États-Unis : road trip dans le sud-ouest américain

Cher Journal,

Les Etats-Unis d’Amérique, y’a pas de doute, c’est vraiment un sacré grand pays. Une fois ce périple de 3622 km terminé, j’ai eu l’impression d’avoir parcouru un continent entier, tant j’avais roulé et traversé les états. Car oui, Journal, j’ai parcouru le Nouveau-Mexique, l’Arizona, le Nevada et la Californie, en passant par des ambiances très tacos & burritos, puis montagnes rouges & cactus pointus, et enfin yachts, mini-shorts et pimbêches décolorées. En revanche, si tu as le malheur de regarder sur une carte, tu prendras conscience qu’en réalité, ce n’était qu’une infime partie du pays. Devant cette piètre performance, je devais me rendre à l’évidence : je n’ai encore rien vu de The United States Of America.

Top départ from New Mexico avec Cousin G., toujours en copilote

Cousin G., Ma Tante et moi, nous sommes rendus en avion à Albuquerque, charmante bourgade de 900 000 habitants au beau milieu d’un état tout bonnement désertique. Pourquoi Albuquerque, me demanderais-tu si tu savais parler, Journal… ? Et bien parce que nous y avons de la famille. Ma grand-tante Julienne, plus communément appelée Juju, s’y est installée il n’y a pas moins de 53 ans pour suivre son amoureux américain, devenu son mari, avec qui elle aura deux filles, qui auront elles-mêmes des enfants, qui auront eux-mêmes des enfants… Aujourd’hui, nous avons donc une flopée de cousins américains, qui ne parlent pas français et ne sont jamais venus en France pour 96% d’entre eux. Mais ils sont bien heureux de nous recevoir et de nous faire vivre un peu de leur vie « à l’américaine » quand on débarque chez eux ; burritos au petit déj’ (oui, nous sommes au Nouveau-Mexique, ici…), match de baseball en famille, shopping dans les innombrables Mall des alentours, et restos gargantuesques, tel fut notre programme retrouvailles durant ces quelques jours.

Match de baseball à Albuquerque, Nouveau-Mexique (États-Unis)Match de baseball à Albuquerque, Nouveau-Mexique (États-Unis)

Puis, nous avons pris la route en direction de Las Vegas, où nous devions retrouver une bonne partie de la famille américaine d’Albuquerque, ainsi que ceux exilés en Californie, pour un week-end familial à mi-chemin entre les deux états. Normalement, Mon Père aurait dû nous rejoindre chez sa tante à Albuquerque, mais à cause d’une terrible obligation professionnelle, il n’a pu arriver qu’une fois que nous étions à Las Vegas. Non j’déconne Journal, il s’est juste pointé à l’aéroport de Paris avec son formulaire ESTA, alors qu’il avait en réalité besoin d’un visa, compte tenu de la date d’émission de son passeport. Il a donc dû faire une demande de visa en urgence, mais autant te dire que toute cette bonne vieille mascarade a duré des plombes, les amerloc’ ne rigolant pas du tout du tout avec les visas. Le petit périple qu’il avait prévu avec nous en voiture, nous l’avons évidemment réalisé, à la lettre, mais sans lui ! Au programme, le Parc National de la Petrified Forest (la forêt pétrifiée) avec ses paysages lunaires et ses montagnes rocheuses d’un rouge impeccable, petite pause à Flagstaff pour un dîner sympathique avec l’un de nos cousins dans un charmant petit restaurant du centre-ville, petit arrêt ensuite à Seligman pour admirer les reliques et autres vieilleries incroyables de la Route 66.

Dans cette partie de l’Arizona, on atterrit au beau milieu d’une histoire d’Indiens et de Cow-boys, on voit des voitures d’un autre temps, des messieurs en santiags, on achète des Minnetonka faites par des Indiennes avec amour, bref on se prend une petite claque dépaysante que l’on n’avait pas soupçonnée en arrivant dans ces contrées-là. Après plusieurs heures à rouler, nous arrivons à Las Vegas, tandis que mes passagers ronflent allègrement, épuisés par une autoroute parfaitement droite et soporifique.

Las Vegas… La fameuse Las Vegas avec toute la démesure américaine qui la caractérise. Que dire sur cette ville tout à fait déjantée ? J’ai joué 50 dollars et tout perdu en huit minutes, me suis égarée dix fois dans les couloirs de mon hôtel de 30 étages, eu l’impression de boire un mojito à Paris et de manger une glace à Venise, et surtout, je n’ai jamais vu autant de dames en robe de mariée au kilomètre carré. À Las Vegas, j’ai aussi rencontré Benjamin, un Français initialement arrivé aux États-Unis pour ses études et qui n’en est jamais reparti. Il me confie qu’outre la folie que l’on rencontre aux abords du Strip (cette immense avenue où se concentre toute la dinguerie de Las Vegas), on vit dans cette ville tout à fait normalement. Étrangement, j’ai beaucoup de mal à le croire, même s’il faut avouer que je ne me suis pas aventurée à aller voir ce qu’il en est, ailleurs, loin de toute cette agitation qui finit par ailleurs par réellement faire mal à la tête. Heureuse de l’avoir vu une fois dans ma vie, je suis à peu près sûre de ne pas avoir envie de retourner à Las Vegas. Les jeux d’argent, ce n’est définitivement pas mon truc, non pas pour une raison super-morale (« le jeu, c’est mal »), mais tout simplement parce que les cartes, les jetons, les mises et tous ces trucs, je n’y comprends rien. Il y a bien les machines à sous tu me diras, Journal, mais après 20 minutes à côté de ses bruits et clignotements diaboliques, j’avais envie de me défenestrer. Un peu comme lorsque tu passes trop de temps dans la même pièce qu’un bébé jouant à un truc électronique lui apprenant des musiques horripilantes et des bruits d’animaux. Et puis, il faut le préciser, aux jeux d’argent, je ne gagne absolument jamais. Je préférais aller me promener dehors pendant que mes congénères dépensaient leurs $, mais on change vite d’avis sous les 43°C juilletistes et ce petit courant d’air inexistant auquel on rêve, pourtant. Restent alors les piscines des hôtels, outrageusement surpeuplées, et autres galeries marchandes et boutiques de luxe dont la moindre chose coûte l’équivalent d’un salaire péruvien.

Durant ces quelques jours à Las Vegas, Mon Père est arrivé, avec sa veste d’aventurier qu’il porte toujours lorsqu’il prend l’avion. Mais entre temps, le voilà déjà reparti pour un autre coin des États-Unis, réellement pour une question de boulot cette fois-ci. Je pars donc visiter seule le Grand Canyon et passe une nuit à Williams, dans un motel de bord de route, comme dans les films américains. Le monsieur de l’accueil me donne une vingtaine de papiers, documents informatifs et autres plans sur le Parc du Grand Canyon. Il me conseille les randonnées à faire, et me communique toutes les précautions à prendre : « Alors attention, il va faire très chaud, prenez un chapeau, de la crème solaire et 2L d’eau. » Je n’ai pas le temps d’en placer une qu’il me donne un livre : « Lisez ça aussi, vous verrez, c’est hyper intéressant », puis tout en regardant mes pieds il ajoute d’un air affolé : « J’espère que vous ne comptez pas marcher dans le Canyon avec des Converse ? », j’ai à peine le temps de dire euh, interjection signifiant que je m’apprête à formuler une réponse dans une langue qui n’est pas la mienne, qu’il continue : « Mais avez-vous des chaussures de marche ? ». J’ai pensé qu’il avait peut-être fait tout ça car il avait une paire de chaussures de marche à me vendre. En réalité, il était juste gentil et s’inquiétait de la santé de mes chevilles. J’étais ravie de constater que ma silhouette de rêve pouvait laisser penser que j’étais une fille sportive.

Évidemment, au Grand Canyon, moi, j’ai juste marché sur le petit chemin goudronné pour avoir le point de vue « d’en haut », le connu, celui que tout le monde a en photo, en fait. Mais pour ma défense, je n’avais de toute façon pas le temps de partir en randonnée, car je devais retourner à l’aéroport de Las Vegas pour y récupérer Mon Père, de retour de son rendez-vous professionnel à l’autre bout des États-Unis. Et de là, nous devions nous remettre directement en route pour Newport Beach, en Californie.

Grand Canyon, Arizona (États-Unis)Grand Canyon, Arizona (États-Unis)

Au revoir Cousin G., la verdad, tu vas me manquer

Quelques jours auparavant, j’ai dit au revoir à mon Cousin G. C’était prévu comme ça, il devait ne rester que trois mois avec moi. Je l’ai vu s’éloigner avec Ma Tante et d’autres membres de sa famille, venus nous rejoindre entre temps. Moi, je suis montée dans ma belle voiture de location, j’ai attendu qu’ils ne me voient plus, et je me suis mise à pleurer. Je le connais depuis longtemps, le Cousin G., environ depuis qu’il est né. Mais évidemment, ce voyage avait tout changé. Comme je suis une vraie fille, c’est-à-dire chiante, je n’ai pas dérogé à la règle pendant le voyage et ai souvent été sans doute assez pénible. Je n’ai aucun exemple concret à te donner Journal, je crois que mon cerveau a oublié tous ces instants où j’ai pu dire des choses tout à fait incohérentes juste par mauvaise foi, où lorsque je me levais du pied gauche, bien décidée à bouder jusqu’à ce qu’un élément égaye enfin ma journée (c’était souvent une glace, ou une bière, enfin ça se buvait ou se mangeait en général…).

Bref, je m’étais habituée au Cousin G., à son immense optimisme, à sa manière d’essayer de parler espagnol, à ses grandes mains qui m’aidaient à essorer mes chaussettes après nos habituelles lessives dans le lavabo, à le voir lire des bouquins incompréhensibles sur le cosmos durant nos longs trajets en bus, à le laisser finir mes plats dans les restos, et à réussir à lui refourguer la couchette du haut dans les dortoirs de nos hostels. Je m’étais habituée à lui, à ses grandes qualités et à ses petits défauts. Je réalisais que le voyage devait désormais continuer. Mais sans lui.

Cousin G. et moiCousin G. et moi

Subitement, alors que je roulais seule sur ces longues routes américaines toutes droites en pleine nature, je réalisais que je n’avais pas envie que le voyage continue sans lui. Je t’avoue Journal que je n’ai pas vraiment arrêté de chouiner avant de me garer sur le parking du Parc du Grand Canyon. Une nouvelle page se tournait.

Bonjour, Californie…

Après un long trajet depuis Las Vegas, nous arrivons, Mon Père et moi, à Newport Beach. Oui, comme la série. Un cousin américain de Mon Père nous a invité à venir passer deux jours sur son bateau. Il est absolument immense (le bateau, pas le cousin). Nous sommes reçus comme des rois et profitons de ce petit séjour sur cette incroyable et luxueuse maison flottante. Je dois dire que je ressentais une espèce de fierté à chaque fois que l’on grimpait à bord, comme si les gens me regardaient en pensant que j’étais une riche héritière ; « Non non, les gars, j’ai un backpack tout crotté à l’intérieur du bateau ». Nous avons passé une journée en mer avec d’autres membres de la famille et certains de leurs amis, j’ai par ailleurs découvert que j’avais le mal de mer et qu’il fallait que j’arrête de me voiler la face. Depuis que je suis petite, je m’entête à trouver des excuses dès que je me sens mal en bateau ; « Non mais ce jour-là, il y avait vraiment trop de vagues » ou encore « Je suis ballonnée, j’ai mangé un truc bizarre donc ça vient sans doute de là ». Non. J’ai le mal de mer. Tout comme je suis malade en voiture. Et tout comme j’ai peur de l’avion. Et en plus de cette petite peur en avion, je fixe en général le sachet pour vomir durant les phases de décollage ou d’atterrissage. Comme ça, juste au cas où. Oui Journal, je ne suis pas hyper copine avec les transports de manière générale.

Les deux jours sur le bateau du cousin de Mon Père furent mémorables. Sans doute parce que c’était la première et vraisemblablement la dernière fois que je séjournerais (genre sans payer, tu m’as comprise, Journal ?) sur un bateau de 28 mètres.

Nous continuons notre route jusqu’à Los Angeles, ville absolument beaucoup trop immense pour moi. La moindre rue est un boulevard de 35 km, les bouchons à l’entrée et à la sortie de la ville sont juste abjectes, s’insérer sur les autoroutes à huit voies de sa périphérie relève du défi Koh Lanta, et sans voiture, tu es un touriste mort et déshydraté. Mais en réalité, ce n’est pas tant le fait qu’elle soit si grande qui me perturbe le plus, c’est davantage qu’elle n’est pas piétonne pour un sou. Et même si avec la chaleur extérieure, on est parfois bien contents de rester le derrière au frais dans la voiture face à la clim, j’ai l’impression de ne rien voir de la ville, bien trop habituée à normalement tout visiter à pied.

Los Angeles, Californie (États-Unis)Los Angeles, Californie (États-Unis)

Nous nous garerons tout de même près d’Hollywood Boulevard afin de marcher sur ces fameuses étoiles, comme environ 3000 autres personnes ayant étonnamment eu la même idée que nous au même moment. Il y a donc beaucoup de monde, et un nombre incroyable de magasins de souvenirs inutiles. Les gens avancent au ralenti, assaillis par la chaleur de juillet. Nous piétinons, nous agaçons et décidons d’aller rendre visite à un autre cousin de Mon Père, qu’il n’a pas vu depuis très, très longtemps. À l’entrée de sa maison, située dans un typique quartier de série américaine à la Wisteria Lane, ils se retrouvent et s’embrassent comme lorsqu’ils avaient 18 ans. Je n’étais pas là pour voir ça quand ils avaient 18 ans, mais j’imagine que c’était comme ça. Nous décidons d’aller nous promener à Santa Monica, histoire de nous abreuver de quelques clichés californiens, comme ces grosses voitures de police avec leur planche de surf sur le toit. Les plages sont immenses, les postes de secours sont comme posés là, à distance régulière les uns des autres, des groupes de jeunes se promènent, les filles rient à gorge déployée en touchant le torse des garçons. Nous croisons quelques jeunes hommes au sourire parfaitement rectiligne et à la blancheur aveuglante, et des filles en maillot échancré ressemblant à des poupées Barbie. Niveau clichés, nous sommes parfaits.

Avant de quitter Los Angeles, je rencontre Michèle, une Française qui a gagné sa carte verte, le fameux sésame pour pouvoir vivre aux États-Unis, à la loterie organisée par le gouvernement américain. Son histoire est assez hallucinante, car elle a tout plaqué du jour au lendemain pour venir s’installer ici, à 50 ans, seule avec sa fille de 13 ans.

Nous irons aussi faire un petit tour dans Beverly Hills, afin de voir les énormes maisons de gens bien trop riches qu’en réalité, nous ne verrons pas du tout, les murs de leurs clôtures étant bien trop hauts. Mais nous trouverons un point de vue idéal pour photographier les immenses lettres HOLLYWOOD, qui ne sont en fait que des lettres posées sur une montagne. Pour ma part, ce vieux mythe date de l’époque où je regardais Beverly Hills sur TF1 en rentrant de l’école et en mangeant des Prince au chocolat.

Nous prenons l’autoroute jusqu’à San Francisco et arrivons de nuit par le Bay Bridge illuminé. Étant au volant, je demande à Mon Père de filmer l’arrivée avec ma GoPro, en passant la main par la fenêtre et en la calant sur le rétroviseur. Il prend son rôle d’assistant très au sérieux. La vue est magnifique, j’imagine déjà l’image au montage, en accéléré, pour ma vidéo sur les États-Unis. C’était sans compter son gros doigt devant l’objectif. Je crois que mon assistant a encore quelques progrès à faire.

Dès mes premiers pas dans la ville, San Francisco s’imposera sans aucun doute possible comme étant ma ville coup de coeur aux États-Unis. Déjà, elle peut se visiter à pied. Un peu de bus ou de cable car à la rigueur, mais nous avons enfin pu laisser la voiture au parking pendant trois jours. Nous avons arpenté les rues en pentes de la ville, découvert ses quartiers, ses parcs, ses vues incroyables. Nous avons déjeuné avec ma cousine Charlotte, l’une des dernières interviews de ma vidéo aux États-Unis, amoureuse inconditionnelle de San Francisco depuis 20 ans maintenant. Dans cette interview, elle dit d’ailleurs quelque chose qui m’a beaucoup marquée : « C’est une ville où l’on a la place d’être qui l’on veut comme on veut ». Ça m’a marqué parce que c’est précisément ce que j’ai ressenti en y débarquant.

Alamo Square, à San Francisco, Californie (États-Unis)Alamo Square, à San Francisco, Californie (États-Unis)

Pour de vilaines raisons météorologiques, nous n’avons pas pu voir le Golden Gate autrement qu’au milieu des nuages. Nous avons d’ailleurs plutôt eu frais à San Francisco au mois de juillet, malgré quelques belles apparitions du soleil qui nous ont offert le bonheur d’enlever pull et veste, le temps de quelques minutes. Nous ne visiterons pas Alcatraz car il aurait fallu s’y prendre à l’avance pour les billets. Mais je crois que ce n’est pas plus mal, visiter une prison, aussi tristement célèbre soit-elle, ne m’emballe pas des masses. Nous louperons donc Alcatraz et la traversée du Golden Gate sous le soleil, souvent considérés comme « les choses à ne pas louper à SF », mais nous descendrons Lombard Street au milieu des fleurs, nous admirerons les Painted Ladies et la vue démentielle sur la ville, nous mangerons des cookies dans le quartier gay de Castro, nous apercevrons quelques lions de mer – visiblement fatigués des touristes – à Fisherman, nous mangerons un burger géant au Lori’s Diner, nous boirons une bière sur l’herbe du Dolores Park, et nous nous arrêterons devant la Maison Bleue de la chanson de Maxime Leforestier. Et tout ça, ça valait bien le Golden Gate sous les nuages.

Avant de quitter la Californie et les États-Unis d’Amérique, nous avons fait une ultime pause à Carmel, aussi appelée Carmel-by-the-Sea, mais je trouve cet autre nom ridicule. Nous nous y sommes arrêtés pour une petite pause loin de la folie des grandes villes, loin des bouchons, du trafic, et histoire de ne pas penser que la Californie, c’est juste Los Angeles et San Francisco.

Le petit centre-ville est assez étonnant, c’est en réalité une allée bordée de magasins chics dans lesquels on ose à peine entrer. De chaque côté, de petites ruelles avec parfois des restaurants, parfois rien. Les maisons ressemblent à des maisons normandes, bien que je ne sois jamais allée en Normandie. Et au bout, l’océan et la plage. Tout est propre, presque aseptisé. On se croirait dans un centre-ville de jeu vidéo, il n’y a rien de naturel là-dedans, pas même une crotte de chien qui traîne. Nous avons croisé des personnes âgées marcher en amoureux face à la mer et des jeunes couples faisant leur jogging, mais où sont les ados qui tiennent les murs en refaisant le monde ? Où sont les scooters mal garés sur les trottoirs ? Malgré ce manque de « vie » flagrant, la ville est belle, les petites maisons qui bordent l’océan et les arbres immenses qui leur font de l’ombre donnent envie de s’y réfugier au coin du feu. Un brouillard, épais et omniprésent depuis notre arrivée, est venu casser l’ambiance estivale de Carmel, donnant ainsi une allure presque inquiétante de film d’angoisse à la ville. Mon Père m’apprend que Clint Eastwood en a été maire dans les années ’80. Je m’intéresse à cela de plus près, et découvre en fouillant sur Internet que la ville est « assez récente », fondée en 1902 par des artistes tombés en quelque sorte amoureux des lieux. Nombreux sont les écrivains ou les photographes qui se sont installés à Carmel ou qui y sont juste passés depuis cette date-là, en faisant un lieu de pèlerinage pas désagréable. Et plutôt reposant.

Good bye America, la fin d’une étape

Voilà. J’ai vraiment adoré San Francisco. J’ai d’ailleurs profondément aimé les Etats-Unis de manière générale, malgré mes stupides réticences initiales. Je suis désolée Journal, j’avais sans doute beaucoup moins d’anecdotes croustillantes à te raconter, comparé à mes aventures en Amérique du Sud. Voyager aux Etats-Unis est chose aisée, tout nous est facilité. Louer une voiture et la rendre prend seulement quelques minutes, on a bien moins de vilaines surprises en débarquant dans les hôtels, les transports en commun partent à l’heure, et même si les différences culturelles sont réelles, on retrouve la plupart des codes que l’on a en France, le fossé s’est considérablement rétréci. On retrouve un confort certain, au sens propre comme au figuré. Évidemment, une part de moi te dira que c’est agréable. Une autre part te dira que le chaos sud-américain me manque, que le bordel et le jemenfoutisme qui fait que « rien n’est jamais grave » n’était en réalité pas si mal. En fait, être mise à l’épreuve en permanence, que ce soit au niveau des codes sociaux, de la langue, des mentalités, de la culture, ça me faisait du bien. Ca m’évitait de m’empâter. Aux États-Unis, reçus comme des rois, l’empâtement n’est plus très loin. Je le sens. Et ça ne me plaît pas.

Journal, demain je dis au revoir à Mon Père et commence alors l’aventure « vraiment toute seule ». Prochaine étape, la Polynésie française, mon rêve de petite fille.
Good bye America, après ces 105 jours chez toi, crois-moi, tu me manqueras.

To be continued…

Toutes les photos des USA

Par Anne Sellès, le 23 juillet 2013 (mise à jour 25 janvier 2018)

3 commentaires

  1. Wow, quel périple. Nous avons fait le tour des Etats-Unis en camping car en 2012 et 2013, c’était génial !

  2. Marie 2 années ago Répondre

    Bonjour,
    Je ne sais pas si tu lis encore les commentaires laissés sur ton blog qui est, soit dit en passant, inspirant.
    J’envisage de faire un Road trip (banal me diras tu) dans l’Ouest des Etats Unis en partant de Los Angeles puis rentrer dans les terres pour remonter sur San Francisco. Ou inversement.
    As tu des conseils à me donner?

    Dans l’attente de te lire,

    Marie.

    • Anne 2 années ago Répondre

      Salut Marie ! Merci pour ton message. Je ne crois pas qu’il y ait un voyage qui soit banal. 🙂 J’ai fait la route entre Los Angeles et San Francisco, mais on était passés par l’autoroute par manque de temps, avec juste une escale à Carmel. Malheureusement, je ne pourrai pas t’en dire davantage que ce que je raconte déjà dans cet article, surtout que les souvenirs commencent – malheureusement – à être de plus en plus flous avec le temps. Je te souhaite un super beau voyage !

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