Bolivie : l’incroyable région du Sur Lípez

Bolivie : l’incroyable région du Sur Lípez

Cher Journal,

Previously, je te racontais que je m’apprêtais à passer la frontière Argentine-Bolivie d’une manière peu ordinaire. Je t’expose les faits. A notre arrivée à La Quiaca, nous demandons notre chemin à un homme grand et barbu, car on ne voit aucun flèche-panneau « frontière » pour les voyageurs un peu limités que nous sommes. La frontière, c’est en réalité une immense porte ou des dizaines et des dizaines de gens passent, entrent, sortent, seuls, à deux, en groupe ou en famille, à vélo, marchant sur la route au centre ou sur les trottoirs sur les côtés. Car il y a une route au centre mais aucune voiture dessus, et des trottoirs sur les côtés. Je tiens à te le préciser, car là fut tout notre problème. Nous avons passé cette grande porte, sacs sur le dos, à la fois tristes de quitter l’Argentine et heureux de découvrir une nouvelle culture. Arrivés de l’autre côté, je dis à mon Cousin G. que c’est tout de même bizarre que personne ne demande à voir nos passeports. On constate au passage que, « de l’autre côté », c’est-à-dire en Bolivie, c’est le bordel. Des gens partout, c’est agité, ça parle fort, le bordel je te dis. Nous allons voir un militaire qui traîne par là et je lui expose ma problématique : « Mais, Monsieur ! Personne ne veut voir nos passeports ? ». Le con, il s’est mis à rire : « Ahaha, si si, vous devez aller le faire tamponner là-bas, dans les petites cabines ! ». C’était super mal indiqué, je tenais à le préciser. Il fallait en réalité passer par les trottoirs du côté (et non par la route au milieu) et aller frapper au carreau pour demander à être contrôlé, parce que ce ne sont pas eux qui t’arrêtent. Eux, ils jouent aux cartes, font la sieste, regardent la télé et jouent à Candy Crush sur leur téléphone. Au premier guichet, qui semble être celui de sortie d’Argentine, la dame nous fait « non » de la main. Nous allons donc au guichet d’à côté, le monsieur semble OK, tamponne le passeport du Cousin G., puis regarde le mien et me dit « Ah bah non, vous n’avez pas le tampon de sortie d’Argentine ! ». Ouais mec, Cousin G. non plus ne l’avait pas ! Il nous dit qu’il a mal vu sur le passeport de Cousin G., et que dans tous les cas, on doit faire tamponner notre sortie d’Argentine à la dame d’à côté, parce que lui, il est celui qui tamponne l’entrée en Bolivie. On y retourne, elle fait toujours « non » de la main. On insiste, et elle nous dit : « Les boliviens ne laissent entrer personne. Si je vous tamponne la sortie d’Argentine et qu’ils refusent de vous tamponner l’entrée en Bolivie, vous ne pourrez aller dans aucun des deux pays ! ». Je m’imagine un instant coincée à la frontière, à ne pouvoir aller nulle part, ni à droite, ni à gauche. Je trouve ça plutôt marrant. On retourne voir le monsieur du tampon bolivien qui nous dit « Si si, dites-lui que c’est OK. ». Ce qui est assez drôle dans cette situation, c’est que les bureaux sont côte à côte, mais visiblement, tout ce beau monde a quelques problèmes relationnels, et c’est à nous de faire le pigeon voyageur. Nous assurons à la dame de mauvais poil que le monsieur est d’accord, elle marmonne que c’est à nos risques et périls et qu’il ne faudra pas venir chouiner ensuite. Nous entrons en Bolivie victorieux comme jamais, mais là commençait le véritable challenge : fuir à tout prix Villazón, la ville frontière côté Bolivie, qui est moche et qui fait flipper.

Tampon d'entrée en Bolivie

Tampon d’entrée en Bolivie

Hostel de Tupiza (Bolivie)

Hostel de Tupiza

L’épreuve : se rendre à Tupiza

En Argentine, quand tu veux prendre un bus, peu importe qu’il soit 6h du matin ou 10h du soir, tu vas à la gare des bus et tu prends un bus. Ici visiblement, demander où est la gare des bus à 19h semble aberrant : « Mais c’est fermé madame ! ». Peu confiants, nous sommes allés vérifier par nous-mêmes. Bref, c’était bien fermé. Avec 3 autres Français rencontrés à la frontière, nous cherchons un moyen de nous rendre à Tupiza pour éviter d’avoir à passer la nuit ici, puisque comme je le disais, c’est moche et ça fait flipper. Voyant des taxis alignés à la queueleuleu et ne faisant rien (enfin si, un se curait le nez avec soin, mais là n’est pas le sujet), on se renseigne. Tous nous disent la même chose : « La route pour se rendre à Tupiza est bloquée à cause des grèves et des manifestations, personne ne peut passer. » Ah ? Des grèves et des manifestations ? Voilà qu’ils cherchent à concurrencer les Français. C’était donc ça, le bordel à la frontière. Une dame d’un certain âge nous voyant galérer nous propose une voiture plus ou moins privée avec chauffeur. Il y a 7 places et elle nous annonce un prix que l’on juge exorbitant. On dit vouloir réfléchir, elle s’éloigne, nous discutons avec le chauffeur et parvenons à faire baisser le prix. Puis, à son retour, on comprend rapidement que c’est elle la chef. Elle remonte le prix, un peu en colère. On finit par se taire, on s’installe en voiture, de toute façon, il n’y a pas beaucoup d’autres solutions. On attend, longtemps. Très longtemps. Ils veulent que la voiture soit au complet avant de démarrer. Une dame arrive et s’installe côté passager. Nous sommes au complet, mais nous ne partons toujours pas. En fait, en Bolivie, une voiture 7 places n’est visiblement pas faite pour 7 personnes. 2 autres personnes rentreront dans la voiture, dont une dame avec son bébé qui s’installent entre le conducteur et le passager, précisément à l’endroit du frein à main. Classe. Nous sommes 10, et nous décollons, mais nous nous ferons rapidement arrêter quelques minutes plus tard à cause des blocages. Le chauffeur passe des coups de téléphone. Nous sommes au milieu de nulle part, mais finirons, après presque 1h d’arrêt, par repartir et par rouler sans encombre jusqu’à Tupiza. Victoire.

4 jours en 4×4 dans la région du Sur Lípez

Comme tu peux le constater sur la carte ci-dessous, Journal, dans la région du Sur Lípez il n’y a pas de routes. Impossible donc de tracer l’itinéraire avec Google Map. Mais j’ai jugé pertinent de te faire un dessin rapide histoire que tu voies un peu le parcours effectué. Bon évidemment, c’est très grossier comme dessin, mais ça fera bien l’affaire.

On ne s’est pas foulés avec le Cousin G., on a acheté notre tour de 4 jours à l’hôtel. Il faut savoir que toutes les agences proposent la même chose, à des prix plus ou moins équivalents. Tous les 4×4 se ressemblent, il y a un chauffeur-guide et une cuisinière, et chaque véhicule n’emmène pas plus de 4 touristes. Tous les tours incluent les mêmes prestations, à savoir le circuit en 4×4 durant 4 jours de Tupiza à Uyuni, les hébergements durant 3 nuits en hospedajes très simples (pas de chauffage, peu d’électricité, pas toujours de l’eau chaude – mais dans des endroits aussi isolés, le contraire aurait été bien étonnants), la bouffe (petit déj’, déjeuner pic-nic, goûter, dîner), l’eau, thé, café, infusions. Dans notre 4×4 à nous, nous sommes avec un couple de mexicains d’environ 55 ou 60 ans. Notre chauffeur porte une moufle car il lui manque vraisemblablement tous les doigts de sa main, et au passage, il lui manque aussi toutes ses dents, mais il est d’une gentillesse inouïe. Notre cuisinière semble être un peu la décideuse de la bande, elle parle fort et fait de l’humour en permanence, qu’on ne comprend pas vraiment, mais on rigole quand même.

Jour 1 : de Tupiza à Queteno Chico

Top départ. Nous quittons Tupiza après un rapide tour par le marché, car lorsque j’ai dit que je n’avais pas de bonnet, la cuisinière m’a regardé avec des yeux ronds : « Sais-tu que nous allons monter à plus de 5000 mètres d’altitude, pauvre petite inconsciente ? ». Elle a tu la seconde partie de la phrase, mais je sentais bien à l’intonation de sa question que le coeur y était. Je m’achète alors un bonnet boliviano-péruvien rapido, et nous filons. Nous découvrons la Quebrada de Palala et ses paysages montagneux rouges et sableux, puis le Sillar, un complexe géologique en forme de selle de cheval. Comme d’habitude, moi je n’ai pas vu de selle de cheval, mais je n’aime pas contredire les gens lorsque tout le monde s’extasie à l’unisson. Nous roulons jusqu’au minuscule village de Cerrillos, où il n’y a pas grand monde (80 âmes, me dit-on dans l’oreillette), et où les petites maisons ont l’air d’être faites de briques, de paille et d’argile. On croise quelques regards d’enfants curieux, mais chacun semble rester chez soi. Je peux comprendre que de gros 4×4 remplis de touristes en chaussures de marches et armés d’appareils photos, ça puisse gêner un poil quand on vit tranquillou entre 80.

La Quebrada de Palala, Sur Lípez (Bolivie)

La Quebrada de Palala, Sur Lípez

Le Sillar, Sur Lípez (Bolivie)

Le Sillar, Sur Lípez

Le petit village de Cerrillos, Sur Lípez (Bolivie)

Le petit village de Cerrillos, Sur Lípez

Car d’autres 4×4 sont là, l’un fait partie de la même agence que la nôtre avec à son bord 2 Israéliens et 2 Suisses ; je comprends alors que l’on va se suivre durant tout le périple. Une autre voiture est celle d’une agence différente, mais les chauffeurs et cuisinières ont l’air d’être tous super copains. On rencontre une famille de Français bien sympathique, Philippe, Dessi et leur 2 filles, Laure et Manon (10 et 7 ans). Ils voyagent en Amérique du Sud pendant 6 mois. Nous reprenons tous la route. Nous nous arrêtons dans un « village fantôme », qui n’est autre qu’un village en ruines, dans lequel il ne faudrait surtout pas passer après 18h car on y entendrait des voix. Notre cuisinière ne fait plus du tout d’humour, elle est très sérieuse et fait presque flipper. Elle nous explique qu’à l’époque (il y a longtemps mais ne me demande pas exactement quand, Journal…) un pacte avec le diable aurait été passé. Le Cousin G. a compris que c’était le prêtre qui aurait passé ce pacte, moi j’ai compris toute autre chose. Ce dont on est sûr tous les deux, c’est que pacte avec le diable il y a eu, mais surtout, Doux Jésus, rompu il fut. Bon, en fait, je ne vais pas te raconter l’histoire, parce que dans son élan dramatique et à la vitesse avec laquelle notre cuisto nous contait la chose, on n’a pas tout compris. On sait juste que tout le monde est mort à cause d’une épidémie de quelque chose, mais que tout ça, c’est bel et bien la faute du diable. Ok ? Nous arrivons en fin de journée dans la réserve nationale de faune andine « Eduardo Avaroa » et à notre hospedaje, comme posé là, au milieu de nulle part. Nous dormirons ici, à Queteno Chico, un village de 70 habitants, où nous aurons droit à un peu d’électricité pour dîner. Il y a des toilettes, mais pour la douche, il faut oublier. Nous faisons plus ample connaissance avec nos compagnons de voyage durant le dîner. Il fait froid, très froid, et le mal d’altitude commence à se faire sentir. La maman de la famille de Français, Dessi, me dépanne d’un médicament contre le mal d’altitude avant que je n’aille faire un tour dehors pour voir les étoiles. C’est simple, je n’en ai jamais vu autant. C’est absolument dément, il y a des traînées blanches partout. On ne s’éternise pas, même si on aurait bien dormi à la belle étoile, car je ne suis pas sûre que les températures soient au-dessus de 0°C. On se couche très tôt car à part tous se raconter à quel point on a froid, il n’y a plus rien d’autre à faire. Je t’ai dit, Journal, qu’évidemment, il n’y a pas du tout de chauffage en ces lieux ? J’enfile TOUS les vêtements présents dans mon sac pour tenter de me réchauffer dans mon lit (oui, gants et bonnet y compris), et malgré ça, je sens bien que la nuit sera très rude…

La Laguna Morejón, Sur Lípez (Bolivie)

La Laguna Morejón, Sur Lípez

Jour 2 : de Queteno Chico à Huallajara

Effectivement, la nuit a été très rude. On se lève tôt. Tout le monde s’est gelé, il a fait jusqu’à -25°C durant la nuit. Je crois que je râle un peu, mais j’engloutis mon petit dej’, et tout va mieux. Nous prenons la route à 7h30 et dès le début de la matinée, c’est ambiance 30 millions d’amis. Nous croisons une multitude de lamas, mais aussi un renard roux, des vizacachas (genre de chinchillas) et des kiwis, nom qui me fait bien marrer, mais ce sont en fait des perdrix (je vois dans tes yeux la déception, Journal). Nous commençons à croiser nos premiers points d’eau en altitude. D’abord des bofedales (photo ci-dessous), complètement gelés à cause des -10°C extérieurs que les voitures devront tout de même traverser, puis nos premiers lacs. Nous continuons notre route jusqu’au Desierto de Dalí. Ce nom lui a été donné car le paysage ressemblerait à un tableau de Dalí… Il commence à faire moins froid, le soleil est au rendez-vous, et pourtant, nous grimpons en altitude. L’apogée en termes de hauteur, ce sera Aguas Calientes et ses sources thermales à 40°C, où nous pourrons nous baigner face à un panorama juste exceptionnel. Cousin G. et moi jouons comme des petits fous avec la GoPro dans l’eau, dont nous sommes sommés de ne point rester trop longtemps, car il paraît que ce n’est pas bon de s’y baigner plus de 15 minutes. Bon, je n’ai pas bien saisi pourquoi, si ce n’est que l’on fait perdre du temps au reste du groupe ? Mystère. Aguas Calientes est visiblement le point de rendez-vous de tous les 4×4 sur la route, nous prenons conscience que nous sommes loin d’être les seuls… Pas moins d’une quinzaine de voitures sont garées avec chauffeurs-guides et cuistos attendant sagement que « leurs » touristes finissent de barboter gaiement. Nous reprendrons la route pour aller observer des geysers, petite chose étonnante de la nature qui ne me transcende pas des masses, l’odeur d’oeuf pourri me donnant la terrible envie de vomir. Je ne cache pas mes émotions et retourne dans la voiture.

Bofedales dans le Sur Lípez (Bolivie)

Bofedales dans le Sur Lípez

Desierto de Dalí, Sur Lípez (Bolivie)

Desierto de Dalí, Sur Lípez

Termas d'Aguas Calientes, Sur Lípez (Bolivie)

Termas d’Aguas Calientes, Sur Lípez

Nous roulons encore jusqu’à la Laguna Colorada, dernière curiosité de notre journée. Il y a un vent à décorner les boeufs. Le lac est rouge sang, nous le photographions frénétiquement environ 438 fois avant de retourner au chaud dans la voiture, qui nous déposera à notre hospedaje pour la fin de journée et la nuit. L’excellente nouvelle du jour ne se fit pas attendre, eau chaude possible pour se doucher, il faut juste payer 10 bolivianos (1,10€ environ). Je me précipite mais suis étonnamment la seule. Je comprends que l’on veuille faire des économies en voyage, mais quand même. Une petite jeune fille de l’hospedaje m’accompagne avec sa boîte d’allumette pour le gaz, et me demande de lui notifier dès que j’ai terminé, pour qu’elle puisse couper l’eau chaude. Cette douche est un régal, non seulement parce qu’il fait froid, mais aussi parce que ça fait 2 jours que l’on bouffe de la poussière et que j’ai l’impression de macérer dans ma crasse depuis 28 jours.

La Laguna Colorada, Sur Lípez (Bolivie)

La Laguna Colorada, Sur Lípez

La Laguna Colorada, Sur Lípez (Bolivie)

La Laguna Colorada, Sur Lípez

Jour 3 : de Huallajara à Puerto Chubica

Une grosse journée de route nous attend et la promesse d’une hospedaje plus confortable le soir venu. Enfin moins spartiate. Avec de l’eau chaude pour les gens qui n’ont pas fait de pari avec eux-mêmes de rester sales durant 4 jours. Nous faisons un stop au Desierto de Siloli et admirons l’Arbol de Piedra, ce qui signifie l’Arbre de Pierre en français (je t’en prie). Les couleurs de ce désert sont assez hallucinantes, mais je suis grognon, je n’arrive pas à me réchauffer depuis le petit déjeuner. Un peu plus loin, notre cuisto nous propose d’admirer la « Montagne aux 7 couleurs« . Si tu te souviens bien, Journal, il y avait déjà une « Montagne aux 7 couleurs » en Argentine. Ils ne se foulent pas sur les noms, dis donc. Mais là encore, moi, je n’en trouve pas 7, mais 8. Mon Cousin G. me dit que j’ai l’esprit de contradiction et d’autres choses pas gentilles, en bref, je retiens que je suis chiante. Mais vraiment, je t’assure, il y en a 8. Quoi qu’il en soit, et au cas où ça ne se voit pas sur les photos, les paysages sont grandioses. Ca dépasserait presque l’entendement. Et à part les quelques minuscules villages que l’on voit parfois et les autres 4×4 de touristes que l’on retrouve sur certains spots, on ne croise pas âme qui vive. Puisqu’il n’y a pas de route mais que de la piste, on prend conscience du vide autour de nous. Cette sensation est formidable, et la joie de constater que le tourisme n’a pas, pour une fois – et pas encore, espérons-le – tout dénaturé, également.

L'Arbol de Piedra dans le desierto de Siloli, Sur Lípez (Bolivie)

L’Arbol de Piedra dans le desierto de Siloli, Sur Lípez

Desierto de Siloli, Sur Lípez (Bolivie)

Desierto de Siloli, Sur Lípez

La montagne aux 7 couleurs, Sur Lípez (Bolivie)

La montagne aux 7 couleurs, Sur Lípez

Nous continuons notre chemin et enchaînons 5 petits lacs qui se suivent mais ne se ressemblent pas. Je me souviendrai surtout de la Laguna Hedionda Norte, ses nombreux flamands roses et ses nombreux touristes, armés de leur appareil photo et de leur plus beau téléobjectif. Je pense que la plupart aura fait 800 clichés de flamands roses qu’il regrettera rapidement une fois qu’il faudra les trier. On rencontre au passage un couple de Français bien râleurs (pléonasme ?), dont la femme n’hésitera pas à dire tout haut : « Oh, mais c’est pénible ces animaux, on ne peut jamais les prendre en photo, ils ont toujours le bec dans l’eau ! ». Le pire, c’est qu’elle avait vraiment l’air agacée. Mais Madame, oui, c’est le concept du flamand rose, d’avoir le bec dans l’eau… Nous reprenons la route mais ne tardons pas à crever. En même temps, vu l’état des pistes, il fallait bien que ça arrive. Nous changeons ça rapidement – enfin, les garçons changent ça rapidement – et repartons très vite. Notre cuisto veut arriver la première à Puerto Chubica, notre lieu de villégiature pour la prochaine et dernière nuit. Elle nous explique qu’il n’est pas possible de réserver les hospedajes en amont, que c’est le premier 4×4 arrivé qui est le premier servi. Il y a donc des hospedajes plus ou moins sympas. Notre chauffeur fait presque un frein à main devant une petite bâtisse tout en longueur, notre cuisto sort en courant et revient les bras en l’air, victorieuse. Nous sommes dans un hostel de sel, où tout est fait en sel. Car demain, nous serons sur le Salar de Uyuni, le point final de ce périple de 4 jours.

La Laguna Hedionda Norte et ses flamands roses, Sur Lípez (Bolivie)

La Laguna Hedionda Norte et ses flamands roses, Sur Lípez

Hostel de sel à Puerto Chubica, Sur Lípez (Bolivie)

Hostel de sel à Puerto Chubica, Sur Lípez

Jour 4 : le Salar de Uyuni

Debout à 5h, nous sommes prêts pour aller observer le lever du soleil sur le Salar. Nous roulons, roulons, roulons et voyons petit à petit le Salar s’éclaircir. Nous nous arrêtons pour profiter du moment unique où le premier rayon de soleil heurte cette hallucinante étendue de sel, moment qui aurait été encore plus unique sans ce froid de gueux. Nous passons une bonne partie de la matinée sur le Salar, à visiter le musée de sel, à aller voir de plus près les petites montagnes de sel, les travailleurs de sel, et autres trucs de sel. Mais ce qui est vraiment puissant, c’est que les couleurs changent au fur et à mesure des heures et de la position du soleil. Pour une fois, je n’ai pas pris 200 photos, j’ai vite compris qu’aucune ne pourrait transmettre l’émotion ressentie sur place. Le temps passe vite, et c’est déjà bientôt l’heure de partir pour Uyuni, la ville, à quelques kilomètres de là. Tout est assez moche et sale, c’est surtout une ville de passage. Nous nous disons tous aurevoir, sans trop d’émotion. Je crois qu’au fond, notre cuisto s’en foutait un peu, on était pas tombés sur la plus émotive de la bande. Nous consultons les bus pour Potosí, pas hyper motivés à l’idée de passer la nuit à Uyuni. Mais en vain, il faudra revenir demain matin. Nous allons manger la pizza la plus salée de toute l’Amérique latine et rentrons nous reposer. Je crois que nous sommes crevés. On ne dirait pas, mais rester dans une voiture à se faire promener pendant 4 jours, c’est épuisant. Non seulement parce que les routes sont inexistantes et que ça secoue dans tous les sens, mais surtout parce que tous nos sens sont en éveil, en permanence. Il paraît aussi que les très hautes altitudes, ça peut fatiguer. Il y a sans doute 1001 raisons et peu importe, ce fut parfois éprouvant mais quel souvenir de dingue… Non, vraiment, je crois qu’il n’y a ni photo pour transmettre ces émotions, ni mots.

Notre 4x4 à l'aube, sur le Salar de Uyuni (Bolivie)

Notre 4×4 à l’aube, sur le Salar de Uyuni

Cousin G. et moi sur le Salar de Uyuni (Bolivie)

Cousin G. et moi sur le Salar de Uyuni

Cousin G. et lever du soleil sur le Salar de Uyuni (Bolivie)

Cousin G. et lever du soleil sur le Salar de Uyuni

To be continued…

Toutes les photos de Bolivie

Par Anne Sellès, le 13 mai 2013 (màj avril 2014)

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