Etats-Unis : l’histoire d’un road trip en Floride

Etats-Unis : l’histoire d’un road trip en Floride

Cher Journal,

J’ai une idée ; si je ne te racontais pas que quelques heures avant de prendre mon vol Lima-Miami, je me suis rendue compte que je m’étais plantée dans la date lors de l’achat du billet d’avion ? Allez, je ne te raconte pas. Je te raconte juste que j’ai dû racheter ledit billet car nous prenions un vol low cost, pour lequel l’option « changement de vol » me coûtait plus cher que le rachat d’un billet…
Après un vol de nuit direction la Floride, Cousin G. et moi quittions définitivement le continent sud-américain avec, en tout cas pour ma part, beaucoup de tristesse et de nostalgie. Une étape de mon tour du monde se terminait. Dans un voyage « tour du monde », la nostalgie n’a pas vraiment sa place, ou bien elle est de courte durée. Car on sait que de nouvelles aventures nous attendent, il est difficile de contenir son excitation, même si la peine de quitter ce que l’on vient tout juste de découvrir est réelle. On vit alors assez régulièrement un espèce d’ascenseur émotionnel, pris entre différentes sensations. Mais je savais que quelque chose de spécial s’était passé entre l’Amérique du Sud et moi. Un besoin et une envie d’y retourner, et vite. Mais passons. Arrivés à l’aéroport de Miami, nous récupérons notre voiture de location. Elle est blanche et a une allure de petite sportive nerveuse. Nous sommes contents, il faut beau, chaud, et nous venons d’acquérir pour les 10 jours à venir un GPS dernière génération qui nous permet de téléphoner et d’avoir du Wifi. Après avoir connu les galères de Wifi un peu partout en Amérique du Sud, c’est une véritable renaissance. Il faudra bientôt aller chercher une autre personne venue de France pour partager un bout de voyage avec nous. Nous l’appellerons l’Amie A.

Il faut que tu saches, Journal, qu’à la base, la Floride n’était pas une destination qui me bottait particulièrement. Loin de moi l’envie de faire la difficile, mais disons que, connaissant assez mal les Etats-Unis, ce n’était pas forcément le coin que je souhaitais voir en priorité. Mais il faut savoir que les vols venant d’Amérique du Sud passent bien souvent par Miami. Ce fut notre cas ; Cousin G. et moi y avons donc vu là un signe pour nous y arrêter. Très rapidement, nous avons cerné où nous atterrissions et compris que nous allions vivre 10 jours à l’opposé total de ce que nous avions vécu durant 2 mois et demi en Amérique du Sud. Ici, du moins à Miami, c’est l’Amérique, c’est l’opulence, c’est la richesse, c’est la folie, c’est la démesure, c’est l’argent, c’est la nourriture, c’est l’argent (quoi, je l’ai déjà dit ?)… Étonnamment, nous l’avons réellement vécu comme un petit choc culturel. Il fallait se réadapter à la vie moderne, mettre chaussures de marche et veste coupe-vente au fond du sac et sortir notre plus belle paire de tongs, parce qu’en plus de ça, c’est le plein été ! Nous voilà, caressant avec nos petits pieds meurtris par les randos le sable blanc de Miami Beach, admirant les vagues et les femmes décomplexées aux maillots bien trop petits pour être décents, prenant enfin conscience que l’Amérique du Sud, ça y est, on l’avait fait. Après avoir récupéré l’Amie A. à l’aéroport, nous avons goûté à Miami et sa folie durant 3 jours. Finis les petits hostels sommaires, ici, les dortoirs sont modernes et épurés, on est face à la mer avec open bar sur le rooftop, ou les pieds dans la piscine sur fond de musique caribéenne ; on se promène entre chaînes de fast food à la mode, boutique de fringues (courtes, très courtes) et bars à terrasses immenses où les happy hours proposent des cocktails géants aux couleurs fluos les plus improbables – même quand ce n’est pas du tout l’heure de l’happy hour. Les voitures de courses vrombissent à quelques centimètres des poom poom shorts de ces filles aux dents blanches impeccables, ricanant comme des pintades. On a l’impression de vivre au beau milieu d’un tournage de série TV, mais non, les gens vivent vraiment « comme ça », ce que me confirmera Bertille, ma première française interviewée aux Etats-Unis. Elle ajoutera : « Je me demande vraiment comment ils font, ces gens, parce qu’il faut énormément d’argent pour vivre cette vie ». Quand Bertille parle de « cette vie », elle parle des boîtes de nuit select, des voitures de sport, des tenues extravagantes, des soirées VIP. Elle appelle ça « une vie à la Dexter« .

La route des Everglades, Floride (Etats-Unis)

La route des Everglades, Floride

Après avoir dépensé l’équivalent d’un budget de 2 semaines en Bolivie en 3 jours à Miami, nous prenons la route pour les Keys, à la découverte du « reste de la Floride ». Parce que figure-toi, Journal, que réduire la Floride à Miami et à la fête serait une erreur tout à fait gravissime. En réalité, c’est un peu « Miami » VS « le reste de la Floride ». Nous nous en rendrons rapidement compte en arrivant à Naples, 3ème étape de notre road trip, après plusieurs heures de route. Chercher un resto où dîner après 21h dans « le reste de la Floride », c’est un peu comme chercher des Galeries Lafayette et un Burger King à Rochefourchat, charmant petit village d’1 habitant, dans la Drôme. Très vite, nous comprendrons pourquoi la Floride est surnommé « la maison de retraite des Etats-Unis ». Nous nous retrouverons même à bruncher dans un restaurant – toujours à Naples – composé exclusivement de personnes de plus de 75 ans. Nous fûmes donc l’attraction de la matinée ce jour-là : « Regarde Henriette, ils se sont perdus ces jeunes français ! ». Bon, peut-être que ce n’était pas Henriette mais Cindy, mais ça, je ne m’y résoudrai jamais, Journal. Le reste de notre route fut composée d’hôtels 3* avec lits king size, piscine, bar extérieur (donc apéro, Journal, ça faisait longtemps), et plage à proximité. Plus aucune possibilité de trouver des hostels ou autres auberges de jeunesse. Quant à l’unique fois où nous décidâmes de visiter un « centre-ville », ce fut plutôt rapide, car totalement désertique et aseptisé. La Floride m’aura permis de sauter à pieds joints dans les plus beaux clichés américains, du mariage sur la plage face au coucher du soleil à Key West, aux burgers XXL avec triple bacon à dévorer au coin d’un bar à Sarasota, en passant par les longues avenues désertes aux lignes jaunes bordées de cocotiers à Naples.

Mariage sur la plage de Key West, Floride (Etats-Unis)

Mariage sur la plage de Key West, Floride

Burger double étage à Sarasota, Floride (Etats-Unis)

Burger double étage à Sarasota, Floride

Avenue déserte à Naples, Floride (Etats-Unis)

Avenue déserte à Naples, Floride

Nous n’avons rien visité d’extraordinaire en Floride, nous avons juste profité de ces paysages de carte postales qui, jusqu’à présent, n’existaient pour moi que dans ma télévision. Nous avons profité de la gentillesse des américains, gentillesse que je ne soupçonnais pas, bien trop occupée à critiquer une nation que je ne connaissais que trop mal. Mais j’ai très vite été forcée d’admettre qu’ils étaient – pour la plupart – vraiment charmants et très loin de cette idée absolument erronée que je m’en faisais. Je n’ai pas de bons plans ou d’anecdotes malheureuses et savoureuses à partager. Ce road trip se passera sans vague, même si nous louperons toutes les visites en airboat des Everglades et que nous assisterons à un changement de temps tout à faite incroyable sur la plage de Sarasota, nous faisant passer d’un splendide coucher du soleil sans nuage à une tornade démente en quelques minutes. Si l’arrivée à Miami fut un choc aussi culturel que thermique, après nos aventures en Amérique du Sud, nous apprendrons relativement rapidement à (ré)apprécier les bons côtés de la vie occidentale, notamment pour la facilité avec laquelle le touriste peut voyager par ses propres moyens. Quant aux mauvaises habitudes propres aux pays occidentaux, il ne nous aura pas fallu longtemps non plus pour les réadopter, à notre grand désarroi ; prendre la voiture pour tout et pour rien, cesser de compter notre argent, « après tout, tout est cher ! », rester centrés sur nous et notre petit groupe sans jamais vraiment nous intéresser aux gens qui nous entourent… A croire que seule la différence radicale nous permet de le faire.
Après 10 jours reposants, nous avons tenu à terminer notre séjour en Floride en beauté par 2 jours dans le Parc Universal Studio d’Orlando à faire les gosses, Cousin G. et moi, entre les montagnes russes d’Harry Potter et de Hulk.  Mais si l’aventure et les galères n’allaient pas me manquer, ceci était une toute autre question…

Coucher de soleil à Siesta Beach, Sarasota, Floride (Etats-Unis)

Coucher de soleil à Siesta Beach, Sarasota, Floride

Début de tempête sur Siesta Beach, Sarasota, Floride (Etats-Unis)

Début de tempête sur Siesta Beach, Sarasota, Floride

To be continued…

Toutes les photos des USA

Par Anne Sellès, le 29 juin 2013 (màj avril 2014)

10 Comments to "Etats-Unis : l’histoire d’un road trip en Floride"
  • Tu écris vraiment bien. C’est magnifique et ça donne envie d’y aller. Je suis d’origine américaine. Mais j’ai aucun souvenir de mon pays.

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  • C est agréable de lire tes articles. Un petit bout de voyage qu on imagine et qui nous transporte loin de la grisaille parisienne. J espère avoir le plaisir de lire d autres de tes aventures !

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  • Je viens de visiter votre blog suite à un article sur vous. Et oui la Floride est peuplée de personnes âgées, jai mis 1 an à m’habituer à ma nouvelle vie a Bradenton Beach qui est à 20 minutes de Sarasota. Comme vous le dites si bien Miami est a l’opposé du reste de la Floride. Mais après 5 ans de vie ici, la gentillesse des gens, la qualité de vie, la plage, le soleil, la chaleur … Je n’ai plus envie de revenir à ma vie Parisienne, celle qui me manquait tant a mon arrivée. On s’habitue de tout, du fait que les restos ferment à 9:00, que les rues soient désertes, qu’il n’y ai pas beaucoup d’animations. Et pour le dépaysement on passe quelque fois des weekends a Miami et Key West mais on est content après 2 ou 3 jours de retrouver notre petit paradis a Anna Maria Island. Merci pour ces lectures enrichissantes …

    Alexandra

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    • Merci Alexandra pour ce témoignage. Je suis également convaincue que l’on s’adapte à tout. Et si (le reste de) la Floride est si calme comme j’ai pu le décrire, je ne considère pas cela comme étant réellement un inconvénient. Personnellement, je me verrais davantage à Sarasota qu’à Miami. Mais ne connaissant pas du tout la région, je pensais bêtement – comme 80% de gens, je suppose – que toute la Floride vivait dans la démesure 🙂 J’ai surtout été étonnée et surprise. Mais ce calme après la tempête nous a en réalité fait le plus grand bien. Je viens par ailleurs de jeter un oeil à des photos de Anna Maria Island, ça a effectivement l’air paradisiaque ! Depuis combien de temps y vivez-vous ?
      Encore merci pour votre message. A bientôt !

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  • Merci pour le récit de tes aventures floridiennes 🙂 Ça m’aidera pour mon prochain voyage en Floride

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  • Bonjour Anne,
    Nous y sommes depuis le 13 avril 2010, presque 5 ans dont 4 à m’y plaire vraiment. Mais Apres les 6 premiers mois ici j’étais prete a refaire mes valises et re remplir un container pour revenir sur Paris. Il a fallu trouver ses marques, vivre autrement, s’habituer a n’avoir que la saison du printemps et de l’été, essayer de se contrôler lorsque l’on est face à un alligator, serpent, insectes en tout genre … Mais je vous assure que nous continuons de manger bien francais a la maison. Aujourd’hui je peux dire que nous sommes bien intégrés, et que nous désirons rester vivre ici.

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    • Bonjour Alexandra ! Je comprends vraiment. C’est étonnant (et plaisant) de constater à quel point l’humain peut s’adapter à tout. Pour ce qui est de la nourriture française, pas de doute, nous sommes bien d’accord là-dessus : difficile de s’en séparer ! Bonne continuation dans votre petit coin de paradis, et à bientôt j’espère.

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