Australie, le niveau était élevé en matière de « paradis ». Pour Bali, il est évident que certains locaux ne sont pas toujours ce que l’on imagine du balinais zen et spirituel, mais le tourisme en est la cause (donc nous avec). Certains coins de l’île sont réellement épargnés par cette ambiance qui peut effectivement surprendre et décevoir. Mon escale d’1 nuit à Kuta m’a suffit pour avoir envie de vite en partir ; mais toute l’île n’est pas à mettre dans le même panier. J’espère que tu gardes tout de même de bons souvenirs de ton voyage là-bas. À bientôt.

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