Cambodge : itinéraire imparfait d’un voyage achevé

Cambodge : itinéraire imparfait d’un voyage achevé

Cher Journal,

Après un énième séjour à Bangkok, j’ai retrouvé La Copine J. à l’aéroport pour nous envoler vers de nouveaux horizons : le Cambodge. Alors évidemment, pour une raison que nous ignorons toutes les deux, nous avons décidé d’y aller en avion alors que ça aurait été bien plus simple de prendre un bus . Je n’explique pas ce qu’il s’est passé dans nos petites têtes. Avec un bus, nous aurions pu arriver ailleurs qu’à Phnom Penh (à Siem Reap, par exemple), et ainsi ne pas perdre 24h comme nous l’avons fait.

Siem Reap et ses touristes VS Angkor et ses merveilles

A notre arrivée à l’aéroport de Phnom Penh, nous cherchons un moyen de nous rendre dans le centre de la ville où nous avions pris soin de réserver un hôtel pour notre première nuit afin d’être tranquilles. Les taxis nous sautent dessus en nous proposant des prix en dollars américains. J’avais effectivement rapidement lu qu’au Cambodge, tout se payait en dollars et que la monnaie locale ne servait que sur les marchés. Les prix nous paraissent exagérés, nous sortons alors de l’enceinte de l’aéroport où sont garés des tuk-tuks. Nous en choisissons un, le mauvais visiblement car le chauffeur pue l’alcool. Mais il semble très heureux de nous emmener quelque part. Moyennement à l’aise dans cette chariote conduite par quelqu’un d’a priori un peu soûl, nous le devenons encore moins lorsque survint un accident sur la voie rapide où nous roulons. Le motard a été éjecté et a glissé sur le bitume sur plusieurs mètres. La Copine J. qui arrive de France fait les gros yeux et me dit quelque chose qui s’apparente à un : « Oh putain » – pardon pour la vulgarité Journal, tu règleras ça à avec La Copine J.. Moi, je ne dis rien mais préfère fermer les yeux, même si ça n’a jamais sauvé personne. Nous arrivons entières et heureuses de l’être, et prenons nos quartiers dans notre petit hôtel pour la nuit. L’accueil est sympa, mais lorsque nous demandons des renseignements sur les bus partant le lendemain à Kratie, notre interlocuteur sourit et dit « oui oui ». Il ne comprend rien, nous décidons alors de nous rendre directement dans les bureaux des compagnies de bus qui ne se trouvent pas très loin à pied. Après en avoir fait plusieurs, et après plusieurs tentatives d’arnaques, nous changeons nos plans et décidons d’aller à Siem Reap. Dans quelques jours j’ai rendez-vous avec des Français là-bas pour une interview, aller jusqu’à Kratie puis revenir nous aurait fait perdre trop de temps. La compagnie pour laquelle nous optons nous propose le trajet à USD $8, je trouve ça cher, mais il n’y a visiblement aucun moyen de négocier. Il nous signale qu’un tuk tuk viendra nous chercher le lendemain matin à notre hôtel pour nous amener ici, au départ du bus. On lui dit que l’on s’en fiche, que notre hôtel est à 5 minutes à pied et que l’on préfèrerait une remise sur le trajet plutôt qu’un tuk tuk. Mais lui aussi s’en fiche, on n’aura pas de remise mais un tuk tuk, même pour 2 minutes. Dans le bus, nous sommes les seules « blanches ». Les places assises sont à l’étage. En bas, il n’y a que le chauffeur et la soute à bagages. Nous nous installons donc en haut, aux deux places de devant. Mais entre nous et le pare-brise, il y a comme une grande plateforme où peuvent s’asseoir des gens sur des assises de sièges de voiture sans dossier, empilés dans un coin. Cela laisse présager un trajet folklorique. C’était évidemment sans compter l’état de la route, pleine de bosses et de trous, et ses innombrables stops, même au milieu des routes perdues, pour laisser monter ou descendre des gens. Nous avons déjà plus d’1h de retard, c’est pas gagné. Une vieille dame monte dans le bus et s’installe sur la fameuse plateforme. Elle sera rapidement rejointe par de nombreuses autres personnes. Cette vieille dame ne veut pas notre place, à croire qu’on l’a presque vexée en la lui proposant – ou en tentant avec des gestes de la lui proposer. En revanche, elle nous tend à chacune une espèce de chose enroulée dans des feuilles de bananes. Ca ressemble à du riz, très compact. Ce n’est pas bon mais a priori, on ne devrait plus avoir faim pour les prochaines 48h. Pour lui rendre la pareille, on lui propose des biscuits, qu’elle accepte goulûment.

Vieille dame dans le bus pour Siem Reap (Cambodge)

Vieille dame dans le bus pour Siem Reap

Après 9h de trajet au lieu de 7, nous arrivons à Siem Reap où nous sommes accueillies par un chauffeur de tuk tuk plutôt gentil. J’ai la joie de récupérer mon sac, sortant tout juste de la soute du bus, avec une odeur pestilentielle. Il semblerait qu’il ait macéré pendant 9h dans du jus de poisson mort. Lovely. Notre tuk tuk nous dépose devant un hôtel et nous demande si cela nous convient. Après inspection des prix, nous acceptons. Il nous annonce ensuite qu’il aimerait être notre tuk tuk pour toute la durée de notre séjour à Siem Reap ; il insiste alors pour savoir ce que l’on fait le lendemain, mais on n’en a pas la moindre idée, on ne pense qu’à prendre une douche et pour ma part, doucher également mon sac qui sent la mort. Il commence à se montrer de moins en moins souriant et nous parle des villages flottants qui ne sont pas très loin. Comme pour se débarrasser de lui, on accepte sans trop savoir de quoi il s’agit, et on se libère enfin. Rapidement, on découvre le petit centre touristique de Siem Reap, le constat est sans appel, on se croirait au Cap d’Agde en haute saison. L’angoisse que m’inspire cette ville répond à une logique implacable ; tous les touristes sont obligés de passer par Siem Reap pour se rendre aux Temples d’Angkor. On déambule dans les rues pleines de restos européens et de bars branchés, de tuk tuks garés par paquet de 40 sur les mêmes trottoirs, de Spas, de salons de massages, de boutiques de souvenirs, de magasins de fringues. Ca clignote, il y a de la musique. C’est ça le Cambodge ? Dans les restaurants, tous les plats sont à USD $5 minimum. On sait que c’est hors de prix pour ce que c’est. On commence rapidement à étouffer dans ces ruelles, on n’est finalement pas si mécontentes d’avoir prévu d’aller aux villages flottants le lendemain, afin de sortir de ce Disneyland du touriste.

Pub Street, l'une des rues animées de Siem Reap (Cambodge)

Pub Street, l’une des rues animées de Siem Reap

Marché central de Siem Reap (Cambodge)

Marché central de Siem Reap

Bière khmer à Siem Reap (Cambodge)

Bière khmer à Siem Reap

Lorsque nous retrouvons Rony, notre chauffeur, il tire la gueule. La route est longue mais chouette, nous longeons de vrais petits villages cambodgiens qui contrastent considérablement avec le Cap d’Agde quelques kilomètres en arrière. A l’embarcadère, on nous réclame USD $25 pour 1h30 de bateau. On pousse un petit cri, c’est totalement indécent, mais nous n’avons pas fait 40 minutes de tuk tuk pour rebrousser chemin. On imagine alors qu’à ce prix-là, ce sera exceptionnel. Mais comme tu t’en doutes certainement Journal, c’était une vaste mascarade. Après 10 minutes de traversée au milieu de maisons flottantes où des gens vivent « réellement » – et c’était impressionnant, on te l’accorde – nous arrivons sur une plateforme flottante que l’on nous avait vendue comme étant une, je cite, « ferme de crocodiles ». En réalité, il y a 5 petits alligators, minuscules, entassés dans un trou si petit qu’ils ne peuvent pas bouger. Et autour d’eux, des déchets. Notre guide nous propose de continuer vers le reste du village, mais nous annonce qu’il faudra alors payer USD $7 supplémentaires. Il précise que cela nous permettra de voir l’école et le marché, et qu’il est de bon ton de faire un don car les enfants sont (soi-disant) orphelins. On n’a pas vraiment besoin de se concerter pour refuser, ce qui ne plaît pas à notre guide qui se met alors aussitôt à changer de ton avec nous. Nous faisons demi-tour, naviguons un peu et rentrons, après à peine 1h sur l’eau. A l’arrivée, il nous invite à donner un pourboire au conducteur du bateau et au petit garçon qui a aidé, paraît-il qu’USD 1$ est le minimum. Je suis écoeurée et ne me gêne pas pour dire à notre Rony national que l’on n’apprécie pas vraiment de se faire couillonner comme ça. Il nous répond évidemment que tout ça n’est pas de sa faute, qu’il ne connaît pas les prix, qu’il nous a emmené là pour nous faire plaisir. Mais même en essayant de lui expliquer que nous ne sommes pas nées de la dernière pluie et que le système des commissions, ils ne sont pas les seuls à les pratiquer au Cambodge, rien n’y fait.

Villages flottants à côté de Siem Reap (Cambodge)

Villages flottants à côté de Siem Reap

Nous partons avant de nous mettre à crier, et trouvons un endroit calme et local pour manger loin de la folie du Cap d’Agde. Je découvre l’un des plats typiques khmers, le lok lak, pour lequel nous payons enfin des prix raisonnables. Plus tard, nous rencontrons un chauffeur de tuk tuk qui sait mieux s’y prendre que ses semblables. Il est avenant, drôle, a de la répartie, nous nous arrêtons donc pour discuter avec lui. Nous découvrons rapidement que Rony n’est pas sérieux et pas honnête. Lui, nous propose de visiter les Temples d’Angkor le jour suivant pour USD $15, contre les USD $20 proposés par Rony. On accepte aussitôt, il nous laisse sa carte, et à notre retour à l’hôtel le soir, Rony nous demande à quelle heure nous partons pour les temples le lendemain. Nous lui disons la vérité, que nous avons trouvé quelqu’un de moins cher que lui. Et accessoirement de plus aimable. Il entre alors dans une vraie colère, criant que ça ne se fait pas, qu’on aurait dû venir le voir pour discuter du prix, mais qu’on s’était engagées avec lui – chose complètement fausse au passage – que cet autre tuk tuk lui a volé son travail, qu’ici c’est très grave, que lui a une famille à nourrir, etc etc etc. Après 15 minutes de discussions houleuses, et comme on ne sait absolument pas quoi faire car il répète tout en boucle et reste planté là, on lui donne la carte de l’autre, qu’il appelle et à qui il parle en khmer pour annuler. Le tuk tuk souhaite nous parler et nous dit qu’il comprend et que ce n’est pas grave. Je ne sais pas par quel malheur nous sommes tombées sur Rony, et je ne sais pas non plus pourquoi nous sommes si stupides, si Mère Teresa, touchées par ses salades de : « J’ai une famille à nourrir ». Nous nous entendons sur USD $15 pour le lendemain et lui demandons de bien vouloir essayer d’être un peu plus aimable parce que je t’assure Journal qu’il est vraiment odieux. Il nous répond qu’il ne sourit pas car il est fatigué, mais qu’il va essayer de faire un effort. La bonne nouvelle. Le lendemain à 5h du matin, pas de Rony à l’horizon. Il ne s’était pas réveillé. Nous partons en retard mais arrivons avant le lever du soleil. A l’entrée du parc des Temples d’Angkor, il y a une queue de tuk tuks assez impressionnante, laissant présager la foule sur place. Mais qu’importe. Que dire sur les Temples d’Angkor ? En bref, ils sont merveilleux. Je vais donc m’abstenir de les noyer au milieu d’épithètes pompeux, aussi mérités soient-ils, car leur réputation n’est plus à faire. C’est pourtant tentant de te dire, Journal, à quel point ce lieu respire la sérénité. On pique-niquerait bien au milieu des vieilles pierres.

Le calme de la nature dans le parc des Temples d'Angkor (Cambodge)

Le calme de la nature dans le parc des Temples d’Angkor

Ta Prohm, l'un des plus célèbres des Temples d'Angkor (Cambodge)

Ta Prohm, l’un des plus célèbres des Temples d’Angkor

Le parc est immense et la nature incroyable, parfois, on aimerait s’éloigner et se laisser porter par le bruissement des arbres, par le bruit des oiseaux. Le cadre, et cette espèce de forêt luxuriante, m’ont rappelés – attention cette référence  pique un peu – la forêt d’Harry Potter. Oui, je t’avais prévenu Journal, la référence est scabreuse. Mais je veux dire par là que j’ai rarement ressenti cette plénitude dans un « espace vert » ou dans un autre parc, quel qu’il soit. Mon coup de coeur va sans hésitation à Ta Prohm, ce célèbre temple (restes de temple ?) enchevêtré au milieu des racines tentaculaires d’une jungle dense et presque flippante, tant la hauteur des arbres donne le tournis. Oublions le lever à l’aube pour observer les premiers rayons de soleil sur Angkor Wat avec les quelques 2000 autres touristes autour de nous, oublions ces enfants qui ne vous lâchent pas tant que vous n’avez pas acheté 2 magnets « Angkor » pour USD $1 les 2 ou les 10 cartes postales floues pour USD $1 le tout, oublions ces touristes russes posant dans des postures TRES suggestives au milieu des ruines devant l’objectif de leur mari, oublions tout ça. Malheureusement, ce qui vient un peu gâcher la fête, c’est le nombre de touristes présents sur les lieux. Il est parfois impossible de marcher normalement, notamment sur le site de Ta Prohm, où règne une cohue indescriptible. On se croirait un premier jour de soldes à l’entrée d’un grand magasin. Tout le monde piétine, se pousse, râle, crie en coréen ou en chinois pour appeler son voisin, donne des coups d’ombrelle, joue des coudes pour passer devant tout le monde lorsqu’il y a un semblant de queue pour une raison X ou Y. Bref. Un agoraphobe aurait fait un malaise vagal instantanément.

Moine entre les ruines de Ta Prohm, Temples d'Angkor (Cambodge)

Moine entre les ruines de Ta Prohm, Temples d’Angkor

Petite vendeuse de magnets dans les Temples d'Angkor (Cambodge)

Petite vendeuse de magnets dans les Temples d’Angkor

Concernant les enfants collants qui nous vendraient leurs propres parents, l’une d’elle s’approche de moi et me demande quelle langue parle-t-on avec La Copine J. : « English ? Spanish ? Italian ? French? ». « Français ! », répondons-nous. Elle nous dit alors : « Cadeau Michèle ! Cadeau Maman ! Magnet USD $1 ! » Au début, je pense avoir mal entendu. Puis La Copine J. me demande : « Mais tu as entendu ? » Oui, j’ai entendu qu’elle a parlé de Michèle et de Maman, et sachant que ma mère s’appelle Michèle, je dois dire que je suis restée totalement stupéfaite. C’est certainement un hasard, et elle a sans doute appris quelques prénoms par langue ; j’aurais dit être espagnole, elle m’aurait sûrement parlé de regalo para Maria. Mais tout de même. C’est étrange. Evidemment, son stratagème marche à la perfection, je lui achète les 2 magnets pour Michèle.
Avant de quitter l’anxiogène ville de Siem Reap, nous rencontrons les Français que j’avais prévu d’interviewer ; Guillaume, fondateur de Krama Krama, marque de kramas (foulards typiques khmers) fabriqués sur place, et Claude Colombié, directeur de l’école Sala Baï, qui forme des jeunes défavorisés du Cambodge aux métiers de l’hôtellerie et de la restauration. Nous passerons une bonne partie de la journée à Sala Baï pour les rencontrer tous les deux, mais aussi pour rencontrer les élèves, les filmer, et répondre à leurs innombrables sourires. Ici plus qu’ailleurs, on sent leur bonheur et leur fierté d’être là, conscients d’avoir la chance de pouvoir étudier. Mais ça, Claude Colombié l’explique – et bien mieux que moi – dans la vidéo du Cambodge. Une journée qui fait du bien, qui nous fait prendre conscience que Siem Reap a des faces cachées, qu’il n’y a pas que l’aspect Cap d’Agdien qui commençait légèrement à nous obséder et à nous oppresser.

Aller à Koh Rong, ne pas passer par la case Sihanoukville

A chaque croisement de rue à Siem Reap, royaume du touriste, on trouve des agences de voyage proposant des trajets en bus pour vagabonder au gré des routes moyennement goudronnées du pays. C’est sans trop se poser de question que nous optons donc pour un trajet Siem Reap-Sihanoukville en « bus hôtel ». Le concept du « bus hôtel » est assez plaisant quand le monsieur-de-l’agence annonce qu’il y a tout de même 10 heures de trajet. Pour le prix, tout dépend de la tronche de votre interlocuteur et, bien entendu, de la vôtre. En demandant une première fois le prix, on nous vend le trajet à USD $18. Nous sortons faire et un tour, histoire de comparer les tarifs, puis revenons finalement dans la première agence. La personne au guichet a changé et lorsque je lui demande combien ça coûte, elle me répond USD $16. Ici le temps est élastique, les prix aussi, mieux vaut faire en sorte que notre patience le soit également. Cette économie de USD $2 me mis quoi qu’il en soit en joie pour la journée. Car avec USD $2, on ne le redira jamais assez, on peut faire une multitude de choses au Cambodge. Ayant déjà eu le bonheur de constater l’état des routes cambodgiennes, ainsi que leur concept de respect des horaires somme toute très relatif, ce bus d’un autre genre nous semblait être une excellente alternative pour ce voyage de nuit. Les couchettes étaient fort étroites, mais qu’importe, j’ai passé une nuit presque normale. En revanche, pas de toilettes dans le bus, il faudra se retenir durant tout le trajet ou espérer se réveiller lors des arrêts nocturnes du bus, afin de se ruer à l’extérieur pour espérer répondre à nos besoins naturels. J’ai opté pour la première option, ce qui fut de loin l’un de mes challenges les plus intéressants de ce voyage. Pas de pipi donc, pendant plus de 14h. Car nous avons mis 4h de plus que ce qui nous avait été annoncé.
Nous arrivons à Sihanoukville au milieu d’une horde de chauffeurs de tuk tuk en furie. Une fois n’est pas coutume. La décision de ne pas rester ici sera rapidement prise. Une espèce d’atmosphère étrange se dégage de cette charmante station balnéaire qui me fait étonnamment penser à Palavas-les-Flots, en pire. Envahie par les Russes, qui ont l’air d’avoir un statut à mi-chemin entre vacanciers longues durées et résidents, on ne se sent plus vraiment au Cambodge. Pour cause, des ponts, hôtels et autres Casinos poussent comme des champignons. De très belles plages existent pourtant dans le coin, on m’en a parlé mais je ne prendrai pas la peine d’aller vérifier, je crois mes indic’ sur parole. Après avoir pris un petit déjeuner très mauvais servi par une jeune fille russe très désagréable, nous filons acheter notre billet de bateau pour Koh Rong. A un Russe. Nous nous entassons à bord d’un bateau lent, très lent. Et vieux, très vieux.

L'arrivée sur l'île de Koh Rong (Cambodge)

L’arrivée sur l’île de Koh Rong

Débarcadère de Koh Rong (Cambodge)

Débarcadère de Koh Rong

Au bout d’un peu plus de 2h de traversée, nous arrivâmes à Koh Rong, petit paradis des amateurs de choses à fumer en dread locks. Les touristes débarquant sur Koh Rong ne voient que la partie sud de l’île (Koh Tuich Village), là où s’amassent les touristes européens ayant envie de vivre d’une façon tout à fait agaçante cliché, visiblement comme dans le film The Beach. On oublie très vite cette ambiance Bob Marleysque, lorsque l’on découvre l’intérieur de l’île et sa jungle préservée, et l’incroyable beauté des plages quasi désertes comme celle de Long Beach, accessible à pied après 45 minutes de marche dans la jungle depuis Koh Tuich Village. Un décor totalement paradisiaque. Pour circuler sur l’île, le bateau reste le meilleur moyen pour aller d’une baie à l’autre, à condition de négocier son prix pour éviter de se faire enfler comme un Américain. Il y a aussi la marche dans la jungle pour se rendre d’un village à un autre, mais je ne pourrais le conseiller compte-tenu du balisage très approximatif des « sentiers ». Et quand balisage il y a, il n’est pas des plus rassurants…

Les conseils sur les balises du sentier dans la jungle pour se rendre à Long Beach, Koh Rong (Cambodge)

Les conseils sur les balises du sentier dans la jungle pour se rendre à Long Beach, Koh Rong

Jungle de Koh Rong (Cambodge)

Jungle de Koh Rong

Pour que rien ne vienne gâcher cet environnement au goût de carte postale du bout du monde, mieux vaut que tu saches, Journal, que WiFi et confort moderne ne font pas partie de la fête. Et d’ailleurs, laisser son iPhone au fond de son sac, dormir dans une cabane en bois sans eau chaude et chasse d’eau, ça renforce ce sentiment d’être Vendredi sur son île. Vendredi qui fume visiblement un peu trop d’herbe. Mais Vendredi quand même. En parallèle, l’île est en train de se prendre une petite claque de modernité en pleine face. Elle a été, paraît-il, reliée à Internet en 2012, mais la majorité des hébergements ne l’a pas encore adopté. Ou n’a pas encore allumé son modem. Il faut savoir que Koh Rong est destinée à devenir un genre de « Koh Samui » cambodgien, avec à termes des routes goudronnées et même un aéroport. Mais étant donné que les entrepreneurs cambodgiens ne sont pas des flèches, on a sans doute encore un peu de temps pour profiter de cet endroit magnifiquement préservé. Cela étant dit, le retour sur le « continent » se déroule, lui, a à bord d’un speed boat flambant neuf, appartenant au même Russe à qui j’avais acheté mon billet aller. Pour (pour l’instant) le même prix, on gagne plus d’1h sur le trajet en comparaison avec le bateau lent, très lent. Le changement serait-il déjà en marche…? J’ai été quoi qu’il en soit très heureuse de voir l’île, avant que les quelques 1000 habitants locaux de Koh Rong ne s’enfuient par dépit – ou ne s’abandonnent aux poissons carnivores – en voyant les touristes en chaussettes-sandales débarquer et occuper des hôtels de luxe face à leurs eaux translucides.

Les eaux turquoises de Long Beach, Koh Rong (Cambodge)

Les eaux turquoises de Long Beach, Koh Rong

Kep et Kampot, zénitude et authenticité

La Copine J. et moi continuons notre route, espérant trouver enfin des endroits préservés par le tourisme car avouons que jusqu’à présent, la tranquillité et l’authenticité nous ont un peu fait défaut. Nous débarquons après quelques heures de minibus à Kep. Les rues sont désertes, ça sent bon et la lumière est agréable. Avant d’y aller, j’avais beaucoup lu sur les Internettes que Kep était désormais une ville morte. Mais tout dépend ce que l’on vient y chercher. Effectivement pour l’animation et les filles en bikini, il faudra repasser. C’est une toute petite ville, tristement célèbre car mise à sac par les Khmers rouges dans un passé pas si lointain. On y voit encore les stigmates de la guerre, des maisons délabrées, détruites et laissées à l’abandon. Mais le charme de Kep, c’est son coucher du soleil sur l’eau avec en toile de fond les pêcheurs revenant au port, c’est son marché aux crabes (crab market) qui s’anime toute la matinée, avant de laisser place aux petites baraques servant à dîner tous les soirs, sur pilotis, des spécialités de la mer… et au crabe bien évidemment. Juste très calme ou carrément mort, tout dépend de l’état d’esprit de chacun. Mais nous avons rapidement mis les voiles, le temps nous étant compté, direction Kampot à 1h de route de là.

Coucher de soleil à Kep (Cambodge)

Coucher de soleil à Kep

Restaurants du marché aux crabes de Kep (Cambodge)

Restaurants du marché aux crabes de Kep

En arrivant dans le centre de Kampot, nous nous mettons en chasse d’un petit hostel, et en trouvons rapidement un qui est en fait un restaurant italien. Pour USD $6 la nuit pour deux, c’est-à-dire moins de 4,5€, nous avons une chambre double avec ventilateur et salle de bain partagée sans eau chaude. Je crois que l’on a jamais payé aussi peu cher. La ville est plus grande que Kep et s’organise autour d’une rivière, sur laquelle des bateaux emmènent touristes et locaux admirer le coucher du soleil sur les montagnes. Ici l’ambiance est à la zénitude, les Cambodgiens sont ouverts, aimables et souriants. Contrairement à Siem Reap ou Phnom Penh, on n’a pas la sensation de se faire arnaquer en permanence, ce qui est fort plaisant car de plus en plus rare. Pas de stress, les petites agences de voyage font 7 mètres carrés et généralement, le monsieur qui y travaille fait la sieste. Il faudra donc repasser pour réserver son prochain ticket de bus, et c’est là tout le charme de Kampot. Après avoir refusé 2 fois une proposition d’un tuk tuk souhaitant nous faire visiter sa région, nous avons vu son visage se décomposer, devenir triste et s’en aller. On avait aperçu dans une de ses mains une pochette avec des feuilles A4 imprimées. On pouvait lire « Welcome to Kampot » et deviner ensuite la liste des visites qu’il propose aux touristes. Il était évident que ce monsieur avait envie et besoin de travailler. Près d’1h après cette rencontre, nous pensons toujours à lui et commençons à regretter notre refus. Nous nous mettons en chasse pour le retrouver. Il avait une petite tâche de cheveux blancs à l’arrière de la tête, nous le recroisons au bout d’une quinzaine de minutes, l’interpellons et lui demandons si finalement, il peut nous faire découvrir sa région. Son visage s’illumine, il nous invite à nous installer dans son tuk tuk, on dirait un personnage de dessin animé qui s’agite. Ce monsieur est définitivement touchant.

Bun Long, notre chauffeur de tuk tuk dans la campagne autour de Kampot (Cambodge)

Bun Long, notre chauffeur de tuk tuk dans la campagne autour de Kampot

Nous découvrons avec lui la campagne environnante, les chutes d’eau, les villages de pêcheurs, les temples bouddhistes, les écoles ; ce fut une vraie initiation à ce qu’est la vie dans les campagnes cambodgiennes. Vie qui s’observe discrètement à l’arrière du tuk tuk, de peur de déranger les locaux dans leur quotidien et leurs activités. Ce gentil chauffeur s’appelait Bun Long, et nous a dit de ne surtout pas hésiter à parler de lui à nos amis en France. Et tu sais quoi Journal ? Je l’ai vraiment fait. A Kampot, nous sommes aussi allées nous faire masser par des praticiens aveugles. Ce fut une expérience très étrange. Déjà, nos praticiens étaient des hommes. Ensuite, durant tout le massage, ils rigolaient entre eux et se racontaient leur vie. Si au début, j’avoue avoir un peu douté, j’ai vite compris que leur handicap leur permettait de sentir des choses que des « voyants » n’auraient peut-être pas senti. C’est très compliqué à expliquer, Journal. Mais ils ont une manière d’appuyer sur les points sensibles qui est bien à eux, je dois avouer que j’ai eu plutôt mal, mais que ça a clairement soulagé mon dos, fatigué de porter 25 kg depuis 250 jours maintenant…
Kampot est aussi le point de départ d’une excursion bien présente dans les guides touristiques, celle du Parc National de Bokor. Pour USD $10, le minibus nous y emmène et nous ramène, le chauffeur jouera les guides touristiques durant tout le tour, nous avons même le repas inclus (riz frit – ni très bon ni copieux, certes), ainsi qu’une croisière « coucher du soleil » sur la rivière en fin de journée, une fois de retour à Kampot. De « là-haut », à Bokor (1080 mètres d’altitude), la vue peut être à couper le souffle à condition qu’il fasse beau, chance que nous n’avons pas eue, il y avait un espèce de brouillard dégueulasse. A part la vue-qui-peut-être-belle, l’intérêt historique du site est assez limité. Notre chauffeur-guide nous parlera brièvement de cette station météorologique créée par les Français dans les années 1920. Rapidement, elle deviendra un complexe de vacances, d’où la présence de ce qui aurait pu être un énorme hôtel-Casino, mais dont la construction ne fut jamais achevée. Plus tard, les lieux furent surtout le terrain d’affrontements entre Khmers rouges et vietnamiens. Triste destin, notamment pour la fameuse église où les Khmers rouges élurent domicile et qui fut le repère de Pol Pot. Le point positif de cette étrange, voire inutile visite, fut la balade sur la rivière en fin de journée. Elle offre réellement des panoramas merveilleux. Le petit apéro sur le toit du bateau en admirant le coucher du soleil valait bien une journée d’excursion très moyenne. Mais surtout Journal, nous avons pris les choses avec le sourire. C’était naze mais ce n’était pas grave. On tournait tout à la dérision, si bien que même un point de vue décevant nous faisait nous extasier, avec ironie. Nous avions l’air un peu illuminées aux yeux des autres touristes, mais au moins, nous n’avons pas été frustrées, déçues, ou énervées. Nous avons ri de tout durant toute la journée. Et ça fait du bien.

Croisière coucher du soleil sur la rivière de Kampot (Cambodge)

Croisière coucher du soleil sur la rivière de Kampot

Phnom Penh, la capitale aux multiples facettes

Dans le bus qui nous emmène de Kampot à Phnom Penh, une vieille dame cambodgienne tente de parler français avec son voisin moustachu. Son français date sans aucun doute de ses souvenirs de l’époque des colonies, et souvent, les mots qu’elles assemblent entre eux n’ont absolument aucun sens. Elle parle très fort, le voyage semble durer une éternité, et je ne doute pas une seule seconde que ce soit bien pire pour ledit moustachu.

Vieille dame tentant désespérément de parler français dans le bus pour Phnom Penh (Cambodge)

Vieille dame tentant désespérément de parler français dans le bus pour Phnom Penh

A l’arrivée, nous sommes entourées par des chauffeurs de tuk tuks, je commence à ne plus en pouvoir mais nous finirons malgré tout à l’arrière de l’un d’eux, ne sachant absolument pas où nous sommes. Après avoir trouvé une chambre sous les toits d’un hôtel pas très confortable, nous partons enfin découvrir cette capitale dont nous nous étions échappé très rapidement lors de notre arrivée au Cambodge. Nous découvrons une ville agréable, malgré la folie ambiante qui l’habite – comme toutes les grandes villes asiatiques – ou peut-être étions-nous particulièrement détendues ce jour-là, je ne sais pas. Promenade sur le Mékong, visite du Palais Royal ou du musée national, shopping dans ses nombreux centres commerciaux, repas au marché central sous sa célèbre coupole Art Déco datant de l’époque française, dîner dans l’un des restaurants des quais, et dévalisage du marché russe en quête de souvenirs en tous genres, il y a vraiment de quoi faire dans la capitale khmer. Nous n’avons pas tout fait, loin de là, car nous devons nous rendre à l’évidence, nous sommes exténuées. Nous venons de passer 10 jours intenses et commençons à avancer de plus en plus lentement. La chaleur est étouffante, ce qui n’arrange rien, on a tendance à aller là où on peut trouver du frais, marchés couverts, centre commerciaux, petits bars, mêmes chers.

Etales du marché de Phnom Penh (Cambodge)

Etales du marché de Phnom Penh

Palais Royal de Phnom Penh (Cambodge)

Palais Royal de Phnom Penh

Coiffeur dans les rues de Phnom Penh (Cambodge)

Coiffeur dans les rues de Phnom Penh

La circulation à Phnom Penh est effroyable, camions, voitures, vélos, tuk tuks, piétons, cyclopousses, et scooters se côtoient sur la chaussée, des coiffeurs nomades occupent les trottoirs et des amas de détritus au milieu de la route créent un rond-point que les usagers respectent. En fait, à Phnom Penh flotte un air de n’importe quoi, qui est au final plutôt agréable. Pour notre dernier jour dans la capitale khmer, nous dînons dans un restaurant « pour la bonne cause », le Veiyo Tonle, sur les bords du Mékong ; tenu par une ONG, une partie des bénéfices est reversée à un orphelinat local. Ils amènent même un petit questionnaire de satisfaction à la fin du repas. La cuisine est très bonne et le service excellent, il n’y avait vraiment rien à dire. C’est assez étrange de constater que le voyage m’aura réellement sensibilisé aux actions des ONG. « Avant », en voyage, je n’aurais pas forcément cherché l’utile, j’aurais d’abord pensé à l’agréable.
Nous quittons Phnom Penh au matin de mon 252ème jour de voyage. Il pleut à torrent et pour une fois que nous en cherchons vraiment un, aucun tuk tuk à l’horizon. Il y en a seulement un garé un peu plus loin dans la rue, nous nous approchons déjà trempées, avec nos sacs. Apparaît alors, quelques instants après, son chauffeur, tout sourire, qui nous demande où l’on va ; « A l’aéroport ! ». C’est loin, et lui, à l’avant, n’est pas protégé de la pluie. Il me demande alors d’un air un peu désolé s’il peut m’emprunter mon k-way. J’accepte en songeant d’ores et déjà que je vais lui laisser. Quand je l’avais acheté juste avant de partir en voyage, il n’y avait plus de modèle femme, j’avais dû prendre un « homme » en prenant soin de choisir une taille suffisamment petite pour qu’il ne soit pas immense pour moi. Adepte du « rien n’arrive jamais sans raison », j’en conclus que puisqu’il s’agit d’un modèle homme, sa place est en réalité sur les épaules de ce monsieur, qui est en joie lorsque je lui offre à notre arrivée à l’aéroport.

Lay Lav, notre chauffeur de tuk tuk avec mon k-way (Cambodge)

Lay Lav, notre chauffeur de tuk tuk avec mon k-way

Avant de nous quitter, nous faisons une photo tous les deux, puis, il me dit s’appeler Lay Lav et me demande de l’ajouter sur Facebook. Ce sera notre dernier sourire cambodgien… Ces 10 jours auront été intenses – oui je l’ai déjà dit – et si nos sentiments ont souvent été mitigés, on ressent un mélange un tristesse et de nostalgie précoce à l’idée de nous en aller. Il suffit de penser à l’histoire du pays, au fait que le Cambodge des Khmers rouges n’est finalement pas si loin (1979), qu’il en reste des traces et des séquelles indélébiles, pour finalement comprendre qu’il n’y a rien de choquant au fait que les Cambodgiens d’aujourd’hui ait envie de profiter de ce tourisme et de ce renouveau. Les arnaques ne sont ni plus ni moins les mêmes que celles que l’on trouve partout ailleurs en Asie du Sud-Est, et même si nous avons eu à faire à quelques spécimens gratinés (Rony ?), nous avons surtout rencontrés de belles personnes, répondu à des sourires francs et loyaux, eu les yeux mouillés en écoutant certains nous raconter l’histoire de leur pays et de leur région, été touchées par les actions menées par des organismes souvent étrangers pour venir en aide aux plus démunis. C’est bien ces derniers que nous garderons en mémoire. Oubliés les Russes et les chauffeurs de tuk tuks peu scrupuleux, le Cambodge, on sait que ce n’est pas vraiment ça.

To be continued…

Toutes les photos du Cambodge

Par Anne Sellès, le 17 décembre 2013 (màj mai 2014)

8 Comments to "Cambodge : itinéraire imparfait d’un voyage achevé"
  • Je rêve d’aller au Cambodge un jour.. Merci pour ce très beau récit de voyage ! 🙂

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  • Bonjour,
    Je voulais te dire que j’ai eu un peu peur en commencant a lire ton article que tu te fasses une idee bien trop strereotypes du Cambodge et de son peuple et finalement au fil de l’article tu as su entrevoir ses magnifiques facettes. J’habite au Cambodge depuis plus d’une annee et c’est un merveilleux pays. Oui, malheureusement il est tres fragile depuis les Khmers Rouges mais les cambodgiens s’en sortent plutot bien. Ils sont difficiles avec les touristes certes, mais il y en a beaucoup qui ne leur rende pas. Les etrangers se la jouent colonialiste au Cambodge ce qui est tres agacant a observer.
    Oui, le Cambodge est un des pays avec le plus d’ONG, pas toutes honnetes malheureusement mais beaucoup de tres bonnes et des personnes locales et etrangeres recompensees par leur devouement aupres des Khmers.
    Merci d’avoir pris le temps de visiter ce beau pays. Il faudra toutefois que tu ailles dans les provinces de Mondolkiri, Ratanakiri et Battambang au minimum pour decouvrir d’autres mervielles qui hebergent beaucoup moins de touristes et qui sont tout autant merveilleuse. Cambodia, Kingdom of Wonders.

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    • Salut Lily ! Merci pour ton message. Ce que tu décris-là sur la relation locaux-touristes n’est pas propre au Cambodge, c’est le cas dans beaucoup de pays d’Asie, malheureusement. Ravie de savoir que je ne suis pas tombée dans les stéréotypes en tout cas, j’ai effectivement fait en sorte de porter un regard assez juste sur le Cambodge…
      J’espère aussi pouvoir y retourner et découvrir ces régions que je n’ai pas eu le temps de voir. Que fais-tu, toi, au Cambodge ? Si ça te dit d’échanger en privé à ce sujet, n’hésite pas à me contacter via la rubrique « contact » du blog ! A bientôt !

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  • Un grand merci pour ce récit, je parcours ton blog depuis quelques jours, en vue, peut être, dans un futur proche, de me lancer dans cette belle aventure…

    Tes montages vidéos sont d’une réelle qualité et tes récits passionnants…

    Bonne continuation

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  • Bravo ! Ton article va beaucoup m’aider je pense. Je part du vietnam pour rejoindre le Cambodge lundi et je me sens un peu étouffée après 2 semaines à Saigon et le reste dans des pièges à toursites…
    J’ai besoin de calme et de paysages apaisant. Et après avoir lu ton article je me sens un peu rassuré et plus confiante pour la suite.
    Si jamais je suis preneuse d’autres conseils.
    Merci 🙂

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