Bref, moi aussi j’ai visité la Thaïlande

Bref, moi aussi j’ai visité la Thaïlande

Cher Journal,

Je t’ai raconté mes nombreuses escales à Bangkok, je n’ai pour autant pas chômé dans le reste de la Thaïlande. J’étais surtout intriguée par le nord du pays, les éléphants, la vie sauvage, la nature, et les Thaï de réputation plus sympathiques et plus zen. Mais un voyageur un peu lourdaud rencontré à Bangkok quelques semaines plus tôt m’avait dit : « Aller en Thaïlande sans aller se faire dorer la pilule sur l’une de ses innombrables îles paradisiaques, c’est comme… », puis il avait séché, cherchant inlassablement avec des petits bruits de bouche à compléter son énoncé d’une paraphrase que l’on pourrait tous s’éviter. Parce qu’on a bien compris ce qu’il voulait dire – aller en Thaïlande sans aller sur l’une de ses îles, c’est super con. Dans ma tête, j’ai alors aimé penser qu’aller en Thaïlande sans aller se faire dorer la pilule sur l’une de ses innombrables îles paradisiaques, c’est comme aller en Bretagne sans manger une crêpe. Et comme j’aime les crêpes, j’ai décidé d’aller à Koh Tao. Pour cette étape « doigt de pieds en éventail », Ma Grande Soeur m’a rejoint. Elle rêvait de vacances au calme, loin, sans ses enfants – qu’elle aime très fort, hein, entendons-nous bien. Après cela, je repasserai par Bangkok ou me rejoindrait La Française de New York, qui comme son nom l’indique, est une Française habitant désormais à New York. Rencontrée il y a moult années au lycée, nous nous sommes retrouvées totalement par hasard et nous étions croisées à San Francisco lors de mon passage quelques mois plus tôt.

La Thaïlande, le Sud, ses îles… et sa mousson

Après avoir choisi un hôtel plutôt-très-beau au bout de la plage de Sairee sur cette petite île de Koh Tao que bon nombre d’amis et autres connaissances nous avaient conseillés, nous avons prié pour que le beau temps soit au rendez-vous. C’était avant tout, la première choses à faire… Je m’explique.
Quelques prières et heures de vol plus tard, ma soeur arriva à Bangkok et nous partîmes ensemble, elle, son décalage horaire, et moi, vers Koh Samui. A Koh Samui, nous avons passé 1 nuit et partagé notre premier poisson grillé les pieds dans le sable en buvant une bonne Chang, dans un hôtel absolument sublime avec 2 piscines, 1 restaurant de qualité, et un confort dont je n’avais plus connaissance. A ce moment-là du séjour, il faisait encore beau.

Piscine de l'hôtel The Passage, Koh Samui (Thaïlande)

Piscine de l’hôtel The Passage, Koh Samui

En théorie, tu auras donc compris à la fin de ce premier paragraphe, Journal, que nous avons eu un temps de merde pendant tout le reste de la semaine. Je n’avais jamais eu un temps comme celui-ci durant mes 7 précédents mois de voyage, même à Bangkok pendant la mousson. Pour l’explication rationnelle, le temps en novembre dans le golfe de Thaïlande est souvent mitigé (voire très mitigé). Personne ne m’avait dit en revanche qu’il pouvait être apocalyptique. Les locaux ont aimé nous dire qu’il s’agissait des « restes » du typhon Haiyan qui avait frappé les Philippines et le Vietnam quelques jours plus tôt. Cette version-là m’a davantage plu que la 1ère, car ainsi, il s’agirait alors d’une raison purement météorologique. Avec l’autre version, je serais contrainte et forcée de reconnaître que je me suis totalement plantée lors du choix de mes destinations (qui était censé être fait en fonction des saisons)… C’est un peu sournois, je te l’accorde.
On m’avait donc dépeint Koh Tao comme une île de rêve, ça l’est sans aucun doute sous le soleil. Nous avons cependant eu la chance de faire une excursion en bateau sous la tempête, ce fut unique en son genre. Ce « trip snorkeling » m’a permis de ne voir aucun poisson, je suis allée une fois dans l’eau et je n’ai rien vu, rien vécu, si ce n’est cette attaque de toutes petites méduses invisibles et beaucoup trop nombreuses qui m’a moyennement amusée.

Excursion en bateau à Koh Tao sous la tempête (Thaïlande)

Excursion en bateau à Koh Tao sous la tempête

Nous avons aussi bu le café latté le plus cher de toute la Thaïlande, voire même de toute l’Asie, sur la petite île de Koh Nang Yuan (à quelques minutes de bateau de Koh Tao). La grande particularité de ce café latté étant qu’il était absolument imbuvable. Je tiens à préciser que j’ai bu une multitude de café ignobles depuis le début de mon voyage, je ne suis donc pas très difficile. Durant ce tour en bateau sous la tempête, nous avons rencontré un couple de Français d’une soixantaine d’années. Rapidement, nous discutons, ils s’appellent tous les deux comme nos parents, ce qui nous amuse beaucoup. Ils ont beaucoup voyagé, notamment en Asie et nous racontent la mort dans l’âme ce qu’était la Thaïlande avant l’arrivée de ces vagues de touristes, insistant bien sur Russes qui ont tout racheté, et totalement dénaturé un petit coin de paradis où ils avaient pourtant pris l’habitude d’aller depuis 20 ans (vers Phuket, me semble-t-il). Malgré cela, ils continuent de venir en Thaïlande, bien trop attachés à ces terres, où Michèle – la dame – a mis les pieds pour la première fois il y a plus de 40 ans… En entendant cela (« Plus de 40 ans ? Woaou ! »), je lui demande quand et pourquoi elle a commencé à voyager. Elle m’explique qu’à l’âge de 20 ans, elle a décidé de quitter le domicile familial pour partir à l’aventure. A l’époque il n’y avait pas d’e-mail, de téléphone portable, et d’ailleurs pas d’Internet ; elle écrivait donc une lettre de temps en temps pour dire qu’elle allait bien. Nous autres, voyageurs 2.0, nous pouvons réellement appeler ça l’aventure. Ce qui est intéressant dans cette rencontre, c’est qu’ils n’ont rien de hippie visuellement parlant, ils ne ressemblent pas à des soixante-huitards en quête de vérité, ils ont ni plus ni moins – à quelques détails près – la même apparence que mes parents, et que les tiens, sans doute, Journal. Leur vie a été ponctuée de voyages et continue à l’être. Ils ont adopté 2 Vietnamiens aujourd’hui adolescents, à qui ils feront découvrir leur pays de naissance si un jour ils le souhaitent. C’était une chouette rencontre, j’y ai beaucoup pensé et me suis demandé comment est le voyage sans Internet et sans téléphone portable. Radicalement différent, je suppose. Cela m’intrigue.

La plage du Cabana Hotel, Koh Tao (Thaïlande)

La plage du Cabana Hotel, Koh Tao

Restaurant du Cabana Hotel, Koh Tao (Thaïlande)

Restaurant du Cabana Hotel, Koh Tao

Nous n’avons pas tenu à visiter le reste de l’île sous la flotte, nous avons donc profité de ce temps dégueulasse pour nous faire masser et tenter des instants transats-plage-baignade-coconut lors des quelques apparitions du soleil. Notre hôtel proposait des soins absolument incroyables, j’ai donc testé ici mon premier vrai massage thaï, en prenant le soin de le demander « soft » et non « medium » ou « strong ». J’avais l’intuition qu’il était préférable pour moi. Ma soeur n’eut pas le même pressentiment et a souffert grandement avec le « medium », pourtant juste medium
Par chance, la pluie cessait en général le soir, nous avons donc pu dîner sur le sable face aux spectacles de bolas en feu et de « floating lanternes » envoyées dans le ciel depuis la plage. Nous avons été transcendées par ces lanternes au point d’en acheter presque tous les soirs. Les premiers essais d’envoi ont été cocasses. Lâchée trop rapidement, la toute première a volé à l’horizontale le long de la ligne d’eau pendant plusieurs minutes et a fini par se crasher lamentablement dans la mer quelques mètres plus loin. Déçues, nous nous sommes retrouvées avec 3 ou 4 lanternes sur les bras sans savoir comment les faire voler, jusqu’à ce qu’un homme vienne à notre secours, après s’être royalement foutu de notre gueule depuis la plage. Il nous explique qu’une fois allumée, nous devons attendre un long moment afin que le ballon se gonfle et soit réellement rempli d’air. La flamme va alors chauffer l’air contenu dans la lanterne, ce qui avoir pour effet d’abaisser sa densité et donc de faire s’élever la lanterne. Ici s’arrêtent mes connaissances en physiques-chimie.
Pour le reste, l’ambiance de plage est tout de même un peu hippie-roots, les gens y traînent le soir et laissent volontiers derrière eux leurs déchets sur le sable, jusqu’à ce que de bonnes âmes viennent tout ramasser le lendemain matin.

Coucher du soleil à Sairee Beach, Koh Tao (Thaïlande)

Coucher du soleil à Sairee Beach, Koh Tao

Envoi de lanternes depuis la plage de Koh Tao (Thaïlande)

Envoi de lanternes depuis la plage de Koh Tao

On m’avait présenté Koh Tao comme une île « moins touristique que les autres », je n’ose alors pas imaginer les autres. Il y avait du monde partout dans le petit centre de Sairee, ainsi qu’une multitude de petits magasins à touristes, et la preuve suprême que la zone est indéniablement devenue touristique : LE restaurant mexicain, où un burrito coûte 5 fois un petit satay traditionnel dans un resto local. Au détour d’une balade entre boutiques de tongs et de maillots à fleurs, nous croisons La Chilienne, avec qui j’avais partagé un bout de voyage en Australie ! Je savais que nous étions en Thaïlande en même temps, mais de là à nous croiser par hasard, je ne m’y attendais pas. C’est étrange de se revoir, j’ai l’impression de l’avoir quitté la veille, mais en même temps, il s’est passé une multitude de choses depuis que nous nous sommes dit au revoir à Sydney. Nous dînons ensemble le soir-même, elle me racontera comment elle s’est fait voler 12 000 bahts (presque 300€) dans un bus thaï. Je suis surprise qu’elle, pourtant habituée aux trajets en bus (dans son pays, le Chili, tous les trajets se font en bus – et les vols sont monnaies courantes) n’ait pas été plus prudente… Peut-être a-t-elle pensé que justement, ici en Asie, elle pouvait relâcher sa garde. Erreur. Elle a laissé son sac à dos sous son siège pendant qu’elle dormait, quelqu’un est venu se servir discrètement dans son portefeuille, lui a dérobé l’argent, a remis le portefeuille, a bien pris soin de ne toucher à rien d’autre (appareil photo, passeport, téléphone…), afin qu’elle ne se rende compte du vol que le plus tard possible. Et c’est ce qu’il se passa. Ces 12 000 bahts, c’est vraiment une énorme somme, l’équivalent de 10 jours à 2 semaines de voyage en Thaïlande. Bref, concernant Koh Tao, Journal, je n’ai pas mille et une choses à te raconter. Je n’ai pas eu l’opportunité de partir à la découverte de l’île à cause du temps. Nous n’avons pas non plus vécu des choses extraordinaires, trop occupées à observer par la fenêtre, en attendant que la pluie daigne se calmer. Pas vraiment déçue mais pas vraiment transcendée non plus, je crois qu’il me faudra revenir en pleine haute saison, pour certes me retrouver avec mes congénères européens inondant l’île, mais où je serai à peu près sûre que le soleil sera des nôtres… Ou pas. Je dois avouer avoir vu des îles paradisiaques en pagaille durant mon voyage, avec une mention spéciale pour celles de Polynésie mais aussi pour Gili Air, en Indonésie. Je trouve insensé que les touristes – moi la première – cherchent tous à s’éviter les uns les autres. Gili Air était une île profondément touristique, mais peut-être que ces touristes-là étaient plus respectueux que ceux croisés en Thaïlande, je ne sais pas. En tout cas, cela m’a moins gênée. Ou peut-être qu’avec le temps, je suis fatiguée du tourisme, de l’arnaque ambiante, du bel hôtel cachant la dépotoir à l’arrière. C’est toute la problématique de mon voyage, si j’étais venue ici juste 10 jours depuis Paris, au milieu de plusieurs mois intenses de travail sous la grisaille, je n’aurais pas ressenti les choses de la même manière. Mais je fêterai bientôt mon 230ème jour autour du monde, et même si moi, je ne le veux pas, mon inconscient me fait tout comparer, même l’incomparable.

Sairee Beach, Koh Tao (Thaïlande)

Sairee Beach, Koh Tao

Par ailleurs, tu noteras, Journal, que je t’ai épargné les photos grises et pluvieuses afin de conserver l’instant rêverie intact. Ce serait dommage de ne pas avoir immortalisé ces quelques instants de ciel bleu et d’eau turquoise, ce que chacun veut voir en réalité, tout simplement.

La Thaïlande, Le Nord, sa nature… et son scepticisme

Après avoir passé quelques jours à Bangkok, La Française de New York est arrivée en Thaïlande. Nous avons pris un bus ensemble pour Chiang Mai, alors que tout le monde m’avait conseillé de prendre un train de nuit, car paraît-il, c’est à faire au moins une fois. Mais la ligne ferroviaire étant en travaux, cela nous obligeait à prendre le train, puis à descendre à l’endroit des travaux, pour enfin finir en bus. Plutôt idiot comme concept, nous optâmes pour le bus. Les bus thaï sont réputés pour être dangereux. Alors qu’en Amérique du Sud les longs trajets sont toujours opérés par 2 chauffeurs au minimum qui se relayent, ici ils sont visiblement surhumains et peuvent tout faire tout seul. J’ai donc fait en sorte de dormir au maximum durant le trajet pour ne pas mourir dans d’atroces souffrances lorsque notre chauffeur s’endormirait au volant, après avoir pris le soin de picoler en conduisant – il paraît que c’est monnaie courante, quand ce ne sont pas des amphétamines ; petite technique, le Mercalm (médicament contre le mal des transports) abrutit pas mal et aide à s’endormir relativement rapidement. Les bus thaï sont aussi réputés pour être plutôt funky ; ils ont l’extrême amabilité de nous passer des DVD de karaoké soit en boucle, soit en 4 volumes. Chouette alors. Niveau son, je ne sais toujours pas si le bouton pour le régler était cassé, ou si les Thaï ont d’importants problèmes d’audition. Ses écouteurs et sa propre musique sont donc de rigueur, sans chercher à critiquer le paysage musical thaï, bien entendu. Chiang Mai est une ville assez étonnante, à taille très humaine si on ne considère que le centre historique où séjournent 99% des touristes (source du chiffre : inventée). Petites ruelles et petites maisons débouchant sur un petit canal, petits restaurants et petits cafés où le latté a du goût, petites boutiques un poil hipster, petits food-trucks, mais aussi immense marché nocturne où l’on trouve de tout et superbe marché du week-end idéal pour découvrir les meilleures spécialités culinaires du pays et de la région, bref à Chiang Mai, il fait bon vivre. Son intérêt culturel est réel, de nombreux temples sont éparpillés aux 4 coins de la ville, dont les plus célèbres dans le petit carré du centre historique. Reconnue aussi pour son artisanat, je ne pourrai malheureusement pas en parler étant en restrictions budgétaires depuis maintenant quelques semaines. Je ne regardais donc les cadeaux à acheter que d’un demi-oeil.

Temples à Chiang Mai (Thaïlande)

Temples à Chiang Mai

Pad thaï sur le marché nocturne de Chiang Mai (Thaïlande)

Pad thaï sur le marché nocturne de Chiang Mai

Tuk tuk à Chiang Mai (Thaïlande)

Tuk tuk à Chiang Mai

A Chiang Mai, le Thaïlandais est moins, voire nullement, « stressé » (même si la notion de stress n’est pas réellement appropriée au Thaïlandais), les gens sont donc plus souriants, plus aimables, plus accessibles qu’à Bangkok. En sortant du bus, nous ne savions pas où aller, nous n’avions pas réservé d’hôtel. Nous nous mettons en route pour le centre et essuyons plusieurs refus d’hôtels déjà complets. Nous atterrissons dans un hôtel qui semble « plus cher » que ceux vus jusqu’à présent. La dame de l’accueil nous annonce un prix à 600 bahts. Ce n’est pas donné (13,50€) mais pour une fois, je peux profiter de l’intérêt de la chambre double en partageant le prix puisque nous sommes 2. Nous acceptons. Le lendemain, au moment de quitter les lieux pour trouver un hôtel correspondant davantage à nos tarifs, la dame (la même que la veille), nous demande 700 bahts. On rit jaune. Elle pas du tout. Elle nous affirme que c’est bien le prix, et lorsqu’on lui dit que la veille elle parlait de 600 bahts, elle répond que la veille, ce n’était pas elle. On est en colère, mais nous n’avons pas le choix et payons. Encore une fois, ce n’est pas tant le fait de devoir débourser 2€ de plus qui nous agace, c’est réellement de se faire constamment prendre pour un jambon. Nous nous mettons en chasse d’un endroit où dormir et atterrissons chez Kikie, propriétaire d’un petit hôtel sans prétention et très bonne commercialo-marketeuse au demeurant. Dix minutes après notre arrivée, elle parvient à nous vendre 2 excursions et 1 nuit supplémentaire. La première excursion que nous ferons, c’est la rencontre tant attendue avec les éléphants. Les propositions d’excursion à dos d’éléphant pullulent, que ce soit en trek de plusieurs jours, dans une ferme pour plusieurs heures, ou pour une rencontre de quelques minutes, si bien qu’il est vraiment difficile de choisir.

La ferme d'éléphants à Chiang Mai (Thaïlande)

La ferme d’éléphants à Chiang Mai

Avec La Française de New York, nous avons opté pour une journée dans ce qu’ils appellent une « ferme d’éléphants« , le plus important pour nous étant d’être à peu près sûres que les animaux sont correctement traités. Le concept : faire une bonne heure de transport, arriver en pleine nature dans un espèce de villages avec quelques bungalows et un grand espace commun avec tables et bancs, et bien sûr, des éléphants. A ma grande déception, pas de bébé. Il y a juste un « petit éléphant ». Un ado, quoi. Le maître de cérémonie nous répartit dans des cases où il y a des matelas au sol et des moustiquaires au mur, je commence par croire qu’il y a un malentendu, nous n’avons pas prévu de dormir ici, mais on nous donne rapidement des tenues en coton épais à enfiler, je comprends alors que nous devons juste nous changer (oui, je suis perspicace). Une fois tous habillés, on nous distribue des bouteilles d’eau et on nous demande de répéter des mots en thaï qui correspondent aux « commandes » de l’éléphant. Ca dure des plombes et chacun cherche des moyens mémo-techniques en lien avec sa propre langue, car sans ça, on ne s’en rappellera pas. Mais même avec ça, je me rends compte, Journal, que l’on ne s’en rappelle pas quand même car je suis désormais incapable de t’en sortir un seul. Une fois les répétitions finies, nous allons faire connaissance avec les éléphants. On nous donne des mini-bananes, car il paraît qu’étonnement, ils obéissent mieux avec de la nourriture. Ils les engloutissent en un quart de seconde, peau y compris, et en redemandent ! On nous apprend à grimper dessus en nous accrochant à l’oreille, j’ai réellement évité de peu le claquage lors de ma première fois, mon éléphant était vraiment très grand. Une fois sur son dos, je constate que le confort n’est pas hyper optimal, cela promet de bonnes vieilles courbatures mais qu’importe, je suis sur un éléphant. Nous partons en balade avec des guides à pied, qui dirigent davantage notre éléphant depuis le sol que nous depuis « là-haut » sur leur tête. Nous passons par des endroits splendides de nature préservée, et faisons le passage promis par la rivière où nous sommes censés « nous baigner avec notre éléphant ». Le mien n’a pas du tout envie d’être dans l’eau, mais le guide insiste pour qu’il reste assis, je n’aime pas ça. On l’arrose, ça n’a pas l’air de l’amuser plus que ça, on est sans doute tous les 2 soulagés lorsque nous repartons sur la terre ferme. Mon aventure avec mon éléphant sera de courte durée, j’ai aimé cette rencontre mais moins l’aspect touristique de la chose qui est malheureusement inévitable. Il y un circuit et un timing à respecter pour ne pas décevoir le touriste, j’avoue que j’aurais aimé prendre davantage mon temps surtout à la fin, une fois la balade terminée. Je suis un peu dubitative. Comment savoir si les éléphants sont vraiment heureux et bien traités ? Je te pose la question, Journal.

Nous et notre éléphant, Chiang Mai (Thaïlande)

Nous et notre éléphant, Chiang Mai

La Française de New York et moi à la rivière et notre éléphant et notre guide, Chiang Mai (Thaïlande)

La Française de New York et moi à la rivière et notre éléphant et notre guide, Chiang Mai

Toujours dans la catégorie animaux, il y a aussi les tigres du « Tiger Kingdom » qui attirent le touriste en manque d’affection animalière (comme moi donc). J’ai eu ma phase « hors de question que je me rende dans cet endroit horrible, je suis sûre qu’ils droguent les tigres pour que l’on puisse s’en approcher », qui était d’ailleurs légitime. Mais après en avoir parlé autour de moi et après avoir discuté avec des locaux, il semblerait que les animaux soient très bien traités et qu’ils ne soient absolument pas drogués ou tranquillisés pour accepter que les touristes s’en approchent. Le centre explique d’ailleurs que les tigres sont des animaux qui, comme les chats, ont besoin de dormir énormément et qu’en ne restant que 15 min avec eux (temps maximum autorisé), nous ne les voyons qu’une infime partie de leur journée. Dans cette logique, il est vrai qu’il est d’ailleurs préférable qu’ils nous laissent en compagnie de tigres faisant la sieste, plutôt qu’avec ceux en train de jouer et de se battre dans l’eau dans l’enclos d’à côté. Entre nous, je n’aurais pas aimé être au milieu. Ces animaux sont habitués aux humains depuis leur naissance, ils vivent en captivité, et effectivement même si « la captivité, c’est mal », je préfère les savoir là, bien traités et entourés de bénévoles passionnés, que dans leur environnement naturel pourchassés par une poignée d’abrutis. Si tu es sceptique, je t’invite à lire cet article du Point. En bref, même si l’endroit peu paraître un peu abjecte compte tenu du nombre de touristes et de l’organisation quasi militaire des roulements pour entrer dans les cages, la rencontre avec les animaux est magique. On est très bien reçus, les dresseurs sont drôles et aiment leurs animaux, ce qui rassure et permet d’aller faire des câlins à ces gros chats en toute quiétude. Tout ça, c’est ce que j’ai pensé sur le moment. Avec le recul, je ne sais plus. Ces animaux sont – normalement – des animaux sauvages. Il n’y a rien de naturel à les garder en cage, même s’il y a parfois des opérations sauvetages en dessous. Il reste difficile de savoir qui le fait pour les bonnes raisons (argent des touristes réinvestis pour la cause animale et le confort des bêtes) et qui profitent exclusivement de l’argent des touristes pour s’en foutre plein les poches. Peut-être suis-je naïve, mais j’aime croire qu’il y a encore de bonnes personnes sur cette planète.

Tigre du Tiger Kingdom de Chiang Mai (Thaïlande)

Tigre du Tiger Kingdom de Chiang Mai

La seconde excursion que nous a vendue Kikie, c’est celle du célèbre « Triangle d’Or« . D’après Wikipédia, le Triangle d’Or est « une région montagneuse d’Asie du Sud-Est aux confins du Laos, de la Birmanie (Myanmar) et de la Thaïlande. […] Comme le Croissant d’or, qui regroupe l’Afghanistan, l’Iran et le Pakistan, il est l’une des principales zones mondiales de production d’opium depuis les années 1950. » C’est à la suite de la lecture de cette définition – entre autres – que j’ai cru légitime de penser que c’était un endroit à voir. Pour une question de temps (qui me manque cruellement en cette fin de voyage), nous avons capitulé avec La Française de New York et avons décidé d’effectuer – comme conseillé par Kikie – un tour organisé en minibus jusqu’à Chiang Rai et jusqu’au fameux Triangle d’Or. Ce tour incluait d’autres stops, le tout à faire en un temps record avec un départ de Chiang Mai le matin à 7h et un retour le soir au même endroit à 21h. Mais pour te planter le décor et te spoiler le récit de ce périple, Journal, cette excursion fut une vaste blague. Le premier stop s’appelle « Hot springs« . On s’attend donc à des thermes, j’étais d’ailleurs agacée d’avoir oublié mon maillot de bain. Il était encore tôt ce matin-là, j’étais naïve. Car en réalité, ces sources d’eau chaude sont artificielles, minuscules, et il n’est absolument pas possible de s’y baigner. En revanche, on trouve sans problème environ 75 stands de nourriture et de souvenirs, et des toilettes (payantes). Les quelques touristes de bonne foi ont accepté d’y plonger les pieds, ils ne pouvaient de toute façon guère plus. Après une très longue pause de presque 15 minutes (waou !), nous reprenons notre route jusqu’au Wat Rong Khun, plus connu sous le nom de White Temple.

Le White Temple à Chiang Rai (Thaïlande)

Le White Temple à Chiang Rai

Ce temple blanc totalement hors du commun a été pensé et réalisé par un artiste contemporain, Chalermchai Kositpipat. Plutôt anti-conventionnel, on peut admirer à l’extérieur du temple crânes et mains jaillissant du sol. Son idée était de représenter les enfers et ses souffrances. L’intérieur en revanche est la maison de Buddha, d’où le blanc, symbole de la pureté. A mi-chemin entre tradition et art contemporain, ce temple étonnant et son histoire ont de quoi passionner les foules. Et c’est précisément là où se situe son gros problème ; les foules. Impossible de marcher et d’observer les détails à l’intérieur comme à l’extérieur tant il y a de monde. Des cars entiers de touristes chinois ou coréens débarquent et piétinent, bref, ça gâche le plaisir. Je n’avais qu’une envie : fuir. Mais la frustration est intense, car l’historique de ce lieu et la dévotion religieuse de son architecte méritent réellement que l’on s’y intéresse. Je sais ce que tu vas penser, Journal, que je suis une chochotte avec cette histoire de foule. Mais je t’assure, on n’a pas le temps d’observer le temple et de se pencher sur ses détails, on est pris dans une vague humaine qui avance à sens unique en faisant une boucle. Qui s’arrête au milieu risque sa vie ; comme un soir à l’heure de pointe à la Gare St Lazare, je me disais « Surtout ne pas s’arrêter. Surtout ne pas s’arrêter. » Troisième stop : le Triangle d’Or, itself, élu plus grande supercherie jamais découverte durant mon voyage. Cette attrape-touriste propose aux touristes donc, une promenade en bateau sur la rivière afin d’observer l’invisibilité d’une frontière entre 3 pays (Thaïlande, Laos, Myanmar), et de poser un pied au Laos. Si tu as l’idée de demander à un « guide » présent sur place quel est l’intérêt de juste poser un pied au Laos, il te dira : « Et bien, pour poser un pied au Laos, pardi ! » CQFD. Aucune anecdote n’est racontée, aucun fait historique n’est relaté, pas de dates ou autres informations qui pourraient donner un peu de sens à cette visite, non. Des vingtaines de bus lâchent leurs touristes au bord de la rivière pour qu’ils puissent « poser un pied au Laos ». Les autres se contenteront d’attendre 2h au milieu des magasins de souvenirs. Les autres ? Ceux qui n’ont pas voulu payer le supplément pour le bateau. Parce que ce n’était bien sûr pas inclus dans le prix de cette trépidante journée.

Le Triangle d'Or (Thaïlande)

Le Triangle d’Or

Nourriture locale à emporter et gros bus touristique en arrière plan, Triangle d'Or (Thaïlande)

Nourriture locale à emporter et gros bus touristique en arrière plan, Triangle d’Or

Il y a bien un quatrième arrêt du minibus, mais je ne l’ai pas compris. Nous sommes montés haut, plus haut que le Triangle d’Or, pour nous rendre sur une place où tout semble avoir été construit pour les touristes. Des temples, des bâtiments modernes à l’utilité non-identifiée, des vitrines où sont vendues des bijoux en jade et en argent à un prix défiant tout bon sens… et des toilettes. L’ultime et très attendu stop de ce périple d’une journée, fut celui au village des femmes aux longs cous ou « femmes girafes« , le « village long neck » de la tribu des Karen. Des minibus s’arrêtent sur un grand parking, des poignées entières de touristes en descendent, appareils photos au poing. On traverse d’abord un premier « couloir » de petites cabanes rudimentaires où sont vendues toutes sortes de petit artisanat. Puis on rentre à la queuleuleu dans ce qui semble être « l’espace des femmes aux longs cous », des hommes sont postés à l’entrée, c’est payant. Sauf pour nous, pour le coup, c’était inclus dans le tour. Le village n’est pas un village, mais juste une immense place rectangulaire où attendent de chaque côté des femmes sous un abri de fortune en paille et en bois. Elles tissent et tentent désespérément de vendre leur artisanat. Pendant ce temps, les touristes les prennent en photo sans aucune gêne, elles deviennent des bêtes de foire. Mais est-ce si difficile de leur faire un sourire, de leur demander la permission de les prendre en photo, d’essayer d’échanger un mot, d’au moins regarder ce qu’elles essayent de vendre…? Les plus jeunes filles ont 7 ou 8 ans, et ne sourient pas vraiment. Je ne me suis pas réellement attardée, j’étais mal à l’aise. C’est pour moi un zoo humain, l’ambiance y est à vomir. J’ai acheté une petite statuette en bois représentant une dame au long cou, j’ai fait remarquer à la dame qu’elle lui ressemblait, on a ri mais je ne sais pas si elle a compris. J’ai tout de même pris 3 photos, après permission, avec un sourire, quelques mots échangés, en leur montrant le résultat sur l’écran ensuite… Mais j’ai vite fui cet endroit. Et me suis renseignée une fois rentrée à l’hôtel à Chiang Mai ; cette tribu vient de Birmanie où elle aurait été persécutée à cause de la différence de religion (cette tribu serait chrétienne, à vérifier). La Thaïlande (ou quelques hommes « d’affaires » peu scrupuleux) les aurait accueillies, voyant là une superbe opportunité d’attirer le touriste (bingo…). Les informations trouvées après sont approximatives et contradictoires. Certains disent que ces femmes sont exploitées et qu’elles sont traitées comme de véritables esclaves, ne voyant pas la couleur des quelques bahts récoltées après la vente de leur artisanat qui n’est en fait pas leur artisanat mais sortirait de fabriques locales, qu’elles n’auraient aucun statut de réfugiées et n’auraient pas d’autres choix que de servir d’appât à touristes, sinon retourner en Birmanie où elles sont donc persécutées. D’autres disent seulement qu’elles ne possèdent rien mais vivent avec les quelques sous reçus par les touristes. La 1ère version me semblerait tout à fait crédible, de nombreuses associations (y compris depuis la France) se battent pour les droits de ces femmes. Il serait cliché de dire qu’à en juger par la tristesse de leur regard, on croit à la 1ère version, mais je t’avoue, Journal, que c’est tentant. Un endroit à tout bonnement éviter si c’est réellement ce qu’il s’y passe. Ne pas encourager cela est la meilleure chose à faire à notre petit niveau de « touristes ». La prochaine fois, je me renseignerai avant, petite idiote que je suis. Quoi qu’il en soit, je ne suis pas mécontente de m’être faite avoir avec ce tour. Ne serait-ce que pour pouvoir te raconter tout ça, Journal. Parce que crois-moi, le Triangle d’Or ne vaut rien, quant aux « femmes-girafes », il est préférable de les voir à la télévision, dans des reportages où les journalistes s’immiscent discrétos dans leur quotidien, ce quotidien où elles sont des femmes libres. En tout cas je l’espère.

Petite fille de la tribu des Karen, long neck, Chiang Rai (Thaïlande)

Petite fille de la tribu des Karen, Chiang Rai

Pour terminer, nous avons poussé le voyage jusqu’à Pai, petite ville historiquement un peu hippie, qui est devenue le repère des voyageurs-baroudeurs-néohippies des années 2000. Super-touristique, le marché nocturne ravit les papilles occidentales et les petits bars en bambou servent des cocktails aux tarifs plus ou moins avantageux, de l’Happy Hour jusqu’à la nuit. Il faut reconnaître qu’une soirée à Pai est agréable, les boutiques sont mignonnes et on peut dégoter quelques souvenirs bien pensés. Mais pour une Thaïlande du nord authentique, il faut sortir de la ville, explorer les environs en scooter, en vélo, à pied, en rafting ou en taxi. Les allergiques aux gens-à-dread-locks devront passer leur chemin, ça reste tout de même un endroit un poil cliché où le tourisme a définitivement élu domicile. Et cela pourrait copieusement alimenter les mesquines envies de critiquer de certains. Mais soyons honnête, la nature est belle, et un bon mojito en écoutant Bob Marley, ça fait tout de même du bien.

Détente à Pai (Thaïlande)

Détente à Pai

Sur le chemin de retour vers Bangkok, nous avons fait une pause à Sukhothai. Pourquoi Sukhothai et pas Ayutthaya, me demanderais-tu si tu savais parler, Journal ? Telle est la question que se posent de nombreux voyageurs en Thaïlande. Car soyons honnête, c’est un peu la même chose. Pardon aux amoureux de vieilles pierres qui viendront vanter les différences de ces 2 destinations. Car il s’agit de deux parcs archéologiques aux vestiges architecturaux d’une richesse incroyable, certes, mais je dois avouer qu’après quelques mois en Asie, je ne ressens plus la même émotion face aux temples et encore moins aux ruines. Les aficionados refuseront de choisir. Mais pour ceux qui, comme moi, ont un temps limité et une envie mitigée, je conseille de trancher. Pour cela, il y a pile ou face. Il y a aussi la logique géographique ; puisque l’on venait de Chiang Mai, Sukhothai était plus près. Nous aurions été à Bangkok, l’option « faire 600 km en bus sur des routes abimées » ne nous aurait sans doute pas effleuré l’esprit, et nous aurions opté pour Ayutthaya. Bon. Le parc de Sukhothai est agréable. On peut tout faire à vélo ou à pied. Il y a un petit lac au milieu et de jolis nénuphars, on entend les oiseaux en pédalant entre les arbres, bref, une journée à Sukhothai ressemble à un beau dimanche pique-pique de printemps. Ca sent bon, on se sent bien. Historiquement, Sukhothai fut la première capitale du Royaume de Siam, il paraît que ça signifie « l’aube du bonheur ». Plutôt poétique. La ville a été fondée en 1238, ce n’est donc pas tout jeune et c’est assez étonnant de voir comme certaines parties des temples ont été préservées, tout comme les immenses statues de Buddha, presque en pleine forme. Pour le côté pratique, l’entrée au parc (désormais classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO) coûte 100 bahts (2,20€). La location d’un vélo pour la journée en coûte 30, soit 60 centimes d’euros… A la rigueur, le truc « cher », pas très rentable et que l’on peut s’éviter, c’est le trajet de ce qu’ils appellent « Nouvelle Ville » vers la vieille ville où est situé le parc. La plupart des guesthouses est installée dans cette « Nouvelle Ville » et le trajet aller-retour vers la vieille ville et le parc revient à 60 bahts (1,30€). Désormais, on trouve assez facilement de petites guesthouses très bien dans cette vieille ville, à une centaine de mètres de l’entrée du parc. Cette substantielle idée d’économie d’1,30€ t’a été présentée par moi-même, cher Journal, toujours à cette date en restrictions budgétaires ! Ca peut sembler fou de chercher à économiser des centimes, mais c’est l’histoire de ma vie en cette fin de voyage, et la visite de Sukhothai en aura fait les frais.

Parc de Sukhothai (Thaïlande)

Parc de Sukhothai

Lac de Sukhothai (Thaïlande)

Lac de Sukhothai

Parc de Sukhothai (Thaïlande)

Parc de Sukhothai

Fin de notre périple dans le nord du pays. Je garde un souvenir mitigé de tout ce que j’ai vu. A ce stade du voyage, je ne peux qu’être critique, désormais trop habituée aux arnaques et à la fausse authenticité pour faussement ravir le touriste. Je suis triste de certaines choses que j’ai vues. Je ne m’attendais pas à ça, à force de penser, à tort, que l’herbe est toujours plus verte ailleurs. Si l’homme sait être mauvais, il sait l’être partout ; beaucoup en France car on y vit et le découvrons tous les jours dans notre quotidien, mais les pays étrangers, aussi lointains et exotiques soient-ils, ne dérogent pas à la règle. Quant aux quelques touristes qui ne voient pas les choses de cet oeil, c’est qu’ils refusent de le voir. En même temps, faire tant de kilomètres et dépenser tant d’argent pour un dépaysement relatif, ça peut décevoir. Mieux vaut continuer à se bercer d’illusions, songeront inconsciemment certains. Il est évident que s’éloigner des sentiers battus est la solution, ne pas faire appel aux tours organisés, ne pas choisir les « voies faciles », car quoi qu’il arrive, elles n’existent pas ces « voies faciles » dans le quotidien des locaux. Je le savais, mais j’ai capitulé, par manque de temps, ce manque de temps dont je me plaignais dans ma vie à Paris. Si on ne prend pas le temps en voyage, quand le prendrons-nous ? J’ai déconné. Et je sais désormais que mieux vaut ne pas voir du tout, plutôt que de se précipiter pour avoir une photo à montrer à l’ami Facebook. Avancer au rythme des locaux. Encore une fois prendre le temps. Même si le touriste européen restera toujours un peu quelque part pour eux, celui qui débarque avec des dollars débordant des poches.

To be continued…

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Par Anne Sellès, le 3 décembre 2013 (màj avril 2014)

6 Comments to "Bref, moi aussi j’ai visité la Thaïlande"
  • Hello!
    On se connais pas et j’ai découvert tes textes un peu par hasard. J’ai pas encore tout lu, mais j’ai déjà eu beaucoup de plaisir. Celui de la Thaïlande m’intrigait particulièrement, car j’en ai moi même gardé un souvenir plutôt mitigé (j’y ai passé 3 semaines au cours d’un voyage de 8 mois en Asie). Manque de temps tu dis? Peut-être… Mais à notre décharge, je crois aussi que paradoxalement, le développement du tourisme rend les pièges d’autant plus difficiles à éviter. Tout semble facile, et les gens qui en reviennent te racontent leur expérience merveilleuse (leurs vacances!!), et bam!! Tu tombes dedans. Et là, déception.
    On ne voit pas la même chose qu’eux. Au cours des voyages, on développe d’autres envies, une autre sensibilité. On ne cherche plus les mêmes choses, on n’apprécie plus les mêmes choses. Voyage et vacances c’est différent. Pas mieux, pas pire, juste incomparable.
    J’aimerais y retourner en Thaïlande, avec plus de temps… Et sans Lonely Planet ou autre Routard! Car même les itinéraires « hors des sentiers battus », ont été largement battus. Pour retrouver l’authenticité, louer un scooter, parler avec les locaux et partir explorer. Je ne peux pas croire qu’il ne reste pas un peu d’authenticité quelque part. Et plus j’y pense, plus j’ai envie de découvrir cette Thaïlande là!
    Bon voyage à toi, amie baroudeuse et écrivaine!

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    • Salut Lara ! Je suis d’accord avec toi à 100%. J’ai aussi très envie de voir cette autre Thaïlande. On m’a beaucoup parlé de l’Isan, au nord-est du pays. Et je crois que c’est précisément pour cette région que j’ai très envie de retourner en Thaïlande. N’hésite pas à me faire signe si tu décides de retenter l’expérience thaï, j’aimerais bien connaître tes impressions 🙂 A bientôt !

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  • Et encore une chose : j’adore ta façon d’écrire! Spontanée et légère! Ça réveille les souvenirs… Un régal!

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      • Merci a vous de partager vos emotions empreints d experiences…..pour ma part je vis au Laos depuis 13 ans…et je continue d apprendre . Je me suis rendu a Ko tao 2 ans de cela…ce fut la CATA..!!! Il est vrai que je l ai connu la first time en 1991….

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        • Ohhh ! Où vivez-vous au Laos ? Et effectivement, revoir un endroit devenu très touristique après l’avoir découvert plusieurs années plus tôt, c’est toujours – paraît-il – assez difficile. Merci pour votre message en tout cas !

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